Al-Ahram Hebdo, Arts | Comédies inégales 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Cinéma . A l’heure du bilan des comédies estivales, on assiste à des coups d’éclat d’acteurs dans une drôlerie pesée et au déclin d’autres. 

Comédies inégales  

Dans l’option classique des films à sketches bien dirigés et enlevés, on voit arriver un nouvel espoir, Ahmad Mekki dans Dabbour d’Ahmad Al-Guindi. Son récent coup d’éclat a laissé des concurrents sur le tapis. Son talent basé sur une intensité décisive, mais encore mal formulée repose sur l’idée de repartir à zéro.

Dabbour, le personnage qu’il campe, est un jeune riche et raté, qui erre dans des moments et traîne entre discothèques, obsédé par les héros des films d’aventures. Il fait le fanfaron avant d’apprendre la nouvelle de l’arrestation de son père (Hassan Hosni), patron d’une usine de shampooings, pour le déficit d’un produit qui nuit aux consommateurs. Dabbour passe du décor rose bonbon et de la vie en parasite à la volonté de se sortir de cet état, selon une dynamique d’intégration un peu scolaire, à l’horizon du monde adulte. La fable, pôle traditionnel du burlesque, n’est pas à chercher dans le film qui évacue le drame, explorant chaque ligne du programme de sketches qui prévaut très largement sur l’efficacité du comique de situation. La fraîcheur de Mekki n’est pas à chercher ailleurs : gentillet, il s’illustre dans ces moments de burlesque, où il s’extirpe de sa chrysalide pour s’élever au rang d’adultes dans une comédie contemporaine. Il s’affirme ainsi comme un espoir prometteur qui enlève prestige et panache à son rival Mohamad Saad, rarement hilare, tour à tour anémique ou débraillé dans Puskas d’Ahmad Yousri.

Puskas (du nom d’un célèbre footballeur hongrois des années 1950-60) gravite autour d’un footballeur qu’incarne Mohamad Saad, qui essaye de décrocher des victoires incongrues. Le rythme est celui de l’exténuation et de l’épuisement : il fallait trouver la bonne vitesse, doser. Là aussi la mécanique cloisonnée de gags futiles l’emporte sur la fable et la recherche du discours moraliste. La comédie est un champ d’action très vaste : il y a d’abord son option la plus traditionnelle fondée sur le heurt entre des personnages différents joués par des acteurs connus. Or, le one man show est un genre où Mohamad Saad s’est beaucoup investi, depuis son succès foudroyant dans Al-Lembi de Waël Ihsane. Le seul contre tous est le procédé qu’il brode à partir d’actions banales et des personnages grotesques qu’il dote d’effets incongrus et d’aventures impensables, cultivant l’extrême dans l’utilisation des distorsions du geste et du langage. La situation du comédien dans ce cadre restreint le pouvoir comique et la portée de la trame de ses films. D’où l’échec cuisant qu’il accumule depuis Katkout et Karkar et enfin Puskas, ces dernières années. Il ferait mieux de reculer les extravagances du sur-jeu au profit du rapprochement du jeu insolite d’autres personnages mêlés à ses aventures.

Quant à Ahmad Helmi, il est actuellement en train d’instaurer un genre précis, la comédie grinçante, caustique avec des films perspicaces. il y a plus d’audace, selon moi, dans Assef ala al-izaag (désolé pour le dérangement). Une audace intérieure. Il incarne dans le film un ingénieur souffrant de l’agression de son entourage, mais pourtant engagé dans l’avenir à travers un projet d’inventer un carburant à coût modéré pour les avions. Il entretient un discours avec son père décédé, commentant les distorsions du présent, et le fardeau des difficultés qui affligent le pays. A un âge sans perspective, sans avenir et menacé d’amnésie, c’est dans l’ancien qu’il cherche manière à inventer. Très inégal, plus terre à terre, sa virtuosité se situe dans une poésie fondée sur l’alternance entre les lieux communs, les mouvements du passé et du présent. C’est de la pure commedia dell’ arte.

Aux yeux de certains critiques avertis, Adel Imam conserve toujours son vedettariat. Cependant, il est un peu en retrait par rapport au comique politique où il excelle. Difficile de maintenir la qualité, lorsqu’on joue dans une œuvre, Hassan et Morcos, fondée sur deux héros mêlés à des aventures interconfessionnelles. Imam devrait travailler avec plus d’audace l’enjeu de juguler tabous et mésententes entre adeptes de confessions différentes, érigés dans un décor et un combat conçus comme un ballet des mouvements et d’actions, où la maladresse et la pertinence servent au rire et à l’apprentissage de la tolérance de l’autre. A force de prendre de l’âge, on sent Imam moins agressif dans les comédies dotées d’un sens politique et social évident.

La saison estivale se clôt donc sur une grande inégalité de comédies, avec le déficit de notoriété des uns, face aux talents des autres qui s’affirment dans des audaces voyantes.

Amina Hassan

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.