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 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

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Idées

Islam . Le Centre d’Oxford pour les études islamiques à l’Université du même nom, fondé en 1985 et parrainé par le prince de Galles, fait peau neuve avec la construction d’un énorme centre-mosquée. Sa devise : maintenir le dialogue. Entretien avec son fondateur, l’Anglais David Browning.

« Le modèle du collège d’Oxford est arrivé via l’Andalousie et le monde musulman »

Al-Ahram Hebdo : Quel est l’objectif principal du Centre d’Oxford pour les études islamiques ?

David Browning : Depuis le début en 1985, l’objectif du centre était clair comme centre indépendant de l’Université d’Oxford, nous sommes une institution académique islamique, la première du genre depuis 9 siècles, installée à l’Université d’Oxford. Et nous nous engageons à offrir des bourses d’études, assurer une meilleure entente culturelle au niveau de la civilisation islamique et les sociétés musulmanes contemporaines. Nous croyons que la réalisation de cet objectif doit être la participation des étudiants venant de tous les coins du monde musulman. Cela nous permet de jeter des ponts entre l’Occident et le monde musulman et entamer ainsi le dialogue dont nous avons tous besoin à l’heure actuelle entre les Occidentaux et la tradition islamique.

— Quelle influence pourrait avoir le déplacement du centre du plein cœur d’Oxford vers la banlieue avec la construction de la grande mosquée-institution en cours ?

— Nous avons commencé en 1985 à Woodenhate, où le centre était né, le Conseil des curateurs avait l’intention dès le départ de trouver un chez soi permanent au Centre d’Oxford. Le bâtiment géant qui est actuellement sous construction, je pense qu’il serait une addition positive à l’héritage architectural de cette ville. Celle-ci est basée sur l’idée essentielle de l’Oxford College dont certains gens oublient qu’elle vient originellement du monde islamique. Le bâtiment va comprendre la résidence de la communauté des chercheurs avec les facilités d’une librairie, une salle d’expositions, salle de séminaires, restaurant, etc. d’une manière — j’espère — qui serait un point de rencontre qui attire les chercheurs du monde musulman comme non musulman. Cela nous fait remonter au modèle du collège traditionnel qui doit ses lettres de noblesse au monde islamique où les enseignants et les enseignés vivent et travaillent ensemble dans une communauté collégiale. Nous avons également des bourses d’études pour visiteurs et un programme qui permet aux maîtres, chercheurs et aux étudiants de venir passer un certain temps au Collège d’Oxford. Ainsi, le nouveau bâtiment permettra l’échange dans une ambiance communautaire où réside le chercheur malaysien, par exemple, côte à côte avec le chercheur marocain.

— Vous citez le modèle traditionnel du collège comme structure originaire du monde musulman, comment expliquez-vous cela ?

— Quand nous avons initialement proposé la construction de ce bâtiment au Centre d’Oxford, c’était intéressant de trouver une minorité qui s’est rendue compte que nous introduisons un style de construction linéaire à Oxford. L’idée même du Collège d’Oxford est arrivée ici via l’Andalousie à travers les madrassas. Ainsi, nous nous inspirons du modèle du cercle, de l’unité qui englobe les différences, nous espérons retrouver l’achèvement du cercle et aboutir à cette harmonie entre l’Occident et le monde musulman. Un objectif qui est basique pour le Centre d’Oxford pour les études islamiques.

— Premier centre depuis 9 siècles en Grande-Bretagne habitée par 4 millions de musulmans, comment le centre renforce-t-il des liens avec d’autres structures islamiques à l’intérieur du pays, surtout à la suite des efforts déployés après le 7/7 ?

— J’aimerais souligner que ce centre est principalement une institution académique dont les portes sont ouvertes à quiconque. Notre objectif principal est de stimuler la recherche, notamment interdisciplinaire, les relations internationales, l’anthropologie, l’économie et l’Histoire afin d’encourager les études sérieuses dans les domaines de la culture et la civilisation islamiques et de la société musulmane contemporaine. Et nos portes sont ouvertes à tout le monde, musulmans et non musulmans, pour avoir la volonté d’apprendre sur l’islam et les sociétés musulmanes.

— Ne pensez-vous pas que le rôle académique n’empêche pas de prendre part dans les événements en cours, notamment politiques ?

— Tout à fait, mais ce qui compte pour nous, c’est d’aboutir au niveau local à travers l’université. Nous souhaitons introduire des perspectives fraîches grâce au nombre de disciplines académiques dont nous disposons. Atteindre le niveau national, nous sommes une académie à Oxford et donc nous avons la responsabilité face à la nation. Comme exemple en 2005, en coopération avec le prince de Galles, qui est aussi le patron du centre, nous organisons une école d’été tous les ans pour les jeunes Anglais musulmans, hommes et femmes, qui ont manifesté des facultés de leaders dans leurs carrières que ce soit dans la ligne gouvernementale, académique ou le monde des affaires. Et nous invitons des groupes de jeunes Anglais musulmans de tous les coins du pays pour une résidence d’école d’été pour apprendre plus sur le pays dont ils sont les citoyens. Mais aussi pour avoir un réseau et montrer l’un à l’autre quelques défis et opportunités. Et finalement, le niveau international de notre perspective au centre, c’est le programme international de fellowship et de visiteurs pour encourager les recherches provenant du monde musulman. Venir et passer une période au centre et surtout renforcer le dialogue qui est le plus important. Cette année, nous développons aussi un programme de leadership pareil à celui des Jeunes musulmans à une échelle globale et inviter hommes et femmes qui ont les facultés de direction et les réunir à Oxford dans le cadre d’une école d’été. Ce sont les leaders de demain.

— Et toutes les attaques contre l’islam qui inondent des médias en manque de connaissance de la religion, quelle attitude vous prenez pour les corriger ?

— J’ai eu le privilège pour les 20-25 ans passés d’apprendre tout ce que je connais de l’islam à travers des musulmans. J’ai passé ces années en faisant toujours le voyage vers des sociétés musulmanes à travers le monde. Cette expérience m’a permis de savoir les grandes valeurs de l’islam qui sont la modération et la tolérance. Avec cette expérience, j’ai vu de nombreux modèles de médias dans ce pays, la manière avec laquelle ils rapportent les nouvelles de l’islam et des musulmans, et j’ai constaté combien c’est difficile de le reconnaître. Il existe des stéréotypes incroyables sur l’islam, il existe un énorme manque de compréhension. Sans doute, tout le monde sait que dans toute religion, il existe l’extrémiste et le modéré. On doit tout simplement relire l’histoire récente de l’Irlande pour le constater. Ceci, on le trouve partout, mais cela ne représente pas un aspect commun chez les musulmans. Nous avions invité des personnalités au centre, comme le Cheikh d’Al-Azhar, l’archevêque de Canterburry. Comme institution islamique, les barrières entre religion, politique et économie ne peuvent pas être bannies .

Propos recueillis par
Dina Kabil

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