La stratégie prévisionnelle
Morsi Attalla
L’un
des plus importants changements que connaît notre époque est
l’apparition de cette nouvelle science des études
prévisionnelles. Il est digne de noter qu’aujourd’hui, cette
science est l’une des plus importantes enseignées dans les
grandes universités de par le monde entier et notamment dans
les pays avancés. Les preneurs de décision, semble-t-il,
doivent être parfaitement avertis et armés de cette science
à tous les niveaux de l’action nationale. Où en sommes-nous
de toute cette démarche ? Avons-nous au moins fait les
premiers pas ?
Je voudrais dire clairement que l’étude prévisionnelle doit
être une préoccupation majeure à tous les niveaux de
l’action nationale, éducative, productive et celle du
développement sur toute l’étendue du pays.
Pour pouvoir accomplir cet objectif, il faut d’abord une
solidarité à travers la convergence de tous les efforts
sérieux déployés dans toutes les institutions de l’action
nationale, tous secteurs confondus. Depuis, l’industrie,
l’agriculture, la recherche scientifique, en passant par
l’enseignement, pour finir avec la culture et autres. Il est
question de pouvoir faire face à toutes les éventualités et
pouvoir les traiter aux niveaux régional et international.
Je n’ai pas besoin de dire que seuls les pays développés
portent un regard anticipé sur l’avenir et s’imaginent les
scénarios probables pour ne pas être surpris par les
évolutions imprévisibles qui peuvent avoir lieu.
A mon avis, notre nation arabe est celle qui se trouve le
plus en besoin d’établir une stratégie prévisionnelle.
Surtout que c’est une région riche depuis des années en
événements et en évolutions. Le sol de la nation arabe a été
témoin ces dernières années de changements qui semblaient
impossibles dans le passé. Par conséquent, les Arabes
doivent disposer d’une grande capacité de réagir à toutes
les évolutions rapides. Nous devons impérativement aller
au-delà de la période actuelle.
Il est nécessaire que les efforts arabes s’accélèrent, que
ce soit dans chaque pays à titre indépendant ou dans le
cadre du système arabe commun à travers la Ligue arabe et
ses commissions spécialisées afin d’opérer une lecture
sincère, franche et scientifique des scénarios à venir
probables. Les Arabes doivent déterminer ensemble, et par
une volonté commune, quelle est la forme de coopération
économique qu’ils se doivent d’adopter. Comment coopérer
pour faire face aux dangers et risques encourus sur les
marchés monétaires ou bien ceux de l’énergie ? Quelle est la
nature des projets conjoints qui doivent avoir la priorité
de manière à récolter les rendements les plus rapides au
profit de l’agenda économique dans la plupart des pays
arabes ? Où en est-on du programme censé abolir les
barrières douanières, faciliter le transfert de la
main-d’œuvre et des fonds dans un climat sûr et sécurisé ?
Des questions qui ne doivent pas rester longtemps sans
réponses, si nous voulons que notre nation arabe se trouve
une place entre les nations et pour que l’Egypte récupère sa
réputation d’antan.
Soyons donc plus réalistes et commençons à façonner le
présent en ayant étudié à fond toutes les probabilités de
l’avenir.