Al-Ahram Hebdo,Arts | L’Autre vu par les Espagnols
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Arts

Biennale du Caire. L’Espagne est l’invitée d’honneur de cette 11e édition dont le thème principal est l’Autre. Une participation qui met en évidence les grands noms de l’art contemporain aussi bien que les jeunes favorisant les installations et la vidéo.

L’Autre vu par les Espagnols

L’autre, cet exotique, cet inconnu est toujours mystérieux. On pense à lui, on essaye de lui parler, de communiquer avec lui … Un moyen d’affirmer sa présence. A la Biennale internationale du Caire, « l’Autre », thème de cette onzième édition, initie les artistes à s’exprimer. Faut-il penser à l’Autre comme récepteur ou comme artiste, ou comme étranger ? Les artistes espagnols, invités d’honneur de cette édition, évoquent l’Autre au sens universel. « L’Espagne participe toujours aux diverses manifestations culturelles organisées en Egypte : expositions, ateliers de formation, échange artistique, etc. », dit Ihab Al-Labbane qui était derrière le choix de l’Espagne comme invitée d’honneur. Il ajoute : « On a voulu révéler au public cairote les différents artistes espagnols ainsi que les récentes tendances d’art contemporain répandues dans ce pays. Un atelier de média et de vidéo fut aussi tenu par les artistes au début de la biennale afin d’initier les jeunes Egyptiens à mieux approcher ces techniques ».

A l’entrée du Palais des arts, des journaux, une théière, un miroir, une chaise, une table, etc. Tous sont suspendus. Il s’agit d’une large installation signée Pamen Preira et intitulée « Les miroirs réflecteurs ». L’artiste récupère des éléments de la vie quotidienne et monte tout un projet que l’artiste appelle « l’énergie unificatrice ». Les meubles et la vaisselle suspendus dégagent une énergie latente. A travers le miroir et la vaisselle en acier, on voit l’image de l’Autre qui se reflète. Une certaine nostalgie de la vie sereine et de la maison au sens propre se fait ressentir, pense-t-on à l’autre ou à soi-même ?

L’artiste Bernardi Roig utilise plusieurs supports dans son œuvre « La lumière de l’obscurité ». De grands tableaux pour des silhouettes en noir devant des femmes en habits aristocratiques du Moyen-Age. Ensuite, on passe à une vidéo où deux hommes chauves en blanc se disputent. D’un autre côté, une statue en blanc regarde curieusement par un trou lumineux. Une quatrième statue est entourée de lampes fluorescentes, comme si elle était enchaînée. Face à toutes ces lumières, ces technologies, le blanc devient un signe d’un certain aveuglement. L’homme est si fragile face aux conflits, aux technologies et aux mystères … Il a perdu une partie de son humanité : la perspicacité et la clairvoyance. Il devient simplement un Autre, une silhouette qui n’a rien à voir avec l’homme d’autrefois. Le contraste est bien clair à travers les toiles.

Les photos d’Ouka Leele nous transmettent une ambiance du passé, un jeu de contraste. C’est l’Autre en photographie. Ce jeu est de mise à travers un autoportrait de la photographe derrière sa caméra et des mains masculines l’entourant. Sur une autre photo, des modèles posent dans la nature, un air familial du passé s’oppose à la sobriété et la sécheresse des arbres.

Loin de ces grands artistes d’Espagne, au centre Al-Guézira des arts, l’Autre prend une dimension plus individuelle et intime ; il devient très médiatisé. « Résultant d’un atelier, tenu en novembre dernier au centre Al-Guézira, regroupant des jeunes Egyptiens et Espagnols, on a fait une sélection parmi les artistes pour participer à une exposition se déroulant pendant la biennale », ajoute Al-Labbane. Avec cinq jeunes artistes d’Espagne, l’Autre se manifeste par des jeux vidéo.

La femme musulmane est pour Anja Krakowski un Autre porteur de clichés et de stéréotypes. Elle se résume par son voile. Faisant une recherche aléatoire sur Internet, elle reproduit les photos, les discours de ces femmes. Ainsi, présente-t-elle une installation en plastique, soit un chemin de fer et un wagon où elle place les enregistrements nécessaires et mêle les propos arabes et espagnols à ce sujet.

La femme est toujours omniprésente. Les vidéos d’Olga Diego et Eugenia Funes représentent la femme comme une victime de la violence, de la persécution et des préjugés.

Quant à Teresa Lanceta, sa vidéo représente des cadres et des séquences successives de tapisserie manuelle, un travail effectué aussi par une femme.

Cayetano Ferrandez traduit dans sa vidéo le slogan répandu de la gauche « La liberté ou la mort » à travers un corps attaché par une corde. Avec le mouvement de la cordsae, le corps bouge afin de retrouver sa liberté. Dès que la corde suspendue tombe par terre, le corps devient inerte. Une idée simple et touchante.

May Sélim

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Jusqu’au 20 février, tous les jours de 10h à 14h et de 17h à 22h (sauf le vendredi). Au Palais des arts, à la galerie Ofoq et au centre Al-Guézira des arts.

 




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