Coptologie.
Les érudits affirment que la géographie constitue l’élément
stable d’un pays et qu’elle influe énormément sur sa culture
et sa civilisation. C’est ainsi que l’art copte, qui dérive
des périodes qui l’ont précédé, a constitué un lien avec
l’avenir aussi.
Le
trait d’union entre les époques
L’Egypte
est l’un des pays favorisés par la grâce divine. Non
seulement cette situation géographique en fait depuis
toujours un carrefour, mais cela lui a aussi permis
d’exercer une influence considérable sur les pays
avoisinants.
A l’époque où les Grecs ont pénétré en Egypte, suivis par
les Romains, cela n’a pas empêché sa civilisation de
demeurer florissante. Les Grecs et les Romains se sont
familiarisés avec la vie égyptienne. Ils ont édifié les
sanctuaires des dieux égyptiens selon le style pharaonique.
Lorsque les Romains renoncèrent au paganisme pour embrasser
le christianisme au début du quatrième siècle, ce fut le
début de l’édification des églises. La civilisation en
Egypte continua à prospérer.
Le mérite incontesté dans ce domaine revient à la
Bibliothèque d’Alexandrie, en tant qu’université universelle
fréquentée par nombre d’étudiants venus de toutes les
contrées du monde.
Les coptes sont les descendants directs des Egyptiens de
l’époque pharaonique, mais l’ancienne civilisation
égyptienne ne s’est pas arrêtée avec la fin de l’ère
pharaonique. La vie spirituelle, la langue, la religion,
l’évolution scientifique et artistique continuèrent
longtemps après. Malgré les influences gréco-romaines
d’Alexandrie, ils établirent leur propre civilisation, et
l’art copte fut le trait d’union entre les arts pharaonique,
gréco-romain et islamique.
Malgré l’influence byzantine et islamique, l’art copte a
atteint un niveau et une originalité qui forcent l’attention
et l’admiration.
L’art copte est le témoignage d’un nouvel esprit qui naît de
la vieille humanité. L’art copte est un art pur, simple et
beau, il représente la vie religieuse et la vie quotidienne.
Pour l’artiste copte, « la simplicité était une sorte de
beauté ».
La sculpture sur pierre et sur bois, la céramique et
l’orfèvrerie, ainsi que les objets de la vie courante qui,
par la perfection de leur forme utilitaire ou leur décor,
sont aussi des œuvres d’art, comme les tapisseries tissées
en lin et laine, qui grâce à l’habilité de l’artisan des IIe
et IIIe siècles, peuvent être regardées à l’endroit comme à
l’envers.
Le Musée copte, fondé en 1908 et restauré en 1984, est
totalement rénové pour fêter ses cent ans. Le 26 juin 2006,
le président Moubarak en personne, entouré d’une centaine de
personnalités, est venu l’inaugurer et l’admirer, car il est
superbe. Tout y est parfaitement disposé. Sur 16 000 œuvres
d’art, seules 1 200 pièces y sont mises en valeur.
Ce musée renferme une grande collection de fragments qui
datent du IIe au Ve siècle. La grande majorité des pièces
proviennent des donations de la communauté copte et le reste
des anciens monastères.
Sous les coupoles et les dômes qui sont l’un des aspects les
plus importants de l’architecture copte, on a pu retrouver
des niches avec des représentations des saints, des stèles
funéraires, des chapiteaux et des corniches en calcaire,
ornés de fleurs d’acanthe et de feuilles de vigne. Les
coptes sont les premiers à avoir évoqué, dans leurs
fresques, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Il est à noter
que les artistes coptes représentent toujours la Vierge à la
droite de Jésus, car le psalmiste a dit (Ps 45:10) : « A ta
droite se tient la reine ». Par respect, elle est toujours
peinte entièrement vêtue et la tête couverte de voile.
Jésus, lui aussi, n’est jamais représenté nu, ni même à
moitié nu.
Ils étaient passés maîtres dans le travail de l’ivoire, de
l’os de l’ébène. Entre autres, il ne faut pas manquer de
voir le fameux peigne tout en ivoire qui date du IVe siècle.
Il représente la résurrection de Lazare et la guérison de
l’aveugle.
Les portraits sont universellement célèbres. Les personnages
ont tous les yeux largement ouverts, les prunelles rondes
placées tout près du nez, et ce nez qui se termine toujours
de la même manière. Ce qui est frappant, c’est qu’ils
donnent une impression de paix intérieure.
De la même époque, provient également du monastère de
Saint-Jérémie, à Saqarrah, un majestueux ambon, dit « Chaire
de Jérémie », Ve siècle.
La fresque de Baouit du monastère d’Apa Apollon, où figure
le Christ en majesté, la Sainte Vierge au milieu des
Apôtres, entourée par les Archanges.
Les exemples de boiseries confirment la maîtrise
particulière des coptes dans le travail de ce matériau chaud
et vibrant. Des portes et des clôtures d’iconostase, des
panneaux où se lisent divers épisodes de la vie du Christ,
des objets liturgiques, autel, croix et lutrins.
Les coptes ont créé un art original du tissage. Les motifs
qui ornent les tissus ne sont plus brodés, mais tissés dans
la trame de l’étoffe, dans les couleurs pourpre, noir, vert
vif ou violet. Ils traitent des sujets bibliques, chrétiens
et profanes.
Les tissus les mieux conservés proviennent d’Antinoe et d’Akhmim
et sont datés du Ve siècle. Ils sont en lin, ce sont des
fragments d’une écharpe, d’une tunique, d’un rideau. Les
personnages sont disposés de telle façon que leurs
mouvements sont parfaitement rendus. C’est ainsi qu’on ne se
lasse pas de regarder le flûtiste, les danseuses, le lièvre,
le centaure, saint Jonas et la baleine, etc.
Les tissus constituent une riche moisson qui met en lumière
la diversité des techniques et des matières. Ils traitent
des sujets bibliques et chrétiens et également des scènes de
la vie quotidienne.
Isis
Zaki (coptologue)