L’utilité des commissions d’enquête
Salama
A. Salama
Les
egyptiens devront peut-être
croire les résultats des nombreuses commissions d’enquête
qui ont été formées au cours des semaines passées. Une
commission pour connaître les causes de l’incendie qui a
détruit le bâtiment du Conseil consultatif, une deuxième
pour comprendre les circonstances qui ont mené à l’échec de
la délégation sportive égyptienne aux Jeux olympiques de
Pékin, puis une troisième chargée de découvrir les causes
pour lesquelles la région de Doweiqa
a été laissée à la merci de l’effondrement d’un gros bloc de
pierre de la montagne de Moqattam
sans aucune procédure préventive.
Peut-être que ces commissions pourront-elles dévoiler les
défauts existant dans la performance égyptienne dont l’échec
s’est dévoilé à plusieurs occasions. Qu’il soit question
d’une catastrophe inattendue ou d’une compétition sportive
internationale où les capacités humaines entrent en
concurrence pour atteindre les plus hauts degrés d’exploit
et de succès. Ou autres causes de négligence et d’absence de
toute méthode scientifique dans notre vie.
Cependant, il semble que personne n’a pensé à former une
commission d’enquête pour connaître les causes de
l’effondrement social qui a mené à un état d’indifférence et
de détachement entre une large majorité de la société d’un
côté, et des accidents catastrophiques de l’autre. Ces
accidents causent des pertes matérielles et morales énormes,
affectent la société et touchent au prestige du régime comme
l’incendie du Conseil consultatif, les résultats humiliants
de la participation aux Jeux olympiques de Pékin ou les
tricheries collectives au cours des examens du baccalauréat.
Il est clair qu’en Egypte, les gens sont parvenus à une
équation juste dans leur relation avec l’Etat : Ils assument
avec soumission toutes les charges de survie, la hausse des
prix, le niveau médiocre de l’enseignement, et le régime et
son parti au pouvoir assument la responsabilité des
incendies, des catastrophes nationales, des défaites
politiques et l’échec général.
Du temps où le régime communiste existait en Union
soviétique, l’Etat et le parti au pouvoir étaient chargés de
nourrir les gens et d’assurer tous leurs besoins. En
contrepartie, les gens laissaient à la direction du parti et
au gouvernement la prise des décisions importantes et la
pratique de l’autorité politique. Ce régime garantissait au
moins 2 équations justes qui épargnent toute responsabilité
au peuple.
Mais en Egypte, c’est l’Etat qui prend toutes les décisions
et fait en même temps assumer aux gens les conséquences de
chaque échec. La responsabilité de l’incendie du Conseil
consultatif a été assumée par des directions politiques et
des services de défense civile qui n’ont pas fait attention
à la nécessité de l’existence des garanties de sécurité
nationale. Et les résultats décevants des Jeux olympiques
sont la conséquence d’un système sportif corrompu où manque
le sérieux. Quant à la catastrophe de Doweiqa, ses causes
n’ont pas besoin d’être explicitées.
Nous avons réellement besoin d’engager des enquêtes pour
comprendre les raisons entraînant cet état de détachement
entre l’Etat et le peuple. Et également les raisons de
l’indifférence et de l’apathie qui ont envenimé la vie
politique et sociale en Egypte. Mais est-ce que les
commissions d’enquête en Egypte ont jamais été utiles ?