Al-Ahram Hebdo, Afrique | Un exemple à suivre
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

Ghana. Dans le calme, l’opposition a remporté les élections présidentielles et les législatives, mettant fin à huit ans de pouvoir du président sortant John Kufuor. 

Un exemple à suivre 

Avec à peine un demi-point de pourcentage, l’opposant John Atta-Mills, 64 ans, a été proclamé vainqueur de la présidentielle au Ghana, samedi dernier. Peu après sa victoire, il a tendu la main à son adversaire, qui a reconnu sa défaite et appelé à l’unité de la nation. Ce vote met fin à huit ans de pouvoir du Nouveau Parti Patriotique (NPP) et consacre le Congrès national démocratique (NDC), qui avait déjà fait basculer la majorité du Parlement en sa faveur lors des législatives du 7 décembre 2008. Ainsi, la nation d’Afrique de l’Ouest de 23,5 millions d’habitants sera désormais dirigée par le NDC. Par ailleurs, John Atta-Mills a obtenu 50,23 % des suffrages contre 49,77 % à Nana Akufo-Addo, selon les résultats officiels.

Déjà, il a annoncé qu’il œuvrerait pour l’unité du son pays. « Je veux assurer aux Ghanéens que je serai un président pour tous. Il n’y aura pas de discrimination. L’élection est terminée, nous avons désormais un Ghana », a-t-il lancé en appelant son adversaire Nana Akufo-Addo « de travailler ensemble pour construire un Ghana meilleur pour tous ». Les enjeux étaient de taille dans cette course à la présidentielle car du pétrole a récemment été découvert dans ce pays.

En première réaction, Akufo-Addo a affirmé que « Le professeur Mills et moi-même avons l’obligation de générer une continuité et un consensus et je m’engage à jouer le rôle qui m’incombe. Notre nation est à la croisée des chemins et nous devons travailler ensemble pour la construire dans la paix », a-t-il déclaré. De sa part, Nana Akufo-Addo, un juriste âgé de 64 ans, avait remporté le premier tour de la présidentielle le 7 décembre, mais sans obtenir de majorité absolue. « La victoire de l’opposition est une victoire pour la démocratie », s’est exclamé Sekou Nkrumah, membre du NDC et fils du premier président Kwame Nkrumah, père de l’indépendance ghanéenne en 1957. « Après huit ans d’égarement, le NDC est de retour pour construire un meilleur Ghana », a-t-il déclaré. Le NDC avait aussi gouverné pendant huit ans avant l’arrivée au pouvoir en 2000 de John Kufuor. Ce dernier a appelé au calme et au respect des résultats finaux quels qu’ils soient plusieurs fois au cours de la campagne électorale et au cours des élections.

En effet, les deux partis, qui étaient en lice, ont chacun fait état d’irrégularités dans les bastions adverses lors des opérations de vote du second tour. Mais samedi, le président de la commission électorale a déclaré que celle-ci n’avait « pas estimé que les preuves fournies étaient suffisantes pour invalider les résultats ». En revanche, Theodore Dzeble, porte-parole de la Coalition d’observateurs des élections (CODEO, 34 organisations), a tempéré ces déclarations en estimant que tous les partis ont accepté les résultats définitifs. En effet, le Ghana a été loué pour la tenue de cette élection qui s’est déroulée dans le calme et l’ordre, selon de nombreux observateurs. A l’issue du scrutin globalement perçu comme exemplaire à l’échelle de l’Afrique, où les élections sont souvent marquées par des violences. En effet, l’année 2008 notamment marquée par des violences post-électorales au Kenya, au Zimbabwe et la crise gouvernementale au Côte d’Ivoire, le Ghana montre que l’Afrique peut aussi se révéler capable d’une alternance pacifique. « La victoire de John Atta-Mills et la conduite du peuple ghanéen sont un exemple rare de démocratie à l’œuvre en Afrique », a ainsi estimé le premier ministre kényan, Raila Odinga, dans un communiqué. Le Kenya a été secoué par des violences post-électorales qui ont fait plus de 1 500 morts après la présidentielle de décembre 2007, avant la signature d’un accord de partage du pouvoir.

Une autre exception en Afrique. Le président sortant John Kufuor, 70 ans, passera le pouvoir à son successeur au terme de deux mandats de quatre ans, la limite constitutionnelle, sans jamais avoir cherché à s’accrocher au pouvoir. A cet égard, les dirigeants africains et occidentaux ont félicité le Ghana pour le déroulement de son élection présidentielle, qui tranche avec les violences et les malversations, souvent observées lors des scrutins sur le continent noir.

Maha Salem

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.