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 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

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Chanson. Après 3 ans d’absence, le chanteur Ali Al-Haggar fait son come-back. Il vient de lancer son nouvel album, Hawwa wa Adam (Eve et Adam).

Al-Haggar fait peau neuve

Ali Al-Haggar appartient à ce genre de chanteurs réputés pour leur style purement oriental. Tout de même, il prend le risque de changer de peau pour suivre les changements de rythmes et de goûts.

L’album Hawwa wa Adam (Eve et Adam) s’inscrit dans cette lignée. Douze titres regroupant les grands noms de musiciens et paroliers.

Dès la première chanson, Qalb al-habib (le cœur du bien-aimé), Ali Al-Haggar nous surprend. Une chanson au rythme dansant, plus ou moins rapide, étrange pour le chanteur. Composée par Chérif Tag et arrangée par Adnane Al-Chami, elle penche vers le pop.

Deux noms, ayant participé à cet album, sont à retenir : Ammar Al-Chéreï, qui a composé la chanson, prêtant son titre à tout l’album, Eve et Adam, et la chanson Enti teleatili ménein (d’où sors-tu ?), dont les paroles sont signées par Sayed Higab. Deux chansons qui ne sont pourtant pas à la hauteur des anciens succès du tandem. Il y a également le nom de Nabil Khalaf qui a signé les paroles de six chansons de l’album. Les paroles se distinguent par leur simplicité, ainsi que par leur convenance au chant d’Al-Haggar, basé essentiellement sur l’émotion.

Mélodique avant tout, l’album tire sa particularité des expérimentations des rythmes et du savoureux mélange de pop avec des airs orientaux, mais surtout de ses belles paroles.

La musique est donc variée, mais reste toujours apte à créer un ensemble non bancal, comme un livre, un recueil de poésie. Elle s’appuie sur cette simplicité naturelle du chanteur, visant à créer un univers complètement serein, chaleureux et romantique.

L’album est donc partagé entre textes sérieux et morceaux plus dansants. L’innovation se présente sous différents aspects : on passe d’une guitare à quelques notes de piano, de saxophone et de violon pour ensuite s’attaquer à des sonorités plus ou moins jazzy ou folk.

Mais, pour les nostalgiques de ses airs sentimentaux, il faut attendre jusqu’à la sixième chanson de l’album, Alachan bakhaf (parce que j’ai peur), pour trouver leur bonheur. Une merveilleuse perle, ou plutôt la cerise qui caractérise le gâteau! C’est à partir de cette chanson qu’on peut retrouver le goût et le style caractéristiques d’Al-Haggar.

Evidemment, la douceur, la vigueur et le charme habituels de la voix sont toujours présents, également dans Al-qalb taaban (le cœur souffre), écrite par Nasser Rachwan et composée par Amir Abdel-Méguid, et dans Dafa al-ahzan (chaleur des chagrins), écrite par Achraf Amer et mise en musique par Ahmad Al-Haggar, chanteur, compositeur et frère aîné de Ali.

Machghoul begheirek (épris d’une autre) n’est pas sans rappeler la force de la voix d’Al-Haggar qui demeure l’une des plus sensibles et des plus mûres.

Al-Haggar nous parle, nous séduit, nous distrait, nous envoûte. Joviale ou plus mélancolique, sa voix semble communiquer toujours un message positif, l’espoir d’un chanteur sincère.

Mais l’autre  perle rare de cet album est peut-être cette reprise de sa toute première chanson single, dont la musique lui a été offerte par le grand compositeur, feu Baligh Hamdi dans les années 1980 : Ala ad ma habbeina (autant qu’on a aimé) ; une vraie délectation, écrite par Salah Jahine ! Il reprend l’ancien succès de la chanson en lui imprégnant un rythme plus moderne. Il suffit d’écouter cet opus avec le nouvel arrangement d’Achraf Mahrous, pour savoir d’emblée que l’on a affaire à l’une des chansons qui défient le temps. Pratiquement immortelle.

Une autre grande réussite de cet album, c’est de ne pas donner l’impression d’être hybride ou métissé, même s’il l’est quelque part. Peut-être parce que Ali Al-Haggar porte les chansons en lui comme une seconde peau. Et l’harmonie de ce disque est telle qu’on en arrive à oublier que la chanson de Jahine ou celle de Fouad Haddad, Al-Arousa, ont été écrites à plus de 20 ans d’intervalle.

Finalement, voguant allègrement d’un genre musical à un autre, cet album provoque une adhésion inévitable de la part de l’auditeur, qui se voit ainsi transporté dans divers mondes remplis d’exotisme mêlé à beaucoup d’authenticité. C’est ce qui a caractérisé plus de 25 ans de carrière.

Yasser Moheb

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