Al-Ahram Hebdo, Opinion | Hassan Abou-Taleb; L’incapacité d’affronter les agressions
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Opinion

L’incapacité d’affronter les agressions

Hassan Abou-Taleb

Israël poursuit ses agressions barbares contre la bande de Gaza. Pourtant, le monde entier reste muet. Ce mutisme s4est illustré par l’incapacité du Conseil de sécurité à diffuser un communiqué réclamant le cessez-le-feu et la protection des civils palestiniens. Cette incapacité signifie l’approbation des forces qui dominent le conseil de l’agression israélienne. Ceci nous rappelle les souvenirs amers de l’été 2006, lorsque les forces israéliennes se sont déchaînées contre le Liban. Il semble que les événements prennent le même cours à Gaza. Le Conseil de sécurité a pris du retard dans la discussion des agressions, afin de donner à Israël plus de temps pour poursuivre ses opérations militaires. Sans oublier les consultations qui se poursuivent pour parvenir à une résolution internationale imposant des conditions au Hamas et aux factions palestiniennes et peut-être même un déploiement de forces internationales ou d’observateurs internationaux pour empêcher tout lancement de missiles sur le ssud d’Israël. Rien n’indique que les demandes du Hamas (que les points de passage restent ouverts) seront prises en considération. Seules les revendications israéliennes ont la priorité, selon les multiples déclarations de la Maison Blanche. Ce qui se passe au niveau officiel se contredit totalement avec les manifestations de refus populaire contre les agressions israéliennes, tenues dans les capitales européennes et asiatiques. Ces manifestations réclament l’arrêt de ce holocauste, la protection des Palestiniens, la levée du blocus et leur soutien par tous les moyens possibles. Cette contradiction révèle une autre fois que tout ce qui a trait à Israël trouve le soutien et la protection internationaux sans considération aucune pour l’opinion publique, ou les droits de l’homme. Pour les Etats-Unis et le Conseil de sécurité, Israël est au-dessus de toutes ces considérations et a droit à tous les dépassements contre l’humanité. L’incapacité du Conseil de sécurité à protéger le peuple palestinien désarmé est le résultat d’une politique déterminée qui ne respecte pas le minimum d’équité et de justice. Ses membres sont donc partenaires dans les agressions israéliennes, dans la violation des droits de l’homme et dans la protection des crimes de guerre israéliens. Cette incapacité internationale complotée est malheureusement accompagnée d’une autre : l’incapacité des dirigeants arabes et musulmans à prendre une position collective pour répondre aux agressions israéliennes et protéger l’unité de la cause palestinienne. Cette incapacité est le résultat de la division à opter pour une stratégie qui aiderait le peuple palestinien à obtenir ses droits.

La division arabe était claire lors de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, qui s’est tenue cinq jours après le début des agressions. L’objectif de la réunion était d’examiner la demande de la Syrie et du Qatar de tenir un sommet arabe exceptionnel pour examiner le sujet des agressions contre Gaza. Mais étant donné que la majorité des pays arabes n’ont pas répondu à cette demande, les ministres ont porté leur intérêt sur la recherche d’une issue pratique pour mettre un terme aux agressions israéliennes. Ce qui s’est passé dans cette réunion n’a pas seulement dévoilé la division arabe, mais aussi des idées qui nuisent à la cause palestinienne elle-même. Il s’est ainsi avéré que les divisions arabes officielles ont conduit à une division palestinienne, que chacune nourrit l’autre et empêche de parvenir à une position unifiée.

Le monde arabe est divisé depuis la guerre du Liban en juillet 2006. La même division, à quelques détails près, se remarque dans l’évolution de la position arabe officielle envers les agressions israéliennes à Gaza. Certains approuvent le Hamas dans sa résistance, dans le lancement de missiles sur le sud d’Israël et dans le manque d’intérêt apporté aux efforts de conciliation effectués par l’Egypte. Ils approuvent aussi la demande du Hamas d’ouvrir les passages sans conditions et notamment le passage de Rafah qui relie Gaza aux territoires égyptiens. En contrepartie, d’autres estiment que le soutien des positions du Hamas nuit fort à l’avenir et à l’unité de la cause palestinienne car il y aura deux autorités palestiniennes, l’une à Gaza et l’autre à Ramallah. Ce qui renforce la division. C’est d’ailleurs ce que recherche Israël. Ils estiment aussi qu’il n’y aura plus rien à négocier en ce qui concerne l’instauration d’un Etat palestinien unifié et souverain. Ces positions contradictoires nous mènent à un différend dans les priorités. La partie qui soutient le Hamas estime que la priorité maintenant est de faire pression sur l’Egypte pour ouvrir le passage de Rafah de manière permanente, estimant que ceci aidera les Palestiniens de Gaza à résister plus longtemps aux agressions israéliennes. La chose que Le Caire refuse catégoriquement. En effet, l’Egypte juge que le terminal doit s’ouvrir en coopération avec l’Autorité palestinienne en sa qualité d’unique représentant légitime du peuple palestinien et non en coopération avec le Hamas qui n’est qu’une simple faction palestinienne. Le Caire craint également que l’ouverture du passage loin de l’Autorité palestinienne ne conduise à la naissance d’une autorité islamique qui bouleverse les équations régionales et qui nuise aux intérêts palestiniens et à la sécurité égyptienne.

Là se cristallise l’autre priorité qui estime la nécessité d’adopter une voie arabe et internationale à la fois qui mènerait à travers le Conseil de sécurité à une résolution pour l’arrêt immédiat des agressions israéliennes contre la bande de Gaza. Une résolution qui mènerait également à la recherche d’un mécanisme pour fixer le cessez-le-feu et à l’étude de la question de l’envoi d’observateurs internationaux, de sorte que tout ceci soit suivi d’un dialogue palestinien qui parviendrait à une conciliation et à la formation d’un gouvernement d’unité nationale accepté au niveau palestinien, arabe et international. Un gouvernement chargé de lever le blocus et de préparer des négociations avec Israël.

Cependant, les sentiments populaires arabes estiment que ce n’est nullement le moment de la diplomatie, que c’est plutôt le moment de la guerre, du djihad et de la mobilisation. Ceci est une dénonciation de tous ceux qui estiment que la décision de guerre est un acte impulsif et au contraire, il s’agit d’une décision dangereuse à laquelle il faut pleinement réfléchir.

 

 

 

 

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