Palestine-israël .
Un de nos lecteurs dénonce l’attitude adoptée aux Nations-Unies
par certains pays occidentaux face au rapport Goldstone.
Infamante hypocrisie
La
Commission des droits de l’homme des Nations-Unies a fait
voter le rapport Goldstone le 16 octobre 2009. La Belgique,
la Norvège, la France et le Royaume-Uni se sont abstenus. La
Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas, la Slovaquie et l’Ukraine,
comme les Etats-Unis, ont voté contre. C’est une belle
démonstration de la « démocratie, de la morale et de la
défense des droits humains », n’est-ce pas ? « Parmi les
pays qui ont voté en faveur du projet, on trouve des
démocraties comme le Bangladesh, la Bolivie, Cuba, Djibouti,
l’Egypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Nigeria, le Pakistan
et l’Arabie saoudite », commente l’auteur d’un article sur
le site juif.org ! Si l’on compare ces « démocraties »,
comme le rappelle ironiquement le commentateur, aux « super-démocrates
» que ce même auteur vante, ceux qui se sont rangés du côté
de cet Etat de l’apartheid, on peut facilement avoir une
idée des valeurs auxquelles appartiennent ces donneurs de
leçons de la démocratie dite occidentale. Qu’ils aient voté
contre ou se soient abstenus, leur complicité est la même
pour les observateurs et analystes politiques honnêtes. On
joue sur les mots et on pratique l’infamie en parlant de la
démocratie et des droits de l’homme au nom des peuples !
L’infamie des régimes ne réside pas seulement dans les
apparences de leurs institutions, mais aussi dans les
pratiques réelles des pouvoirs et/ou de l’hypocrisie que ces
derniers emploient pour fuir leurs responsabilités. Ceux qui
ont voté contre le rapport Goldstone ou se sont abstenus ont
montré leur hypocrisie dans la pratique ; bien que leurs
institutions les taxent de « bons démocrates » et de «
défenseurs des droits de l’homme », leurs pratiques les ont
démasqués et ont montré leur vrai visage à leurs peuples et
à ceux du monde entier.
Comment
auraient-ils réagi ces chantres de la « démocratie à sens
unique, défenseurs des droits de l’homme » occidentaux si le
sujet concernait un autre régime que celui d’Israël, et que
l’auteur de cet article n’était pas sioniste ?
Nous
imaginons qu’ils se seraient joints aux médias, aux
intellectuels et dirigeants politiques pour dénoncer les
criminels comme un seul homme et l’infamie de l’auteur de
cet article ! Mais comme le sujet concerne Israël et ses
défenseurs, ces donneurs de leçons restent muets.
L’hypocrisie et l’infamie font bon ménage dans un monde
muselé, qui se veut libre en étant enchaîné !
Chérif
Boudelal,
France.
Revaloriser le travail des traducteurs
Nous
sommes tous d’accord sur le fait que le domaine de la
traduction est très vaste, et touche plusieurs secteurs et
établissements. Je citerai ici celui de la radio et la
télévision où la culture et l’histoire cinématographique
sont gravées dans les murs. Mais malheureusement, récemment,
une décision fâcheuse a été prise concernant la traduction
des films égyptiens vers le français qui se passait au
troisième étage de la maison de la radio et de la télévision,
précisément au sein du département de traduction
électronique.
En fait,
j’ignore pourquoi mais j’imagine bien le motif : c’est sans
doute lié à la crise financière mondiale. Mais je vais vous
dire à cette occasion combien on paye le traducteur de films
à la T.V., retenez votre souffle ! Environ 260 livres
égyptiennes pour 90 minutes de métrage, tout en sachant que
pour le traduire, il est nécessaire de lui consacrer au
moins un à deux mois de travail. Je vous le dis et j’en suis
certaine étant donné que moi-même j’ai eu le plaisir de
traduire huit films pour le compte de Nile TV. Alors chers
lecteurs, cette somme minable vaut-elle ce grand sacrifice ?
Je pense
que cette décision s’oppose à l’appel pertinent du dialogue
entre les différentes civilisations. Je me demande comment
on peut le mener si on ne cesse pas de prendre de telles
décisions. Je voudrais aussi attirer l’attention des
organisateurs des festivités du cinéma en Egypte sur un
autre point très important. C’est le fait que l’on prime
presque tout le monde : le réalisateur, les acteurs, le
photographe et d’autres. Cependant, on n’a jamais pensé à
récompenser le traducteur du film sans les services duquel
certains membres du jury n’auraient jamais pu comprendre le
film. N’est-il pas temps de revoir la situation des
traducteurs et de la traduction en Egypte, pays de la
culture ?
