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 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

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Géorgie. Les pays de l’Union européenne, réunis en sommet extraordinaire, ont évité d’imposer des sanctions à la Russie, mais décidé d’apporter leur ferme soutien à Tbilissi.

Le juste milieu

Réunis lundi dans un sommet extraordinaire sur la Géorgie, les dirigeants européens ont décidé de ne pas imposer de sanctions contre la Russie, mais ont haussé le ton, tout en gardant la porte ouverte avec Moscou. L’UE a ainsi décidé d’être « vigilante » dans ses relations avec la Russie. Elle pourrait plus tard prendre des décisions « concernant l’avenir » de ces relations en fonction de l’évolution de la situation en Géorgie. Selon le texte de déclaration, la Russie doit en priorité retirer ses troupes « sans délai ».

Pour aider la Géorgie à surmonter ces problèmes, la déclaration insiste sur l’aide que l’UE est prête à apporter à la Géorgie : « aide à la reconstruction » qui passera par une conférence internationale, « développement de la coopération régionale », ainsi que « renforcement » des relations UE-Géorgie, à travers la facilitation des visas et « la mise en place éventuelle d’une zone de libre-échange complète et approfondie ».

En plus, les dirigeants européens ont confirmé leur volonté d’« un engagement renforcé de l’UE sur le terrain » et disent souhaiter « une éventuelle décision d’engagement d’une mission civile d’observation du cessez-le-feu dans le pays ». Cette mission serait chargée de veiller à l’application du plan en six points, et pourrait un jour préfigurer une véritable force internationale de paix dans la région. Aussi, les 27 espèrent que la mission européenne sera prête à être déployée mi-septembre, a indiqué lundi le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana. Cette mission, parallèle à celle de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), se déploiera en plusieurs phases, d’abord dans le cœur de la Géorgie (régions séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et Ossétie du Sud exceptées) et ensuite aux frontières. « Si le format, le mandat et les modalités pratiques de la mission sont entérinées à la date prévue, l’objectif serait de déployer cette mission fin septembre début octobre », a indiqué un responsable de l’UE.

Au cours du sommet extraordinaire, les dirigeants européens ont condamné l’intervention de Moscou et ont promis un soutien accru à Tbilissi, tout en évitant un retour à  la guerre froide avec un pays qui reste pour eux un partenaire incontournable. L’UE a aussi dénoncé la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des deux provinces sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Les Européens ont voulu accorder un délai à Moscou jusqu’au prochain sommet UE-Russie, prévu mi-novembre, avant d’envisager des mesures de rétorsion plus spectaculaires, tel que le gel des négociations en cours sur un partenariat renforcé. L’Union européenne et la Russie se retrouvent deux fois par an en sommet, le prochain est prévu le 14 novembre à Nice. Au cours de ce dernier, les Européens doivent mener une évaluation complète. En effet, les deux parties ont lancé, après moult polémiques intra-européennes, des négociations sur un accord de partenariat que le conflit géorgien pourrait remettre en question.

Les Européens ont entamé le 4 juillet des négociations en vue d’un partenariat stratégique avec Moscou qui vise à approfondir encore les relations entre les deux parties, sur les plans politique, économique et surtout énergétique. L’UE en attend notamment des garanties sur les approvisionnements en pétrole et gaz russes.

De son côté, la Russie a réaffirmé dimanche son rejet d’un monde « unipolaire » dominé par les Etats-Unis et campé sur ses positions dans la crise géorgienne. La Russie « ne peut pas accepter un système mondial où toutes les décisions sont prises par un seul pays, même aussi important que les Etats-Unis. Un tel monde est instable et porteur de menaces de conflits », a accusé le président russe Dmitri Medvedev. Tout en les jugeant « contreproductives et réservées aux cas extrêmes », le président russe n’a pas exclu que la Russie puisse avoir recours à des « sanctions » contre les pays qui lui sont hostiles.

Quant au premier ministre Vladimir Poutine, il a abordé un point sensible, en évoquant les exportations russes de pétrole et de gaz, dont l’Europe est très dépendante. « Nous n’avons pas l’intention de limiter quoi que ce soit. Nous allons strictement respecter nos obligations contractuelles, mais nous allons élargir et diversifier nos possibilités d’exportation de ce produit si nécessaire à l’économie mondiale », a-t-il assuré. Dans le passé, la Russie a fréquemment été accusée par ses voisins de se servir de l’arme énergétique pour imposer ses vues politiques, ce qu’elle dément.

Maha Salem

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