GAZA.
La société civile égyptienne complètement bouleversée a eu
recours aux manifestations et différentes autres formes
d’action pour protester contre l’agression israélienne.
Les Egyptiens se mobilisent
Minuit, une nouvelle année commence. 560 personnes se
mettent debout, bougies en main, les flammes éclairent
l’obscurité, le silence domine. Une minute de silence à
Saqiet Al-Sawi en signe de protestation contre les crimes
commis à Gaza. Geste symbolique, mais qui n’était pas le
seul utilisé par les Egyptiens pour manifester leur soutien
à leurs « frères palestiniens ». Au Parlement, des députés
toutes tendances confondues ne parvenant pas à influencer
leurs collègues du PND pour faire adopter une décision
réclamant le départ de l’ambassadeur israélien du Caire,
décident de se diriger vers le palais de Abdine, munis
de revendications à présenter au chef de l’Etat. L’ouverture
du terminal de Rafah, le rappel de l’ambassadeur égyptien en
Israël, l’organisation d’un référendum sur les Accords de
Camp David.
Des
revendications contradictoires avec la politique officielle.
« On savait que pas de grands changements n’auraient eu
lieu, mais on voulait marquer clairement notre position »,
affirme Hamdine Sabbahi, député et chef du parti non
autorisé Al-Karama (nassérien).
La vague
de colère a mobilisé toute la société, les prof
universitaires, les médecins, les étudiants, les
journalistes et autres. Des manifestations partout. Une
scène peu habituelle : les professeurs et même les doyens
ainsi que le recteur de l’université participent avec les
étudiants aux manifestations, c’était le cas à l’Université
de Aïn-Chams. A Port-Saïd, Alexandrie, Fayoum, Sohag, les
manifestations organisées par les syndicats, les Frères, les
députés ne cessent pas, malgré les arrestations et la
présence intensive de la police. « Avant les attaques, 200
Frères ont été arrêté, et à la suite des attaques, leur
nombre a atteint 1 250 personnes. Mais cela ne va pas
diminuer nos efforts », explique Essam Al-Eriane, cadre de
la confrérie. De toute façon, la police arrête les
manifestants de tous bords, même des indépendants ou des
journalistes. Gamal Fahmi, responsable du comité des
affaires arabes au syndicat des Journalistes, condamne ces
arrestations : « Des manifestations autorisées à Paris, New
York, Oslo et dans d’autres endroits ne sont pas tolérées au
Caire. Avec ces arrestations stupides, le gouvernement
confirme la collusion égyptienne avec les agresseurs ».
Habiba,
une jeune doctorante de 23 ans, a décidé de participer à une
manif, pleine d’enthousiasme au début, mais voyant la
manière inhumaine avec laquelle la police réprime les
manifestants, elle a paniqué. « C’est une farce », estime la
jeune femme. les Egyptiens ont créé d’autres formes de
protestations. Un projet ambitieux lancé par Saqiet Al-Sawi,
intitulé « Supériorité sur Israël », est un plan étalé sur
10 ans, ayant pour but de développer la société dans
différents domaines. De quoi restituer à l’Egypte son aura.
Les écrivains égyptiens se sont levés pour une heure devant
l’Union des écrivains, à Zamalek, pour protester contre les
atrocités menées par Israël. Une lettre commune signée par
30 ONG égyptiennes, arabes et internationales a été adressée
à Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu pour condamner
les responsables des crimes de guerre qui ont lieu
actuellement à Gaza.
Mavie
Maher