L’incapacité d’affronter les agressions
Hassan Abou-Taleb
Israël
poursuit ses agressions barbares contre la bande de Gaza.
Pourtant, le monde entier reste muet. Ce mutisme s4est
illustré par l’incapacité du Conseil de sécurité à diffuser
un communiqué réclamant le cessez-le-feu et la protection
des civils palestiniens. Cette incapacité signifie
l’approbation des forces qui dominent le conseil de
l’agression israélienne. Ceci nous rappelle les souvenirs
amers de l’été 2006, lorsque les forces israéliennes se sont
déchaînées contre le Liban. Il semble que les événements
prennent le même cours à Gaza. Le Conseil de sécurité a pris
du retard dans la discussion des agressions, afin de donner
à Israël plus de temps pour poursuivre ses opérations
militaires. Sans oublier les consultations qui se
poursuivent pour parvenir à une résolution internationale
imposant des conditions au Hamas et aux factions
palestiniennes et peut-être même un déploiement de forces
internationales ou d’observateurs internationaux pour
empêcher tout lancement de missiles sur le ssud d’Israël.
Rien n’indique que les demandes du Hamas (que les points de
passage restent ouverts) seront prises en considération.
Seules les revendications israéliennes ont la priorité,
selon les multiples déclarations de la Maison Blanche. Ce
qui se passe au niveau officiel se contredit totalement avec
les manifestations de refus populaire contre les agressions
israéliennes, tenues dans les capitales européennes et
asiatiques. Ces manifestations réclament l’arrêt de ce
holocauste, la protection des Palestiniens, la levée du
blocus et leur soutien par tous les moyens possibles. Cette
contradiction révèle une autre fois que tout ce qui a trait
à Israël trouve le soutien et la protection internationaux
sans considération aucune pour l’opinion publique, ou les
droits de l’homme. Pour les Etats-Unis et le Conseil de
sécurité, Israël est au-dessus de toutes ces considérations
et a droit à tous les dépassements contre l’humanité.
L’incapacité du Conseil de sécurité à protéger le peuple
palestinien désarmé est le résultat d’une politique
déterminée qui ne respecte pas le minimum d’équité et de
justice. Ses membres sont donc partenaires dans les
agressions israéliennes, dans la violation des droits de
l’homme et dans la protection des crimes de guerre
israéliens. Cette incapacité internationale complotée est
malheureusement accompagnée d’une autre : l’incapacité des
dirigeants arabes et musulmans à prendre une position
collective pour répondre aux agressions israéliennes et
protéger l’unité de la cause palestinienne. Cette incapacité
est le résultat de la division à opter pour une stratégie
qui aiderait le peuple palestinien à obtenir ses droits.
La division arabe était claire lors de la réunion des
ministres arabes des Affaires étrangères, qui s’est tenue
cinq jours après le début des agressions. L’objectif de la
réunion était d’examiner la demande de la Syrie et du Qatar
de tenir un sommet arabe exceptionnel pour examiner le sujet
des agressions contre Gaza. Mais étant donné que la majorité
des pays arabes n’ont pas répondu à cette demande, les
ministres ont porté leur intérêt sur la recherche d’une
issue pratique pour mettre un terme aux agressions
israéliennes. Ce qui s’est passé dans cette réunion n’a pas
seulement dévoilé la division arabe, mais aussi des idées
qui nuisent à la cause palestinienne elle-même. Il s’est
ainsi avéré que les divisions arabes officielles ont conduit
à une division palestinienne, que chacune nourrit l’autre et
empêche de parvenir à une position unifiée.
Le monde arabe est divisé depuis la guerre du Liban en
juillet 2006. La même division, à quelques détails près, se
remarque dans l’évolution de la position arabe officielle
envers les agressions israéliennes à Gaza. Certains
approuvent le Hamas dans sa résistance, dans le lancement de
missiles sur le sud d’Israël et dans le manque d’intérêt
apporté aux efforts de conciliation effectués par l’Egypte.
Ils approuvent aussi la demande du Hamas d’ouvrir les
passages sans conditions et notamment le passage de Rafah
qui relie Gaza aux territoires égyptiens. En contrepartie,
d’autres estiment que le soutien des positions du Hamas nuit
fort à l’avenir et à l’unité de la cause palestinienne car
il y aura deux autorités palestiniennes, l’une à Gaza et
l’autre à Ramallah. Ce qui renforce la division. C’est
d’ailleurs ce que recherche Israël. Ils estiment aussi qu’il
n’y aura plus rien à négocier en ce qui concerne
l’instauration d’un Etat palestinien unifié et souverain.
Ces positions contradictoires nous mènent à un différend
dans les priorités. La partie qui soutient le Hamas estime
que la priorité maintenant est de faire pression sur l’Egypte
pour ouvrir le passage de Rafah de manière permanente,
estimant que ceci aidera les Palestiniens de Gaza à résister
plus longtemps aux agressions israéliennes. La chose que Le
Caire refuse catégoriquement. En effet, l’Egypte juge que le
terminal doit s’ouvrir en coopération avec l’Autorité
palestinienne en sa qualité d’unique représentant légitime
du peuple palestinien et non en coopération avec le Hamas
qui n’est qu’une simple faction palestinienne. Le Caire
craint également que l’ouverture du passage loin de
l’Autorité palestinienne ne conduise à la naissance d’une
autorité islamique qui bouleverse les équations régionales
et qui nuise aux intérêts palestiniens et à la sécurité
égyptienne.
Là se cristallise l’autre priorité qui estime la nécessité
d’adopter une voie arabe et internationale à la fois qui
mènerait à travers le Conseil de sécurité à une résolution
pour l’arrêt immédiat des agressions israéliennes contre la
bande de Gaza. Une résolution qui mènerait également à la
recherche d’un mécanisme pour fixer le cessez-le-feu et à
l’étude de la question de l’envoi d’observateurs
internationaux, de sorte que tout ceci soit suivi d’un
dialogue palestinien qui parviendrait à une conciliation et
à la formation d’un gouvernement d’unité nationale accepté
au niveau palestinien, arabe et international. Un
gouvernement chargé de lever le blocus et de préparer des
négociations avec Israël.
Cependant, les sentiments populaires arabes estiment que ce
n’est nullement le moment de la diplomatie, que c’est plutôt
le moment de la guerre, du djihad et de la mobilisation.
Ceci est une dénonciation de tous ceux qui estiment que la
décision de guerre est un acte impulsif et au contraire, il
s’agit d’une décision dangereuse à laquelle il faut
pleinement réfléchir.