Al-Ahram Hebdo, Dossier | Sur les traces de la Sainte Famille
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Dossier

Coptologie. Il y a sur notre terre des sites particulièrement bénis qui sont des lieux de pèlerinage, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. 

Sur les traces de la Sainte Famille 

En Egypte, grâce au passage de la Sainte Famille et aux saints qui y ont vécu, les lieux vénérés sont très nombreux et les pèlerinages sont, en plus, des occasions de fêtes et de réjouissances. On s’y prépare la veille, en jeûnant et en priant et si le vœu a été exaucé, on jeûne encore un jour ou l’on fait un don aux pauvres en signe de remerciements.

Parmi les plus célèbres et ceux qui sont encore les plus suivis à l’heure actuelle, il faut citer le pèlerinage à Deir Gabal Al-Teir. C’est le couvent de la montagne de l’oiseau, car des milliers de ces oiseaux appelés « bougir » y vivent. Il se trouve à 25 km de Minya, ville située à 240 km au sud du Caire. Il y a deux pèlerinages dans l’année, le premier a lieu le 29 janvier, jour anniversaire de la mort de la Vierge Marie, sa Dormition, et le second le 22 août, jour de l’Assomption de la Vierge. Le couvent est creusé dans le roc même de la montagne. Il date du IVe siècle. Les pèlerins viennent avec des gâteaux au miel et aux graines de sésame et — la spécialité de la fête — de la confiture de roses. Tout ceci étant destiné aux pauvres.

Avant de repartir, on visite l’escalier sur lequel, selon la légende, la Vierge a laissé la trace de ses pieds, en allant vers Assiout.

Un autre pèlerinage en l’honneur de la Vierge Marie est également très suivi. C’est celui de Mostorod, sur la route agricole d’Ismaïliya. L’église est construite sur l’emplacement où se trouvaient la Sainte Famille et le puits miraculeux. Il a lieu du 7 au 22 août.

Pendant les deux semaines de jeûne et de prières, les familles avaient le droit de loger dans la maison d’accueil de l’église. Elles y cuisinaient des lentilles et des fèves, dont le fameux plat copte « bessara », fait de fèves vertes cuites mélangées avec des herbes. Elles mangeaient des dattes et des figues du sycomore. Cet arbre qui date de l’Ancienne Egypte était autrefois placé sous la protection d’Isis et de Hathor. Sur le chemin de retour, il y a un arrêt à Matariya pour vénérer l’arbre qui aurait caché la Vierge et Jésus.

 

Saint Georges, un des saints les plus populaires

C’est le « mouled Mari Guirguis » où se mêlent chrétiens et musulmans. Il a lieu à la fin du mois d’août à Mit Damsis, dans le Delta. Les gens campent sur des felouques ou sous des tentes, au bord du Nil ou à la belle étoile.

A l’intérieur de l’église, qui abrite les reliques du saint guerrier, le spectacle est impressionnant. Des épileptiques côtoient des paralytiques, des possédés du démon et autres malades. Ils essaient de voir passer saint Georges sur son cheval de feu. Lorsqu’il y a une guérison, ce sont des hurlements de joie. De toute façon, comme dans tout mouled, il y a sur les places de la ville des charmeurs de serpent, des musiciens, des tambours et des danses folkloriques.

Certains, comme à l’époque ancienne, se font tatouer une petite croix.

Enfin, il ne faut pas oublier saint Mènes, le thaumaturge qui depuis des siècles jouit d’une incroyable popularité. Son monastère se trouve à l’ouest d’Alexandrie. Sa fête est le 24 novembre mais les pèlerinages y sont perpétuels. Il est né dans la deuxième moitié du IIIe siècle, à Nikiou, en Basse-Egypte, de parents chrétiens. Il fut engagé dans l’armée romaine mais, criant sans cesse sa foi, le préfet Pirrus le fit décapiter, c’était en Phrygie. Son corps fut rapporté en Egypte sur le dos d’un chameau qui, arrivé à la jonction du désert et du lac Mareotis, s’arrêta, s’accroupit et refusa d’avancer. Alors, y voyant un signe surnaturel, on l’ensevelit à cet endroit auprès d’une source d’eau douce qui devint miraculeuse. On y venait de partout pour prendre « cette eau qui lave toute maladie ». On mettait de l’eau dans des petits flacons en poterie appelés « eulogies ».

Maintenant, la source est tarie, mais les pèlerins repartent encore avec des flacons qui ont touché les reliques et contiennent de l’eau bénite.

Après cet aperçu sur l’art, la civilisation, la langue et les pèlerinages, il est clair que les coptes, héritiers d’un passé millénaire prestigieux, ont su conserver, jusqu’à nos jours, leur identité et leur génie.

Isis Zaki (coptologue)

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