L'Egypte et les accusations arabes
Salama
A. Salama
Malgré
les nombreuses accusations dernièrement échangées entre
différentes parties arabes, personne ne peut prétendre que
l'Egypte est impliquée dans l'attaque féroce et inhumaine
déclenchée par Israël sur le secteur de Gaza. Les
arrière-plans géographiques et historiques suffisent à
réfuter ces prétentions, et l'intérêt national et le sang
arabe qui a coulé pendant un demi-siècle les nient. Et ce,
même si le ministre égyptien des Affaires étrangères n'a pas
pu se maîtriser en répondant amèrement aux accusations du
leader du Hezbollah. Et ainsi qu'à d'autres qui ont pensé
que l'Egypte avait été informée des intentions d'Israël ou
que la fermeture du passage de sécurité de Rafah n'avait
pour objectif que d'aider à étouffer de plus en plus le
Hamas à l'intérieur de Gaza.
Or, tout ceci n'empêche pas d'être en désaccord avec les
politiques que l'Egypte a suivies dans la gestion de la
crise. De plus qu'il n'est pas correct de répéter des
prétextes stupides selon lesquels l'Egypte serait exposée à
un complot visant à l'attirer vers une guerre. Il est
désolant qu'à cause de ces politiques, l'Egypte assume les
erreurs d'autrui. Que ce soit les erreurs du Fatah et du
Hamas qui ont intentionnellement fait échouer les efforts de
conciliation pour l'accalmie dans lesquels l'Egypte s'est
épuisée. Et cela à cause des politiques américaines qui ont
longtemps insisté à prétendre leur capacité d'instaurer deux
Etats. Et le quartette, l'UE et certains Etats arabes ont
suivi les prétentions de Washington alors que tous les
indices prouvent qu'Israël n'avancera pas d'un pas sur cette
voie. Au contraire, il semble clair que Tel-Aviv s'est
déterminé à adresser un coup fatal au Hamas à Gaza à la fin
du mandat de Bush et avec l'achèvement des mois d'accalmie.
C'est ainsi qu'Israël met la nouvelle Administration
américaine devant le fait accompli.
Effectivement, c'est l'état de faiblesse et d'incapacité
arabe qui a poussé les Arabes à accourir vers Annapolis,
alors qu'il était tout à fait clair que cette conférence
était inutile. Il était également clair que l'accalmie n'est
qu'un moyen de gagner du temps pour approfondir la division
palestinienne et le manque de confiance entre le Hamas et
les différents gouvernements arabes, surtout l'Egypte. De
plus, les Arabes n'ont pris aucune position unifiée, pendant
toute la période des pourparlers et des négociations avec
Israël pour convaincre de l'intérêt de la paix, même si cet
intérêt n'est qu'obtenir du gaz naturel à un prix réduit ou
dans le règlement des différends entre la Syrie, l'Iran et
le Hamas.
Aujourd'hui, le résultat de ces politiques est qu'Israël a
frappé et envahi Gaza sans prendre en considération les
appels égyptiens. Israël a même lancé un raid sur la ligne
frontalière de Rafah et il est clair que les attaques se
poursuivront jusqu'à la liquidation du dernier dirigeant du
Hamas et jusqu'à briser la volonté du peuple palestinien.
Israël n'accorde aucune attention, ni aux réunions des
ministres et des présidents arabes, ni à leur décision de
recourir au Conseil de sécurité. Il est donc clair qu'Israël
était tout à fait assuré de l'appui de Washington et de
Londres avant la frappe.
Effectivement, les Etats-Unis et l'Angleterre ont refusé une
décision du Conseil de sécurité d'adresser un appel à Israël
d'arrêter les raids sur Gaza. Puis, il y a eu la proposition
du ministre français des Affaires étrangères d'accepter «
une trêve humaine » pendant 48 heures pour introduire des
aides alimentaires et médicales dans le secteur. Cette
proposition aide Israël à poursuivre sa mission et non à
sauver le peuple palestinien.
L'erreur commise par les politiques égyptiennes est d'avoir
cru aux mensonges de la paix israélienne. L'action
égyptienne réussira-t-elle à suspendre l'attaque contre Gaza
?