Caire Islamique.
Incendies, vols, agressions, les monuments islamiques
restent la proie à de multiples dangers.
Des risques en tous genres
Dar
Al-Kotob (la bibliothèque nationale), Al-Mossaferkhana et le
Conseil consultatif seront-ils les derniers bâtiments d’une
grande importance historique à être détruits par un incendie
? Pour répondre à cette question, le ministère de la Culture
entame un grand projet pour le recensement des bâtiments
historiques en Egypte pour les assurer contre les incendies.
Cette décision est en fait une réaction à la suite du grand
incendie qui a ravagé dernièrement le bâtiment du Conseil
consultatif. « Le problème est que la plupart des bâtiments
historiques ne peuvent pas supporter le système
d’auto-alarme et d’auto-extinction contre les incendies. En
fait, ce système se base sur l’existence de grandes citernes
en haut de ces bâtiments qui travaillent automatiquement en
cas d’incendie. Le bâtiment du Conseil consultatif par
exemple n’aurait pu supporter de telles citernes », explique
Farouk Hosni, ministre égyptien de la Culture. Le ministère
cherche actuellement d’autres alternatives pour assurer les
bâtiments historiques comme l’existence de beaucoup
d’extincteurs d’incendie en plus de l’entraînement de 25 %
des cadres travaillant dans ces bâtiments sur leur
utilisation et leur initiation aux différentes étapes de la
défense civile pour pouvoir lutter contre les incendies dès
leur déclenchement. « On ne réagit de telle manière qu’à la
suite de chaque catastrophe pour contenir la rage de
l’opinion publique. Où était le ministère de la Culture
depuis l’incendie de Dar Al-Kotob ou même bien avant lors du
grand incendie qui a complètement démoli Al-Mossaferkhana »,
s’exclame Mokhtar Al-Kassabani, professeur d’archéologie à
l’Université du Caire.
« Le problème des monuments historiques, surtout islamiques,
ce sont les agressions dont ils souffrent de la part des
vendeurs de légumes et de fruits ou même de prêt-à-porter
qui ont transformé les façades de la plupart des bâtiments
islamiques en boutiques. C’est une agression double en
raison des probabilités d’incendie dans ces bâtiments
fabriqués en général en bois. Ces gens utilisent des
bouteilles de gaz dans leurs boutiques et peuvent ainsi
causer des catastrophes », explique Abdel-Halim Noureddine,
professeur d’archéologie à l’Université du Caire. Les choix
proposés par le ministre de la Culture pour assurer les
bâtiments historiques contre des incendies pourront mettre
fin à cette série de catastrophes irrémédiables qui risquent
de nous faire perdre des bâtiments d’une grande valeur
historique qui racontent une partie importante de l’histoire
de l’Egypte.
Dalia
Farouk