Gaza entre politique et barbarie
Morsi Attalla
Que
serait-il advenu si un pays arabe ou un pays musulman avait
fait ce que fait Israël depuis samedi dernier ? Les
Etats-Unis seraient-ils restés les bras croisés ? La
communauté internationale aurait-elle fait la sourde oreille
? Les médias internationaux seraient-ils restés spectateurs
? Les raids israéliens barbares contre le peuple palestinien
dans le secteur de Gaza sont un crime organisé. Il est
impossible de les classer selon les prétentions
israéliennes d’autodéfense, de lutte contre le terrorisme ou
d’encerclement de Hamas.
Nous trouvons-nous au bord du précipice d’une catastrophe
régionale dans laquelle nous poussent des politiques
stupides et un excès d’emploi de la force ? Les attaques
israéliennes à Gaza nécessitent une prise de position ferme
de la part de la communauté internationale. Israël doit
comprendre que ses politiques répressives ne peuvent, en
aucun cas, servir la paix souhaitée, ni la stabilité requise
dans cette région vitale du monde.
Ce qui se passe à Gaza ne serait pas advenu si les
Palestiniens avaient ressenti un quelconque espoir dans les
négociations de paix au cours des dernières années. Cet
espoir aurait été capable de restreindre les courants
extrémistes sur les deux côtés, israélien et palestinien.
Cependant, le procédé suivi par Israël dans le processus de
paix était décevant. Il a engendré un sentiment accru chez
un large secteur de Palestiniens, notamment à Gaza, qu’ils
n’ont plus rien à perdre. Le refus du lancement de roquettes
palestiniennes à partir de Gaza vers les implantations
israéliennes doit être assorti d’une dénonciation claire et
nette du gouvernement israélien, qui assume la
responsabilité du gel du processus de paix, et par
conséquent de l’expansion des sentiments de désespoir et de
dépression chez les Palestiniens.
L’atrocité des raids israéliens a montré qu’Israël est
encore très loin de comprendre les véritables motifs des
tirs de roquettes palestiniennes contre les colonies
israéliennes. Israël s’est révélé ainsi incapable de
comprendre ces motifs et d’y remédier. Il est vrai que la
politique de vengeance collective causera du mal au peuple
palestinien, impuissant dans le secteur de Gaza, mais elle
ne profitera pas pour autant à Israël. Au contraire, elle
ouvrira la porte à une violence incontrôlable qui peut
s’élargir à l’extérieur de la région.
Avant de mener ces raids atroces, Israël aurait dû prendre
en considération un facteur important, celui du volume de la
colère et du mécontentement arabe et même mondial. Ce
facteur n’est peut-être pas apparent maintenant, mais ses
séquelles peuvent être incontrôlables.
Israël continue à ignorer que les moyens militaires, quelles
que soient leurs forces, n’ont pas pu vaincre l’idée ni les
espoirs de la résistance, car celle-ci tire sa force de la
légitimité de la lutte contre l’occupation.
Nous avons le droit de nous mettre en colère contre
l’atrocité des attaques israéliennes. Nous avons le droit de
les dénoncer et d’inciter les leaders arabes à prendre des
mesures rapides dans la bonne direction pour contenir ces
attaques insensées et injustifiées. Nous avons le droit de
réviser de nombreuses questions relatives à notre sécurité
nationale, qui est une partie indissociable de notre
sécurité nationale arabe.
Cependant, personne n’a le droit de se permettre de scander
les slogans lancés par les chaînes satellites qui sont
connues pour semer la zizanie et diviser les rangs arabes.
Personne n’a le droit d’exacerber les sentiments contre l’Egypte,
en croyant que ceci la poussera à annoncer son renoncement
au rêve national et son abandon des causes de la nation
arabe.
Cette critique acerbe derrière laquelle se dressent des
parties arabes et régionales afin de déformer la position de
l’Egypte, tantôt au nom du point de passage de Rafah, et
tantôt en exploitant la visite de Livni pour Le Caire, est
une pure et simple déformation de la réalité.
L’Egypte a toujours soutenu la cause palestinienne et les
Palestiniens, abstraction faite de leurs factions.