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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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GAZA. La société civile égyptienne complètement bouleversée a eu recours aux manifestations et différentes autres formes d’action pour protester contre l’agression israélienne.

Les Egyptiens se mobilisent

Minuit, une nouvelle année commence. 560 personnes se mettent debout, bougies en main, les flammes éclairent l’obscurité, le silence domine. Une minute de silence à Saqiet Al-Sawi en signe de protestation contre les crimes commis à Gaza. Geste symbolique, mais qui n’était pas le seul utilisé par les Egyptiens pour manifester leur soutien à leurs « frères palestiniens ». Au Parlement, des députés   toutes tendances confondues ne parvenant pas à influencer leurs collègues du PND pour faire adopter une décision réclamant le départ de l’ambassadeur israélien du Caire, décident de  se diriger vers le palais de Abdine, munis de revendications à présenter au chef de l’Etat. L’ouverture du terminal de Rafah, le rappel de l’ambassadeur égyptien en Israël, l’organisation d’un référendum sur les Accords de Camp David. Des revendications contradictoires avec la politique officielle. « On savait que pas de grands changements n’auraient eu lieu, mais on voulait marquer clairement notre position », affirme Hamdine Sabbahi, député et chef du parti non autorisé Al-Karama (nassérien).

La vague de colère a mobilisé toute la société, les prof universitaires, les médecins, les étudiants, les journalistes et autres. Des manifestations partout. Une scène peu habituelle : les professeurs et même les doyens ainsi que le recteur de l’université participent avec les étudiants aux manifestations, c’était le cas à l’Université de Aïn-Chams. A Port-Saïd, Alexandrie, Fayoum, Sohag, les manifestations organisées par les syndicats, les Frères, les députés ne cessent pas, malgré les arrestations et la présence intensive de la police. « Avant les attaques, 200 Frères ont été arrêté, et à la suite des attaques, leur nombre a atteint 1 250 personnes. Mais cela ne va pas diminuer nos efforts », explique Essam Al-Eriane, cadre de la confrérie. De toute façon, la police arrête les manifestants de tous bords, même des indépendants ou des journalistes. Gamal Fahmi, responsable du comité des affaires arabes au syndicat des Journalistes, condamne ces arrestations : « Des manifestations autorisées à Paris, New York, Oslo et dans d’autres endroits ne sont pas tolérées au Caire. Avec ces arrestations stupides, le gouvernement confirme la collusion égyptienne avec les agresseurs ».

Habiba, une jeune doctorante de 23 ans, a décidé de participer à une manif, pleine d’enthousiasme au début, mais voyant la manière inhumaine avec laquelle la police réprime les manifestants, elle a paniqué. « C’est une farce », estime la jeune femme. les Egyptiens ont créé d’autres formes de protestations. Un projet ambitieux lancé par Saqiet Al-Sawi, intitulé « Supériorité sur Israël », est un plan étalé sur 10 ans, ayant pour but de développer la société dans différents domaines. De quoi restituer à l’Egypte son aura. Les écrivains égyptiens se sont levés pour une heure devant l’Union des écrivains, à Zamalek, pour protester contre les atrocités menées par Israël. Une lettre commune signée par 30 ONG égyptiennes, arabes et internationales a été adressée à Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu pour condamner les responsables des crimes de guerre qui ont lieu actuellement à Gaza.

Mavie Maher

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