Mme
Rouhia,
Daqahliya.
Sans
foi ni loi
On parle
ces jours-ci de la violence qui règne dans la société
égyptienne. Permettez-moi de corriger ce mot. Ce n’est pas
la violence mais l’impolitesse et le non-respect de l’autre
qui gagnent du terrain. Je vais vous raconter une histoire
personelle. La semaine dernière, je suis entrée dans un
supermarché et je cherchais une caisse libre, quand, à côté
de moi, est arrivée une dame voilée.
Dans mon
panier j’ai remarqué que certains emballages étaient
détériorés et j’ai demandé au caissier de les retirer. Cette
dame est alors intervenue pour me dire : « Prends-les, tu ne
les a quand même pas apportés jusqu’ici pour les laisser ».
Je suis restée muette face à cette femme sans gêne. Puis en
vérifiant le compte de mes achats, j’ai remarqué que le
caissier avait compté un article deux fois et je lui ai
demande d’annuler l’un d’eux. C’est alors que cette dame,
devenue impatiente, a commencé à hurler et crier. Très
surprise, j’ai essayé en vain de l’arrêter. Mais elle
voulait me battre sous les yeux des autres clients passifs
et indifférents ! J’ai donc quitté le supermarché, y
laissant mes achats et avant de partir, la seule chose que
j’ai pu lui dire est : « Respectez-vous, vous portez le
voile et on va mal vous juger ». Elle a continué à
m’insulter en me disant : « Tais-toi femme nue » bien que je
porte aussi le voile. Je suis restée à la maison deux jours
dans un état de choc après cet incident. Alors qu’on parle
de niqab ou de hidjab soi-disant pour respecter certaines
valeurs morales, tout cela n’est malheureusement
qu’apparences. Il est temps de les dépasser avant que cette
société redevienne primitive.
Ghada
Hussein,
Nouveau Caire.
Un
match, pas une guerre
Je
voudrais remercier Al-Ahram Hebdo pour ses efforts dans le
traitement de sujets politiques et sociaux. Ensuite,
permettez-moi de donner mon point de vue sur un sujet dont
tout le monde en parle actuellement : il s’agit du fameux
match Egypte-Algérie. En effet, le 14 novembre, les deux
équipes de football égyptienne et algérienne se
rencontreront pour un match déterminant. C’est intéressant.
Mais il s’avère que les supporters des deux pays sont déjà
bien chauffés à blanc. Eh oui, il semble que la presse en
Egypte et en Algérie se démène pour remonter les supporters
les uns contre les autres. Alors que nous savons très bien
que dans un match il y a toujours un gagnant et un perdant.
Alors regardons le match tranquillement et pour une fois
dans nos vies de supporters, acceptons le résultat et
cessons d’être extrémistes dans nos sentiments. A qui
profite donc cette guerre médiatique entre les deux équipes
? Ou s’agit-il d’une guerre médiatique entre les deux pays ?
Youssef
Ghanem,
Le Caire.
Egyptien ou Algérien, restons sportifs
Tout
d’abord, je remercie Al-Ahram Hebdo qui nous donne la chance
d’exprimer nos opinions. Quant au match prévu au stade du
Caire entre les deux équipes égyptienne et algérienne, le 14
novembre prochain, dans le cadre de la qualification à la
Coupe du monde de football 2010, je reproche aux médias des
deux pays de vouloir en quelque sorte attiser le feu entre
les supporters des deux pays. L’acharnement dans le sport
est inacceptable mais il faut garder une âme sportive.
Chacun souhaite la victoire pour son pays, mais il ne faut
quand même pas insulter l’adversaire. Je suis attristé
lorsque je vois une personne insulter un joueur, qu’il soit
Algérien ou Egyptien. J’invite donc tous les supporters, les
médias et les correspondants égyptiens et algériens à faire
preuve de retenue. Si l’Algérie gagne le match, nous serons
contents et dans le cas contraire, nous devrons accepter la
défaite et nos supporters devront féliciter le vainqueur.
Car enfin, il s’agit d’un simple match de football et pas
d’une guerre !
Hossam
Al-Sayed,
Al-Ariche.