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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Egypte

Transports. La première ligne de chemin de fer reliant le gouvernorat de Guiza à celui du 6 Octobre est entrée en service jeudi dernier. Un projet qui s’inscrit dans un autre plus large pour encourager l’émigration hors de la capitale.

Des ponts vers les villes nouvelles

L’Etat qui a investi des milliards dans l’infrastructure des nouvelles villes veut aujourd’hui leur donner une nouvelle existence. Avec au moins une décennie de retard, l’Organisme des chemins de fer, en coopération avec le ministère de l’Habitat, a mis en service la première ligne du chemin de fer reliant les gouvernorats de Guiza et du 6 Octobre. D’après les prévisions, la ligne devra transporter 5 000 passagers par jour pour un trajet d’une heure et un coût de 2 L.E. Le train fera trois fois l’aller retour quotidiennement. Selon Hamada Farid, responsable du projet auprès de l’Organisme des chemins de fer, le gouvernement a choisi de commencer par le 6 Octobre car c’est l’une des zones urbaines les plus peuplées, comparées aux autres agglomérations entourant la capitale. « Le but de ce projet est de fournir un moyen de transport pratique, confortable et bon marché, surtout que le principal moyen de transport reliant la capitale aux nouvelles villes reste le microbus », assure le responsable. Il ajoute que cette ligne serait très efficace pour la main-d’œuvre qui travaille dans les grandes usines et entreprises, surtout que le gouvernorat du 6 Octobre possède une importante zone industrielle où travaillent des centaines d’ouvriers et de fonctionnaires. Selon les estimations de l’organisme, cette ligne contribuerait à diminuer la densité du trafic sur l’axe routier du 26 Juillet, le seul « pont de connexion » entre la capitale et 6 Octobre, qui souffre déjà d’une asphyxie chronique.

Plusieurs facteurs ont contribué à rendre cette ville plus attirante par rapport à d’autres : l’existence de deux grandes universités privées, celle du 6 Octobre et l’Université d’Egypte pour la science et la technologie, ainsi que les nombreuses entreprises privées et la Cité des médias qui y ont été installées. Avec la ligne ferroviaire, il est normal de voir la population de ce nouveau gouvernorat augmenter sensiblement, estime-t-on.

Bonne initiative

En fait, cette nouvelle ligne de chemin de fer entre dans le cadre d’un projet national visant à relier la grande capitale (Le Caire, Guiza et Qalioubiya) aux nouvelles villes. Le projet consiste à créer trois lignes. La première reliera Le Caire aux villes plus à l’est situées sur la route d’Ismaïliya, à savoir 10 de Ramadan, Al-Chorouq et Al-Obour, la deuxième reliera la capitale aux villes plus à l’ouest situées sur la route d’Alexandrie, à savoir 6 Octobre et la ville du Cheikh Zayed. Quant à la troisième ligne, elle assurera le lien avec les agglomérations du Nouveau-Caire. Ce projet ambitieux coûtera environ 6 milliards de L.E. et sera lancé l’an prochain.

Pour les habitants du 6 Octobre, il s’agit d’une bonne initiative, mais qui reste incomplète. Leur problème c’est comment se rendre à la station de métro en premier lieu. En fait, la plupart des futurs usagers resteront obligés de recourir aux microbus malgré leur cherté, puisque c’est le seul moyen de transport interne disponible dans la ville. « Comme les distances entre les 13 quartiers qui composent la ville sont grandes, nous avons besoin d’un moyen de transport interne », fait constater un habitant. De leur côté, les urbanistes bien qu’également d’accord sur l’utilité du projet, estiment qu’il est arrivé trop en retard. « L’Etat n’a pensé à la construction d’une ligne de métro que lorsque la ville s’est trouvée au bord d’une crise. Or, il fallait commencer par fournir les moyens de transport avant même la création de la ville. Ce retard a fait que ces villes sont restées pendant de longues années des villes désertes », explique Soheir Hawas, urbaniste. Mais mieux vaut tard que jamais.

Marianne Youssef

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