Al-Ahram Hebdo, Echangez, écrivez | Infamante hypocrisie
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 au 10 novembre 2009, numéro 791

 

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Echangez, écrivez

Palestine-israël . Un de nos lecteurs dénonce l’attitude adoptée aux Nations-Unies par certains pays occidentaux face au rapport Goldstone.

Infamante hypocrisie

La Commission des droits de l’homme des Nations-Unies a fait voter le rapport Goldstone le 16 octobre 2009. La Belgique, la Norvège, la France et le Royaume-Uni se sont abstenus. La Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas, la Slovaquie et l’Ukraine, comme les Etats-Unis, ont voté contre. C’est une belle démonstration de la « démocratie, de la morale et de la défense des droits humains », n’est-ce pas ? « Parmi les pays qui ont voté en faveur du projet, on trouve des démocraties comme le Bangladesh, la Bolivie, Cuba, Djibouti, l’Egypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Nigeria, le Pakistan et l’Arabie saoudite », commente l’auteur d’un article sur le site juif.org ! Si l’on compare ces « démocraties », comme le rappelle ironiquement le commentateur, aux « super-démocrates » que ce même auteur vante, ceux qui se sont rangés du côté de cet Etat de l’apartheid, on peut facilement avoir une idée des valeurs auxquelles appartiennent ces donneurs de leçons de la démocratie dite occidentale. Qu’ils aient voté contre ou se soient abstenus, leur complicité est la même pour les observateurs et analystes politiques honnêtes. On joue sur les mots et on pratique l’infamie en parlant de la démocratie et des droits de l’homme au nom des peuples ! L’infamie des régimes ne réside pas seulement dans les apparences de leurs institutions, mais aussi dans les pratiques réelles des pouvoirs et/ou de l’hypocrisie que ces derniers emploient pour fuir leurs responsabilités. Ceux qui ont voté contre le rapport Goldstone ou se sont abstenus ont montré leur hypocrisie dans la pratique ; bien que leurs institutions les taxent de « bons démocrates » et de « défenseurs des droits de l’homme », leurs pratiques les ont démasqués et ont montré leur vrai visage à leurs peuples et à ceux du monde entier.

Comment auraient-ils réagi ces chantres de la « démocratie à sens unique, défenseurs des droits de l’homme » occidentaux si le sujet concernait un autre régime que celui d’Israël, et que l’auteur de cet article n’était pas sioniste ?

Nous imaginons qu’ils se seraient joints aux médias, aux intellectuels et dirigeants politiques pour dénoncer les criminels comme un seul homme et l’infamie de l’auteur de cet article ! Mais comme le sujet concerne Israël et ses défenseurs, ces donneurs de leçons restent muets. L’hypocrisie et l’infamie font bon ménage dans un monde muselé, qui se veut libre en étant enchaîné !

Chérif Boudelal,
France.

Revaloriser le travail des traducteurs

Nous sommes tous d’accord sur le fait que le domaine de la traduction est très vaste, et touche plusieurs secteurs et établissements. Je citerai ici celui de la radio et la télévision où la culture et l’histoire cinématographique sont gravées dans les murs. Mais malheureusement, récemment, une décision fâcheuse a été prise concernant la traduction des films égyptiens vers le français qui se passait au troisième étage de la maison de la radio et de la télévision, précisément au sein du département de traduction électronique.

En fait, j’ignore pourquoi mais j’imagine bien le motif : c’est sans doute lié à la crise financière mondiale. Mais je vais vous dire à cette occasion combien on paye le traducteur de films à la T.V., retenez votre souffle ! Environ 260 livres égyptiennes pour 90 minutes de métrage, tout en sachant que pour le traduire, il est nécessaire de lui consacrer au moins un à deux mois de travail. Je vous le dis et j’en suis certaine étant donné que moi-même j’ai eu le plaisir de traduire huit films pour le compte de Nile TV. Alors chers lecteurs, cette somme minable vaut-elle ce grand sacrifice ?

Je pense que cette décision s’oppose à l’appel pertinent du dialogue entre les différentes civilisations. Je me demande comment on peut le mener si on ne cesse pas de prendre de telles décisions. Je voudrais aussi attirer l’attention des organisateurs des festivités du cinéma en Egypte sur un autre point très important. C’est le fait que l’on prime presque tout le monde : le réalisateur, les acteurs, le photographe et d’autres. Cependant, on n’a jamais pensé à récompenser le traducteur du film sans les services duquel certains membres du jury n’auraient jamais pu comprendre le film. N’est-il pas temps de revoir la situation des traducteurs et de la traduction en Egypte, pays de la culture ?

