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 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

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Dossier

Architecture Islamique . Les califes de l’époque médiévale étaient très généreux dans leurs dons et leurs récompenses aux savants. L’atmosphère était très propice à une liberté de pensée dont jouissaient les érudits.

L’âge d’or des sciences arabes

L’éducation, dans l’islam est de nature religieuse : l’apprentissage et l’étude des sciences sont des obligations pour les musulmans des deux sexes. Cependant, le métier de savant ou de scientifique en soi est bien considéré. En dehors de la pratique obligatoire du culte, les activités d’étude et de recherche scientifiques sont celles qui ont le plus de valeur. La quête du savoir (talab al-elm) n’en demeure pas moins un véritable acte de piété. Le prophète Mohamad enjoint aux musulmans d’aller chercher la science jusqu’en Chine si cela s’avère nécessaire. Le texte coranique n’exclut explicitement aucun champ de la connaissance.

L’époque médiévale de l’histoire de l’islam était une période passionnante de prospérité et d’extraordinaire modernité. Entre les VIIIe et le XVe siècles, il y a eu un réel dialogue de cultures. En ce temps, la civilisation islamique a transmis à l’Occident les sciences qui furent la base de son développement. Pendant la période médiévale, le mécénat des sciences a largement débordé les cours et les palais, devenant une caractéristique de certaines couches sociales plus ou moins aisées.

L’enseignement des sciences se déroulait dans un climat de grande liberté, indépendant de toute institution. Les sultans et les califes permettaient aux savants d’enseigner dans les grandes mosquées où des halaqas (cercle d’étude) dispensaient un enseignement dans les diverses disciplines religieuses et leurs auxiliaires. En un sens, la principale institution scientifique du monde arabe médiéval fut le soutien des cours. On érigea des bibliothèques aux riches collections, des hôpitaux, des maisons de la sagesse, des observatoires qui permirent la réalisation de remarquables travaux astronomiques et des madrassas dont quelques grandes villes islamiques gardent encore la mémoire. « Le calife abbasside Al-Maamoun, fils de Haroun Al-Rachid, est connu pour être le plus grand mécène des sciences. Après avoir pris pouvoir en 814, il a fondé une très grande institution qu’il a appelée Beit Al-Hekma (la maison de la sagesse) qui est devenue par la suite un haut lieu de recherches et de débats. A Beit Al-Hekma, des mathématiciens, des astronomes, des chimistes, des mécaniciens et autres savants se sont installés pour travailler. Leur financement était garanti par le calife », souligne Leïla Mahmoud.

En tant qu’institution éducative, la mosquée fut la première et la plus efficace, qui permit à la société arabe d’accomplir sa transition de l’oralité vers la tradition écrite. Mais elle fut loin d’en être la seule. Des particuliers dotaient des établissements d’enseignement : grandes mosquées, madrassas, kottab. Un enseignement était également dispensé dans les bimaristans (hôpitaux) servant d’écoles de médecine, ainsi qu’au domicile de certains savants, et ailleurs. Ces institutions scientifiques ont sans nul doute servi à l’activité des savants et favorisé le développement des sciences.

Ces établissements, fondés sur la loi des waqfs, bénéficiaient donc des dotations faites volontairement par des particuliers sans intervention du pouvoir politique. Même lorsque le fondateur de telles institutions était un calife, un sultan, un vizir ou un autre dignitaire, il dotait sa fondation en tant que musulman individuel en constituant sa propriété privée en waqfs pour le bien public. Certes, ces établissements n’étaient pas publics en ce sens que n’importe qui pouvait les fréquenter, mais ils étaient destinés à un usage limité selon les stipulations du fondateur.

Amira Samir

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