Transports.
La première ligne de chemin de fer reliant le gouvernorat de
Guiza à celui du 6 Octobre est entrée en service jeudi
dernier. Un projet qui s’inscrit dans un autre plus large
pour encourager l’émigration hors de la capitale.
Des ponts vers les villes nouvelles
L’Etat
qui a investi des milliards dans l’infrastructure des
nouvelles villes veut aujourd’hui leur donner une nouvelle
existence. Avec au moins une décennie de retard, l’Organisme
des chemins de fer, en coopération avec le ministère de
l’Habitat, a mis en service la première ligne du chemin de
fer reliant les gouvernorats de Guiza et du 6 Octobre.
D’après les prévisions, la ligne devra transporter 5 000
passagers par jour pour un trajet d’une heure et un coût de
2 L.E. Le train fera trois fois l’aller retour
quotidiennement. Selon Hamada Farid, responsable du projet
auprès de l’Organisme des chemins de fer, le gouvernement a
choisi de commencer par le 6 Octobre car c’est l’une des
zones urbaines les plus peuplées, comparées aux autres
agglomérations entourant la capitale. « Le but de ce projet
est de fournir un moyen de transport pratique, confortable
et bon marché, surtout que le principal moyen de transport
reliant la capitale aux nouvelles villes reste le microbus
», assure le responsable. Il ajoute que cette ligne serait
très efficace pour la main-d’œuvre qui travaille dans les
grandes usines et entreprises, surtout que le gouvernorat du
6 Octobre possède une importante zone industrielle où
travaillent des centaines d’ouvriers et de fonctionnaires.
Selon les estimations de l’organisme, cette ligne
contribuerait à diminuer la densité du trafic sur l’axe
routier du 26 Juillet, le seul « pont de connexion » entre
la capitale et 6 Octobre, qui souffre déjà d’une asphyxie
chronique.
Plusieurs facteurs ont contribué à rendre cette ville plus
attirante par rapport à d’autres : l’existence de deux
grandes universités privées, celle du 6 Octobre et
l’Université d’Egypte pour la science et la technologie,
ainsi que les nombreuses entreprises privées et la Cité des
médias qui y ont été installées. Avec la ligne ferroviaire,
il est normal de voir la population de ce nouveau
gouvernorat augmenter sensiblement, estime-t-on.
Bonne initiative
En fait, cette nouvelle ligne de chemin de fer entre dans le
cadre d’un projet national visant à relier la grande
capitale (Le Caire, Guiza et Qalioubiya) aux nouvelles
villes. Le projet consiste à créer trois lignes. La première
reliera Le Caire aux villes plus à l’est situées sur la
route d’Ismaïliya, à savoir 10 de Ramadan, Al-Chorouq et
Al-Obour, la deuxième reliera la capitale aux villes plus à
l’ouest situées sur la route d’Alexandrie, à savoir 6
Octobre et la ville du Cheikh Zayed. Quant à la troisième
ligne, elle assurera le lien avec les agglomérations du
Nouveau-Caire. Ce projet ambitieux coûtera environ 6
milliards de L.E. et sera lancé l’an prochain.
Pour les habitants du 6 Octobre, il s’agit d’une bonne
initiative, mais qui reste incomplète. Leur problème c’est
comment se rendre à la station de métro en premier lieu. En
fait, la plupart des futurs usagers resteront obligés de
recourir aux microbus malgré leur cherté, puisque c’est le
seul moyen de transport interne disponible dans la ville. «
Comme les distances entre les 13 quartiers qui composent la
ville sont grandes, nous avons besoin d’un moyen de
transport interne », fait constater un habitant. De leur
côté, les urbanistes bien qu’également d’accord sur
l’utilité du projet, estiment qu’il est arrivé trop en
retard. « L’Etat n’a pensé à la construction d’une ligne de
métro que lorsque la ville s’est trouvée au bord d’une
crise. Or, il fallait commencer par fournir les moyens de
transport avant même la création de la ville. Ce retard a
fait que ces villes sont restées pendant de longues années
des villes désertes », explique Soheir Hawas, urbaniste.
Mais mieux vaut tard que jamais.
Marianne Youssef