Architecture Islamique .
Les califes de l’époque médiévale étaient très généreux dans
leurs dons et leurs récompenses aux savants. L’atmosphère
était très propice à une liberté de pensée dont jouissaient
les érudits.
L’âge d’or des sciences arabes
L’éducation, dans l’islam est de nature religieuse :
l’apprentissage et l’étude des sciences sont des obligations
pour les musulmans des deux sexes. Cependant, le métier de
savant ou de scientifique en soi est bien considéré. En
dehors de la pratique obligatoire du culte, les activités
d’étude et de recherche scientifiques sont celles qui ont le
plus de valeur. La quête du savoir (talab al-elm) n’en
demeure pas moins un véritable acte de piété. Le prophète
Mohamad enjoint aux musulmans d’aller chercher la science
jusqu’en Chine si cela s’avère nécessaire. Le texte
coranique n’exclut explicitement aucun champ de la
connaissance.
L’époque médiévale de l’histoire de l’islam était une
période passionnante de prospérité et d’extraordinaire
modernité. Entre les VIIIe et le XVe siècles, il y a eu un
réel dialogue de cultures. En ce temps, la civilisation
islamique a transmis à l’Occident les sciences qui furent la
base de son développement. Pendant la période médiévale, le
mécénat des sciences a largement débordé les cours et les
palais, devenant une caractéristique de certaines couches
sociales plus ou moins aisées.
L’enseignement des sciences se déroulait dans un climat de
grande liberté, indépendant de toute institution. Les
sultans et les califes permettaient aux savants d’enseigner
dans les grandes mosquées où des halaqas (cercle d’étude)
dispensaient un enseignement dans les diverses disciplines
religieuses et leurs auxiliaires. En un sens, la principale
institution scientifique du monde arabe médiéval fut le
soutien des cours. On érigea des bibliothèques aux riches
collections, des hôpitaux, des maisons de la sagesse, des
observatoires qui permirent la réalisation de remarquables
travaux astronomiques et des madrassas dont quelques grandes
villes islamiques gardent encore la mémoire. « Le calife
abbasside Al-Maamoun, fils de Haroun Al-Rachid, est connu
pour être le plus grand mécène des sciences. Après avoir
pris pouvoir en 814, il a fondé une très grande institution
qu’il a appelée Beit Al-Hekma (la maison de la sagesse) qui
est devenue par la suite un haut lieu de recherches et de
débats. A Beit Al-Hekma, des mathématiciens, des astronomes,
des chimistes, des mécaniciens et autres savants se sont
installés pour travailler. Leur financement était garanti
par le calife », souligne Leïla Mahmoud.
En tant qu’institution éducative, la mosquée fut la première
et la plus efficace, qui permit à la société arabe
d’accomplir sa transition de l’oralité vers la tradition
écrite. Mais elle fut loin d’en être la seule. Des
particuliers dotaient des établissements d’enseignement :
grandes mosquées, madrassas, kottab. Un enseignement était
également dispensé dans les bimaristans (hôpitaux) servant
d’écoles de médecine, ainsi qu’au domicile de certains
savants, et ailleurs. Ces institutions scientifiques ont
sans nul doute servi à l’activité des savants et favorisé le
développement des sciences.
Ces établissements, fondés sur la loi des waqfs,
bénéficiaient donc des dotations faites volontairement par
des particuliers sans intervention du pouvoir politique.
Même lorsque le fondateur de telles institutions était un
calife, un sultan, un vizir ou un autre dignitaire, il
dotait sa fondation en tant que musulman individuel en
constituant sa propriété privée en waqfs pour le bien
public. Certes, ces établissements n’étaient pas publics en
ce sens que n’importe qui pouvait les fréquenter, mais ils
étaient destinés à un usage limité selon les stipulations du
fondateur.
Amira
Samir