Le
Hamas
L’offensive israélienne à Gaza renforce la popularité du
Hamas auprès des Palestiniens et discrédite le président
Mahmoud Abbass qui paraît
impuissant, les islamistes l’accusant même de complicité
avec l’Etat hébreu. M. Abbass, qui n’exerce aucun
contrôle à Gaza depuis qu’il en a été délogé par le
Hamas en juin 2007, a beau multiplié les appels à
l’arrêt immédiat de l’offensive israélienne, sa voix est
éclipsée par les images macabres des victimes des raids
et des manifestations dans le monde arabe qui passent en
boucle sur les télévisions arabes.
S’appuyant sur une puissante machine de propagande,
notamment sa télévision — la chaîne Al-Aqsa — et un site
Internet très fréquenté, le Hamas, à travers ses
porte-parole, multiplie quant à lui les attaques contre
M. Abbass, à grand renfort d’images d’archives le
montrant avec des dirigeants israéliens. Machine de
propagande bien huilée du Hamas, Al-Aqsa, dont le siège
a été détruit par l’aviation israélienne au deuxième
jour des raids dévastateurs lancés dans la bande de
Gaza, continue sans interruption de transmettre depuis
des studios, certains mobiles, dans des endroits
soigneusement tenus secrets, des images de corps,
surtout d’enfants, tués dans les attaques israéliennes
et des bâtiments en décombres, accompagnés de chants
exaltant le « martyre » où se mêlent thèmes religieux et
patriotiques. Il montre aussi des images, souvent
reprises des télévisions israéliennes, des dégâts que
causent les roquettes tirées par le Hamas sur Israël, et
de blessés se faisant évacuer par ambulances.
Le Hamas rallie ainsi le soutien de la rue palestinienne
et arabe en s’affichant comme le fer de lance de la
résistance anti-israélienne au moment où M. Abbass et
certains régimes arabes sont accusés d’avoir « capitulé
» face à l’Etat hébreu. Le président de l’Autorité
palestinienne est l’une des cibles préférées du Hamas
qui l’accuse de collusion avec Israël dans son offensive
à Gaza, afin d’y reprendre le pouvoir que le mouvement
islamiste lui a violemment ravi. M. Abbass, qui prône un
règlement pacifique négocié du conflit avec Israël, peut
difficilement dans ce contexte continuer à défendre
cette ligne politique déjà rejetée par nombre de
Palestiniens au moment où les missiles israéliens font
des centaines de morts et de blessés à Gaza. Relancées
en novembre 2007, les négociations, qui étaient censées
aboutir en 2008, n’ont enregistré aucune percée depuis,
se heurtant à la poursuite de la colonisation juive en
Cisjordanie, aux violences à Gaza, aux divisions
palestiniennes et aux bouleversements politiques en
Israël.