Mme Rouhia,
Daqahliya.

Sans foi ni loi

On parle ces jours-ci de la violence qui règne dans la société égyptienne. Permettez-moi de corriger ce mot. Ce n’est pas la violence mais l’impolitesse et le non-respect de l’autre qui gagnent du terrain. Je vais vous raconter une histoire personelle. La semaine dernière, je suis entrée dans un supermarché et je cherchais une caisse libre, quand, à côté de moi, est arrivée une dame voilée.

Dans mon panier j’ai remarqué que certains emballages étaient détériorés et j’ai demandé au caissier de les retirer. Cette dame est alors intervenue pour me dire : « Prends-les, tu ne les a quand même pas apportés jusqu’ici pour les laisser ». Je suis restée muette face à cette femme sans gêne. Puis en vérifiant le compte de mes achats, j’ai remarqué que le caissier avait compté un article deux fois et je lui ai demande d’annuler l’un d’eux. C’est alors que cette dame, devenue impatiente, a commencé à hurler et crier. Très surprise, j’ai essayé en vain de l’arrêter. Mais elle voulait me battre sous les yeux des autres clients passifs et indifférents ! J’ai donc quitté le supermarché, y laissant mes achats et avant de partir, la seule chose que j’ai pu lui dire est : « Respectez-vous, vous portez le voile et on va mal vous juger ». Elle a continué à m’insulter en me disant : « Tais-toi femme nue » bien que je porte aussi le voile. Je suis restée à la maison deux jours dans un état de choc après cet incident. Alors qu’on parle de niqab ou de hidjab soi-disant pour respecter certaines valeurs morales, tout cela n’est malheureusement qu’apparences. Il est temps de les dépasser avant que cette société redevienne primitive.

Ghada Hussein,
Nouveau Caire.

 

Un match, pas une guerre

Je voudrais remercier Al-Ahram Hebdo pour ses efforts dans le traitement de sujets politiques et sociaux. Ensuite, permettez-moi de donner mon point de vue sur un sujet dont tout le monde en parle actuellement : il s’agit du fameux match Egypte-Algérie. En effet, le 14 novembre, les deux équipes de football égyptienne et algérienne se rencontreront pour un match déterminant. C’est intéressant. Mais il s’avère que les supporters des deux pays sont déjà bien chauffés à blanc. Eh oui, il semble que la presse en Egypte et en Algérie se démène pour remonter les supporters les uns contre les autres. Alors que nous savons très bien que dans un match il y a toujours un gagnant et un perdant. Alors regardons le match tranquillement et pour une fois dans nos vies de supporters, acceptons le résultat et cessons d’être extrémistes dans nos sentiments. A qui profite donc cette guerre médiatique entre les deux équipes ? Ou s’agit-il d’une guerre médiatique entre les deux pays ?

Youssef Ghanem,
Le Caire.

 

Egyptien ou Algérien, restons sportifs

Tout d’abord, je remercie Al-Ahram Hebdo qui nous donne la chance d’exprimer nos opinions. Quant au match prévu au stade du Caire entre les deux équipes égyptienne et algérienne, le 14 novembre prochain, dans le cadre de la qualification à la Coupe du monde de football 2010, je reproche aux médias des deux pays de vouloir en quelque sorte attiser le feu entre les supporters des deux pays. L’acharnement dans le sport est inacceptable mais il faut garder une âme sportive. Chacun souhaite la victoire pour son pays, mais il ne faut quand même pas insulter l’adversaire. Je suis attristé lorsque je vois une personne insulter un joueur, qu’il soit Algérien ou Egyptien. J’invite donc tous les supporters, les médias et les correspondants égyptiens et algériens à faire preuve de retenue. Si l’Algérie gagne le match, nous serons contents et dans le cas contraire, nous devrons accepter la défaite et nos supporters devront féliciter le vainqueur. Car enfin, il s’agit d’un simple match de football et pas d’une guerre !

Hossam Al-Sayed,
Al-Ariche.

 




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