Histoire.
Avec La cour royale et son rôle dans la vie politique
égyptienne, d’Ismaïl à Farouq, Abdel-Wahab Bakr poursuit sa
mission : écrire sur la vie politique et historique
égyptienne.
Vivre auprès du roi
Que reste-t-il du système monarchique égyptien ? Quelles
sont les racines historiques de la cour royale en Egypte ?
Et quel était son rôle dans la vie politique et diplomatique
égyptienne ? A quel point était-elle proche des preneurs de
décisions ? Plusieurs questions parmi beaucoup d’autres qui
cherchent les réponses dans La cour royale et son rôle dans
la vie politique égyptienne d’Ismaïl à Farouq, dernier
ouvrage signé Abdel-Wahab Bakr. Un puzzle que l’écrivain
entreprend d’assembler, se livrant à une série d’hypothèses
pour combler les manques d’informations.
Depuis une dizaine d’années, le Dr Abdel-Wahab Bakr,
professeur d’Histoire, ausculte les sociétés arabes et
surtout égyptienne sous les différents régimes et règnes.
Ses observations ont fait l’objet de plusieurs essais et
livres.
Dans son nouvel ouvrage, il dénombre les différentes
caractéristiques de la cour royale dont témoignait la
société en Egypte de 1863 à 1952, et qui marquait la vie du
citoyen dans tous les domaines du quotidien. D’après
l’écrivain, la cour royale jouait un grand rôle dans la vie
politique de l’Egypte, sous le règne de la famille de
Mohamad Ali pacha jusqu’à celui de Farouq.
Du khédive Ismaïl au roi Farouq 1er, on entend souvent cette
thèse qui fait fi des réalités locales, permettant à
l’absolutisme intellectuel ou patriotique, quel qu’il soit,
de prospérer. C’est pourquoi l’auteur a pris en charge de
présenter le plus possible d’informations bien documentées,
qui peut trancher ce différend concernant le régime
monarchique et son efficacité par rapport à la société
égyptienne.
Dans la première partie du livre, il peint le portrait de la
cour, ses racines, ses caractéristiques, depuis la période
des khédives de l’Egypte et jusqu’à la fin du règne du roi
Fouad en 1936, tout en analysant les fruits escomptés de
cette institution au pouvoir. Dans les chapitres qui
suivent, le livre s’attache surtout à montrer de quelle
façon les Egyptiens s’adaptaient à la cour, tout en
analysant le niveau culturel, social ou intellectuel des
membres de la cour.
Aux premières pages, on croit avoir en main une énième
variation sur le thème de la vie sociale et politique
égyptienne sous le règne de la famille royale de Farouq
premier, mais tout change, surtout avec le 8e chapitre qui
essaye de dévoiler les coulisses de la cour royale, et
démontrer le revers de la médaille, en discutant à quel
point cette cour royale était fidèle au « seigneur », et
pouvait parfois le guider pour prendre certaines décisions
fatales.
De page en page, et de chapitre en chapitre, l’auteur
revisite l’Histoire, et essaye de relater les histoires et
les souvenirs de la vie de « ceux qui entouraient sa
majesté, le roi ». Le tout s’enrichissant de documentation,
de photos et de comparaisons entre les différents régimes
toujours royaux.
Dans la dernière partie du livre, l’écrivain démontre la
déviation de la cour de sa mission politique. Ainsi, pendant
la guerre de la Palestine en 1948, il indique que certains
rapports européens ont souligné l’incapacité de la cour
royale de présenter les informations nécessaires au roi pour
pouvoir bien évaluer la force militaire des « juifs » et y
faire face.
Même si le livre ne dévoile pas beaucoup de secrets et de
mystères qui caractérisaient cette période du pouvoir,
Abdel-Wahab Bakr a réussi à jeter un vrai coup de projecteur
sur l’une des périodes les plus importantes et les plus
controversées de l’Histoire d’Egypte.
Yasser Moheb