Al-Ahram Hebdo, Enquête | Une Bourse encore dans l’œuf
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Enquête

PME. La Bourse pour les PME, créée en décembre 2007 en vue de soutenir ce secteur, n’est toujours pas opérationnelle. Mais elle constitue un réel challenge.  

Une Bourse encore dans l’œuf

Une Bourse pour les Petites et les Moyennes Entreprises (PME) dépendant de la Bourse du Caire a vu le jour en décembre 2007 en Egypte. Mais jusqu’à maintenant, celle-ci n’est toujours pas opérationnelle. Seules les conditions d’accès et le règlement ont été élaborés.

Les PME, dont le capital varie entre 500 000 et 20 millions de L.E., peuvent s’y enregistrer, à condition d’être des sociétés anonymes d’au moins 25 actionnaires. Les PME ne pourront être directement cotées en Bourse sans avoir recours à un intermédiaire, une banque d’investissement ou une société de gestion de portefeuille, approuvée par l’administration de la Bourse et l’Organisme du Marché Financier (OMF).

Les frais d’enregistrement et autres frais annuels sont réduits de moitié (pour la Bourse traditionnelle, les frais d’enregistrement sont de 75 000 L.E.). De plus, les PME seront exemptées des coûts de publication de leurs résultats financiers dans la presse. Mais cela n’empêche pas que leurs résultats trimestriels et semestriels seront publiés sur les écrans d’échanges en Bourse comme toute autre société.

Quant au système d’échanges, il consistera en une session de surenchère à l’issue de laquelle toutes les offres et les demandes seront rassemblées. Le prix de vente et d’achat d’actions sera déterminé d’après la moyenne des offres. « Il n’y aura pas de marge de fluctuation, comme celle de 5 %, appliquée à la plupart des actions de la Bourse du Caire. Car l’objectif est de freiner les spéculations sur les actions dotées d’un niveau de liquidité trop restreint », avait signalé Magued Chawqi, président de la Bourse du Caire.

La création de cette Bourse pour les PME vise à réaliser deux objectifs essentiels : d’abord permettre un financement moins coûteux pour les PME et les encourager à accéder à l’économie formelle, car beaucoup sont informelles. Quant au deuxième objectif, il vise à permettre aux investissements arabes et étrangers de participer de manière plus importante au développement à ces acteurs de l’économie égyptienne.

Au cours de l’année dernière, seulement trois entreprises ont été enregistrées en Bourse et selon Mohamad Omrane, vice-président de la Bourse égyptienne, deux autres, une dans le domaine de l’agriculture et l’autre dans le domaine des télécommunications, vont y adhérer au cours de cette semaine. Névine Al-Chaféï, vice-présidente de l’autorité de l’investissement, explique pourquoi ce nombre est si restreint : « C’est normal, car durant cette première année, il a fallu s’adapter aux normes du marché ».

Le nombre des sponsors agréés par cette Bourse des PME a atteint 18 banques d’investissement, dont 10 parmi les plus grandes sur le marché égyptien.

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Les alternatives de financement se multiplient  

Différentes banques, groupes d’investissement et fonds d’investissement direct proposent désormais de financer des PME. Alors qu’auparavant, les hommes d’affaires et les grands investisseurs s’emparaient de la part du lion des crédits bancaires. Mais aujourd’hui, la situation a changé. Les banques commencent à se disputer les bases de données des petites sociétés. Surtout après les avantages annoncés par le gouverneur de la Banque Centrale. En même temps, d’autres alternatives de financement commencent à apparaître sur le marché. A savoir le factoring (affacturage), le leasing (crédit-bail) et les fonds d’investissement direct pour le financement de ces projets.

Pour le factoring, il s’agit en fait d’un nouveau système de financement plus facile, car, comme l’explique Ahmad Chahine, directeur général de la première entreprise du factoring en Egypte, Egypt Factor, ce système ne nécessite pas que l’entreprise demandant un crédit possède un budget important. Par contre, l’attention est portée sur le taux de liquidité de l’entreprise. « L’absence d’un historique de crédit ou l’absence d’actifs pour garantir les crédits des PME a toujours été un obstacle les empêchant d’obtenir un crédit », dit-il.

L’entreprise de factoring rembourse les engagements de la société emprunteuse qui n’a pas pu honorer ses dettes, en raison de difficultés financières, à une autre entreprise. La société en difficulté paie alors à l’entreprise de factoring un intérêt supplémentaire qui varie entre 1,2 et 2 %. C’est une opération qui se déroule donc entre trois parties : entreprise de factoring, société débitrice et société créancière. Cette activité est apparue en Egypte en 2007 avec Egypt Factors. Le nombre d’entreprises œuvrant dans ce domaine est de 1 000 dans 70 pays de par le monde, pour une activité à hauteur de 1,2 milliard d’euros.

Quant au leasing, il s’agit de fournir à l’entreprise, au moment voulu, les liquidités nécessaires pour l’achat des équipements permettant d’entamer ou de poursuivre une activité. Dès lors, celle-ci commence à payer un loyer à la société de leasing, une option pour l’achat des équipements financés étant possible. Aux Etats-Unis, 30 % des actifs des sociétés ont ainsi été transférés à travers ce système qui est apparu en Egypte en 1997 avec la société Orix.

Le troisième système est la création de fonds d’investissements directs avec de plus en plus de grandes banques d’investissement qui optent pour cette solution afin d’aider les PME. Des institutions internationales et des banques peuvent également contribuer au financement de ce fonds.

 




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