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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Iraq. Lors de sa visite à Téhéran, Nouri Al-Maliki a dû faire face aux critiques des responsables iraniens quant à l’accord de sécurité avec Washington. Un éternel sujet de discorde entre les deux pays.

Les relations avec Washington
divisent Téhéran et Bagdad

Bien que les relations entre l’Iraq et l’Iran se soient nettement améliorées depuis la chute du régime de Saddam Hussein, beaucoup reste à faire pour parvenir à une entente totale et de nombreuses questions divisent encore les deux voisins qu’une guerre sanglante a opposés durant les années 1980 pour plus de huit ans. Il s’agit principalement des relations avec les Etats-Unis. L’Iran est en effet l’un des farouches opposants au régime américain, un régime qui d’ailleurs brandit ça et là des menaces contre la République islamique en raison de ses supposées ambitions nucléaires ; alors que l’Iraq est un allié fidèle de Washington, dont les troupes sont encore présentes sur le sol iraqien.

Dans ce contexte, il est évident que le sujet principal des discussions entre le premier ministre iraqien, Nouri Al-Maliki, en visite samedi et dimanche à Téhéran, et les responsables iraniens, soit les relations avec les Etats-Unis. Cette quatrième visite de Nouri Al-Maliki en Iran, depuis qu’il a pris ses fonctions en 2006, intervient en effet peu après la signature symbolique le 14 décembre d’un accord de sécurité iraqo-américain, fixant les conditions du retrait des troupes américaines d’Iraq d’ici la fin 2011.

A ce sujet, M. Maliki a tenu à rassurer ses interlocuteurs iraniens en ce qui concerne leur plus grande inquiétude, à savoir que Washington se serve de ses bases en Iraq pour attaquer la République islamique. L’Iraq « ne permettra pas que son territoire serve de base pour lancer des menaces contre un pays tiers », a ainsi réitéré M. Maliki dès son arrivée à Téhéran.

Mais, côté iranien, l’accent a été mis sur les conséquences de l’accord de sécurité entre l’Iraq et les Etats-Unis, fortement critiqué. Ainsi, le guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a mis en garde Nouri Al-Maliki contre les conséquences de cet accord, dont, selon Khamenei, « l’un des principaux objectifs des Etats-Unis est de créer une base pour une présence à long terme et une domination de la région », selon l’agence de presse Irna. L’Ayatollah Khamenei a mis en doute la validité de cet accord, en affirmant à son interlocuteur que « les Américains n’entretiennent pas de réelle amitié même avec leurs proches alliés dans la région, et que donc leurs promesses ne devraient et ne peuvent pas êtres crues ».

L’Iran n’a donc pas ménagé ses critiques envers l’accord, qualifié de « sorte de capitulation » par le président du Parlement iranien, Ali Larijani. La République islamique juge inadmissible la présence américaine en Iraq et dans la région, alors que les Etats-Unis accusent l’Iran d’y être le premier facteur d’instabilité. « La présence des forces américaines et britanniques en Iraq est la principale cause du terrorisme et des disputes internes », a dit l’Ayatollah Khamenei à M. Maliki, toujours selon Irna. Le guide suprême, qui est la plus haute autorité de l’Etat, a même mis en demeure le premier ministre de faire la preuve de sa résistance aux supposées visées américaines. « Il doit être prouvé au peuple iraqien que le gouvernement ne reculera pas (...) face à l’intimidation et aux menaces de l’ennemi », a dit l’Ayatollah Khamenei.

Outre ce sujet hautement délicat, la visite a été l’occasion d’appeler à un renforcement des relations bilatérales. Le premier ministre iraqien, Nouri Al-Maliki, qui s’est entretenu avec le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a aussi appelé samedi au développement des relations entre l’Iraq et l’Iran. Il a insisté sur « la coopération régionale pour établir la sécurité dans la région ». Il a également fait savoir qu’il comptait sur l’Iran pour aider à la reconstruction de l’Iraq. « Après avoir amélioré la sécurité et libéré l’Iraq des violences confessionnelles, il est temps de travailler dur à la reconstruction du pays. Et nous avons besoin d’entreprises des pays voisins pour proposer des projets de reconstruction », a déclaré M. Maliki, cité dans un communiqué de son bureau. « Il est important que nos relations bilatérales se développent, puisque cela servira les intérêts de nos deux nations », a déclaré pour sa part le premier vice-président iranien, Parviz Davoudi, toujours selon le communiqué du gouvernement iraqien. De son côté, le président iranien a estimé que les deux pays pouvaient « développer rapidement les relations et les échanges commerciaux grâce à la sagesse et la volonté de leurs dirigeants ».

Quoi qu’il en soit, l’amélioration des relations en ce qui concerne les différents domaines de coopération, notamment sur le plan économique, est tout à fait possible. Cependant, les divergences politiques restent importantes et concernent des questions-clé, même si les relations se sont encore améliorées avec l’arrivée au pouvoir en Iraq d’un gouvernement dominé par les chiites et dont plusieurs responsables avaient trouvé refuge en Iran à l’époque de Saddam Hussein. En effet, le gouvernement iraqien aura du mal à ménager en même temps ses relations avec Washington, d’une part, et avec Téhéran d’autre part.

Abir Taleb

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