Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama ; L'Egypte et les accusations arabes
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Opinion

L'Egypte et les accusations arabes

Salama A. Salama 

Malgré les nombreuses accusations dernièrement échangées entre différentes parties arabes, personne ne peut prétendre que l'Egypte est impliquée dans l'attaque féroce et inhumaine déclenchée par Israël sur le secteur de Gaza. Les arrière-plans géographiques et historiques suffisent à réfuter ces prétentions, et l'intérêt national et le sang arabe qui a coulé pendant un demi-siècle les nient. Et ce, même si le ministre égyptien des Affaires étrangères n'a pas pu se maîtriser en répondant amèrement aux accusations du leader du Hezbollah. Et ainsi qu'à d'autres qui ont pensé que l'Egypte avait été informée des intentions d'Israël ou que la fermeture du passage de sécurité de Rafah n'avait pour objectif que d'aider à étouffer de plus en plus le Hamas à l'intérieur de Gaza.

Or, tout ceci n'empêche pas d'être en désaccord avec les politiques que l'Egypte a suivies dans la gestion de la crise. De plus qu'il n'est pas correct de répéter des prétextes stupides selon lesquels l'Egypte serait exposée à un complot visant à l'attirer vers une guerre. Il est désolant qu'à cause de ces politiques, l'Egypte assume les erreurs d'autrui. Que ce soit les erreurs du Fatah et du Hamas qui ont intentionnellement fait échouer les efforts de conciliation pour l'accalmie dans lesquels l'Egypte s'est épuisée. Et cela à cause des politiques américaines qui ont longtemps insisté à prétendre leur capacité d'instaurer deux Etats. Et le quartette, l'UE et certains Etats arabes ont suivi les prétentions de Washington alors que tous les indices prouvent qu'Israël n'avancera pas d'un pas sur cette voie. Au contraire, il semble clair que Tel-Aviv s'est déterminé à adresser un coup fatal au Hamas à Gaza à la fin du mandat de Bush et avec l'achèvement des mois d'accalmie. C'est ainsi qu'Israël met la nouvelle Administration américaine devant le fait accompli.

Effectivement, c'est l'état de faiblesse et d'incapacité arabe qui a poussé les Arabes à accourir vers Annapolis, alors qu'il était tout à fait clair que cette conférence était inutile. Il était également clair que l'accalmie n'est qu'un moyen de gagner du temps pour approfondir la division palestinienne et le manque de confiance entre le Hamas et les différents gouvernements arabes, surtout l'Egypte. De plus, les Arabes n'ont pris aucune position unifiée, pendant toute la période des pourparlers et des négociations avec Israël pour convaincre de l'intérêt de la paix, même si cet intérêt n'est qu'obtenir du gaz naturel à un prix réduit ou dans le règlement des différends entre la Syrie, l'Iran et le Hamas.

Aujourd'hui, le résultat de ces politiques est qu'Israël a frappé et envahi Gaza sans prendre en considération les appels égyptiens. Israël a même lancé un raid sur la ligne frontalière de Rafah et il est clair que les attaques se poursuivront jusqu'à la liquidation du dernier dirigeant du Hamas et jusqu'à briser la volonté du peuple palestinien. Israël n'accorde aucune attention, ni aux réunions des ministres et des présidents arabes, ni à leur décision de recourir au Conseil de sécurité. Il est donc clair qu'Israël était tout à fait assuré de l'appui de Washington et de Londres avant la frappe.

Effectivement, les Etats-Unis et l'Angleterre ont refusé une décision du Conseil de sécurité d'adresser un appel à Israël d'arrêter les raids sur Gaza. Puis, il y a eu la proposition du ministre français des Affaires étrangères d'accepter « une trêve humaine » pendant 48 heures pour introduire des aides alimentaires et médicales dans le secteur. Cette proposition aide Israël à poursuivre sa mission et non à sauver le peuple palestinien.

L'erreur commise par les politiques égyptiennes est d'avoir cru aux mensonges de la paix israélienne. L'action égyptienne réussira-t-elle à suspendre l'attaque contre Gaza ?

 

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