Coptologie.
De l’égyptien ancien écrit avec de l’alphabet grec, telle
est la définition du copte.
A la rencontre de l’histoire et de la vie
Un
des aspects les plus importants de la civilisation copte est
sa langue. A l’écriture hiéroglyphique avait succédé
l’écriture hiératique, puis démotique. Au IIe siècle av.
J.-C., le démotique a été remplacé par le copte qui est un
mariage entre la langue des Egyptiens et les 24 lettres de
l’alphabet grec auxquelles ont été ajoutées 7 autres lettres
empruntées au démotique pour recouvrir la totalité des sons
utilisés dans la Vallée du Nil. C’est pourquoi on dit que la
langue copte « c’est de l’égyptien ancien écrit avec de
l’alphabet grec ». Les coptes furent les premiers à écrire
sur des papyrus sous forme de livres, alors que les pharaons
écrivaient sur des papyrus en forme de rouleau. Le musée
possède 6 000 manuscrits en copte, dont les psaumes de David
et ceux de Nag Hammadi qui faisaient partie de la
Bibliothèque gnostique, rassemblée par les gnostiques qui
étaient des partisans d’une secte apparue au IIe siècle qui
intégrait aux croyances chrétiennes des enseignements de la
philosophie grecque et surtout la recherche de l’au-delà. Le
point central de ces manuscrits est avant tout l’homme et
son salut.
En 1988, en Moyen-Egypte, on a découvert une Bible copte
datant probablement du IVe siècle, écrite sur un parchemin.
Elle est reliée en cuir sur bois. C’est l’un des plus vieux
livres du monde. Il est exposé au Musée copte. Il est
intéressant de lire dans le courrier de Champollion, la
lettre n°180 : « J’ai fait des extraits de presque tous les
manuscrits coptes de la Bible impériale et des copies de
quelques-uns ... Je veux savoir l’égyptien comme mon
français, parce que cette langue sera bien mon grand travail
sur les papyrus égyptiens … Je suis si copte que pour
m’amuser, je traduis en copte tout ce qui me vient à la
tête. Je parle copte tout seul, vu que personne ne
m’entendrait. C’est le moyen de me mettre mon Egyptien dans
la tête ... Selon moi, le copte est la plus parfaite et la
plus raisonnée des langues ».
Et à l’heure actuelle ? A part les religieux, peu de
familles parlent copte. On aime encore citer le cas de M.
Ekladios Labib (1868-1918) qui avait appris parfaitement la
langue copte. Il a d’ailleurs écrit 25 ouvrages en copte et
sa grande œuvre fut le Dictionnaire copte-arabe. Il parlait
couramment l’arabe, le copte, le français, l’anglais, mais
insistait pour que sa famille ne parle que le copte à la
maison. L’un de ses fils, Pahor Labib, professeur
d’archéologie, fut aussi directeur du Musée copte. Les
coptes orthodoxes sont restés très conservateurs et le
domaine religieux a toujours une grande importance pour eux.
Certains jeûnent 113 jours par an, 55 pour le Carême, 40
pour l’Avent, 15 avant l’Assomption et 3 pour saint Jonas.
Certains pratiquent le jeûne complet, en arabe le « tayy »,
qui dure depuis la disparition de la dernière étoile jusqu’à
l’apparition de la 1re étoile. L’apparition de la 1re
étoile. Lorsqu’un copte jeûne, il s’abstient de tout produit
venant des animaux : viande, œufs, lait, fromage … Quant aux
légumes, ils doivent être soit bouillis, soit cuits à
l’huile. La messe n’a pas suivi l’évolution moderne. Elle
est longue et récitée en copte et en arabe. Les enfants de
chœur chantent en copte et en arabe, accompagnés de cymbales
et du triangle. Paul de Thèbes, Antoine et Pacôme se
retirèrent dans le désert où ils psalmodiaient en copte. Ce
sont les fondateurs du monachisme chrétien. Au VIe siècle,
saint Benoît vint en Egypte, s’inspira du modèle pacomien et
fut le fondateur des monastères en Europe.
Isis
Zaki (coptologue)