Palestine.
La
visite du président israélien Shimon Pérès, dimanche dernier
au Caire, a mis en avant la colonisation à Jérusalem comme
principal point de discorde entre Arabes et Israéliens. Une
colonisation qu’Israël a décidé d’intensifier en toute
impunité.
Pas
de répit sur les colonies
C’est
à coup de pelleteuses et de bulldozers qu’Israël compte
poursuivre sa politique de judaïsation de Jérusalem. La
semaine dernière, deux maisons palestiniennes à Silwan,
village palestinien à Jérusalem-Est, ont été détruites par
les forces israéliennes, sous prétexte que les maisons en
question n’ont pas de permis de construire. Plus encore, le
gouvernement de Benjamin Netanyahu a donné son autorisation
pour construire 900 nouveaux logements à Gilo, colonie
Israélienne également située dans la partie orientale de la
Ville sainte.
Des
mesures qui ont provoqué une vague de protestations au sein
de la communauté internationale entre indignation dans le
monde arabe et consternation européenne. Quant au président
américain, Barack Obama, il a qualifié ces nouvelles mesures
de « dangereuses ». Des réactions auxquelles Israël, au bout
de plus de trente ans de politique de colonisation dans les
territoires occupés, a fini par s’y habituer et, tant qu’il
n’y a aucune mesure concrète prise à son encontre par la
communauté internationale, ces condamnations n’ont pas eu et
ne risquent pas d’avoir une influence quelconque sur sa
politique.
D’ailleurs, Israël semble avoir perçu le revirement de la
position américaine comme un feu vert à sa politique de fait
accompli. Au début de ce mois, les Etats-Unis, qui au départ
avaient demandé l’arrêt total de la colonisation comme
condition préalable à la reprise des pourparlers, ont
surpris le côté arabe en demandant aux Palestiniens de
renoncer à cette revendication et de reprendre les
négociations sans condition.
Rien de
nouveau
En
parallèle à cette politique de fait accompli, le président
israélien Shimon Pérès aurait présenté, selon la presse
israélienne, et ce non officiellement, une nouvelle
proposition pour relancer le processus de paix : la création
d’un Etat palestinien avec des frontières provisoires en
attendant un accord final.
Or,
cette proposition israélienne n’a rien de nouveau. Elle a
été auparavant présentée aux Palestiniens et refusé par ces
derniers. Car les Palestiniens ne doutent pas que des
frontières provisoires se feront sur la base du mur de la
séparation que les Israéliens ont construit autour et à
l’intérieur des terres palestiniennes et qui valideront non
seulement l’annexion israélienne de Jérusalem, mais
également le grignotage d’une grande partie du territoire
palestinien. Le résultat est sans équivoque : un Etat
palestinien sans continuité territoriale, dépourvu de sa
capitale et non viable. En faisant circuler de telles
propositions, Israël, qui sait pertinemment qu’elles vont
être rejetées par le côté arabe, tente de faire bonne figure
en paraissant devant la communauté internationale comme un
Etat qui tend la main aux Palestiniens pour relancer la paix
...
Plus
encore, Israël cherche à montrer que la colonisation à
Jérusalem est indépendante du processus de paix et qu’elle
pourrait être poursuivie en parallèle aux pourparlers.
Insistant donc sur la position israélienne selon laquelle
Jérusalem ne figure pas dans d’éventuelles négociations.
Et c’est
cette position qui fut le principal point de divergence
entre le président égyptien Hosni Moubarak et son homologue
israélien lors de la visite de ce dernier au Caire dimanche
dernier. Shimon Pérès avait alors qualifié la colonisation
de question « marginale » tout en soutenant la création d’un
Etat pour les deux peuples palestiniens et Israéliens. Une
position qui paraît contradictoire. Car les enclaves
territoriales créées par la colonisation israélienne dans
les territoires occupés ne peuvent pas permettre la
constitution d’un Etat palestinien. Sans compter le grand
Jérusalem créé par Israël qui divise la Cisjordanie en deux
parties. D’autant plus que près de 200 000 colons juifs
vivent dans la partie orientale de la Ville sainte, soit un
tiers des colons dans les territoires occupés.
Et c’est
précisément ce qui a poussé le président égyptien à demander
à son homologue israélien de « prendre des décisions
courageuses au service de la paix », insistant que la
question de Jérusalem doit figurer sur la table des
négociations et qu’il s’agit « non seulement d’un problème
palestinien, mais d’une question qui concerne les musulmans
à travers le monde ». Des demandes qui risquent de rester
lettre morte.
Et pour
rendre la situation plus compliquée, l’armée israélienne a
entrepris des raids contre Gaza dans la nuit de samedi à
dimanche derniers, faisant sept morts. Selon Israël, il
s’agirait d’une riposte à des tirs d’obus lancés à partir de
Gaza contre le sud d’Israël.
Que ce
soit sur le terrain ou sur le plan diplomatique, la paix
paraît plus que jamais improbable.
Heba
Zaghloul