Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Risque de tensions interreligieuses
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Iraq. Les forces de sécurité intensifient leur présence afin d’éviter un nouveau carnage à l’approche de Achoura, après l’attentat suicide de dimanche dernier.

Risque de tensions interreligieuses

Après un mois de décembre relativement peu violent, l’année commence mal pour les Iraqiens. Un attentat suicide a fait au moins 35 morts et 79 blessés, dimanche, devant un sanctuaire chiite du nord-ouest de Bagdad. Le kamikaze, présenté à tort dans un premier temps comme étant une femme, a déclenché sa charge explosive à un barrage de sécurité devant le tombeau de l’imam Moussa Al-Kadhim, dans le quartier chiite de Kadhimiya, alors que les pèlerins se préparaient à l’Achoura, le temps fort des célébrations religieuses chiites.

Comme chaque année en effet, la tension monte à l’approche de l’Achoura, célébrée ce mercredi. Une fête religieuse qui remet sur le tapis les différends interreligieux en Iraq, pays à majorité chiite. Parmi les victimes de l’attentat de dimanche, figurent également de nombreux pèlerins venus d’Iran, a précisé le général Kassim Moussaoui, porte-parole des forces de sécurité iraqiennes. Quelques jours auparavant, le 27 décembre, 25 personnes avaient été tuées dans le même quartier dans une explosion visant un arrêt de bus.

Cependant, l’attentat de dimanche, le plus meurtrier depuis l’entrée en application du nouvel accord encadrant la présence des forces américaines en Iraq, et qui place le contingent américain sous mandat iraqien, témoigne du malaise toujours présent dans ce pays, malgré la baisse du niveau de la violence. Le premier ministre Nouri Al-Maliki, un chiite, a ordonné la mise en place d’une commission spéciale pour enquêter sur cet attentat et a promis de punir les responsables, a déclaré le général Moussaoui. Mais en attendant, nombre d’Iraqiens s’inquiètent de la multiplication des violences au cours des jours à venir, où se déroulent les célébrations chiites. Ce qui a poussé les autorités à renforcer la présence des forces de sécurité, notamment dans le quartier de Kadhimiya. « Plus de 28 000 membres des forces de sécurité, dont des troupes de renfort du ministère de l’Intérieur à Bagdad, ont été envoyés pour contrôler la sécurité de la cité », a déclaré le général Othman Qanimi durant une conférence de presse. « Porter des armes ou des bâtons sera interdit », a ajouté le général Qanimi, demandant aux fidèles de prendre garde à ne pas mélanger politique et religion. Plus de 50 000 fidèles, venus de tout le Proche-Orient, ont convergé vers Kerbala, mais leur nombre devrait fortement augmenter d’ici l’apogée des célébrations, ce mercredi 7 janvier. L’année dernière, deux millions de chiites avaient pris part aux cérémonies de l’Achoura à Kerbala, caractérisées par des processions de dévots se lamentant, battant leur coulpe et se flagellant.

Pendant la semaine de l’Achoura, la commémoration du martyre en 680 de l’imam Husseïn, petit-fils du prophète Mohamad et fils de l’imam Ali, des centaines de milliers de pèlerins chiites sont attendus dans la ville sainte de Kerbala. Ce pèlerinage, interdit sous Saddam Hussein, a souvent été la cible d’attentats commis par les activistes sunnites depuis la chute du régime en 2003. En 2004, lors du premier pèlerinage autorisé, les militants sunnites avaient tué plus de 160 personnes dans des attaques coordonnées contre les sanctuaires de Kadhimiya et de Kerbala.

 

Al-Qaëda mise en cause

Suite à l’attentat de dimanche, le commandant des forces américaines, le général Ray Odierno, ainsi que l’ambassadeur des Etats-Unis en Iraq, Ryan Crocker, ont publié un communiqué commun mettant en cause les islamistes d’Al-Qaëda. « Ces attaques abominables montrent que malgré les grands progrès réalisés, Al-Qaëda en Iraq demeure une menace mortelle et dangereuse ». Le vice-président iraqien, Adel Abdoul-Mahdi, a lui aussi pointé du doigt les groupes liés à la nébuleuse d’Oussama bin Laden qu’il a qualifiés de « bandes terroristes ».

En outre, ce nouvel attentat vient relancer les doutes sur la capacité des forces iraqiennes de prendre en charge la sécurité dans le pays. A mesure que l’armée américaine réduit ses opérations en Iraq, comme prévu par l’accord conclu en novembre dernier entre Bagdad et Washington, les forces iraqiennes assument une responsabilité accrue en matière de sécurité. Dimanche dernier, l’armée américaine a remis aux autorités iraqiennes le contrôle des milices, principalement sunnites, chargées de lutter contre la rébellion dans la province de Diyala, au nord de Bagdad. Ainsi, les 9 000 miliciens luttant contre Al-Qaëda dans cette province, l’une des plus dangereuses d’Iraq, et financés jusque-là par l’armée américaine, sont passés sous le contrôle des forces iraqiennes de sécurité. Les « Fils d’Iraq » ou « Sahwa » sont apparus dès la fin de l’été 2006 dans la province d’Al-Anbar, à l’initiative des chefs locaux de tribus encouragés par l’armée américaine. Ces Iraqiens sunnites, souvent des insurgés, ont retourné leurs armes contre leurs anciens compagnons d’armes et contre le réseau d’Al-Qaëda. Dans les provinces stratégiques de la lutte contre Al-Qaëda, notamment Al-Anbar et Bagdad, les Sahwa sont déjà passés sous contrôle iraqien. Mais la province de Diyala reste considérée comme l’une des plus dangereuses d’Iraq, étant régulièrement touchée par des attentats, résultat de la lutte meurtrière entre des affiliés d’Al-Qaëda et les « Sahwa ». Ces derniers sont notamment régulièrement la cible d’attentats suicides perpétrés par des femmes.

Abir Taleb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.