Diplomatie.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères,
Miguel Angel Moratinos, a
effectué cette semaine une visite de deux jours au Caire. Il
s’est entretenu avec le président Hosni Moubarak et avec son
homologue égyptien, Ahmad Aboul-Gheit, sur plusieurs
dossiers. Interview.
« Barcelone est la mieux placée pour accueillir le siège de
l’UPM »
Al-Ahram
Hebdo : Vous êtes actuellement au Caire pour des entretiens
avec le président Moubarak et votre homologue égyptien Ahmad
Aboul-Gheit, pouvez-vous nous parler de la teneur de vos
entretiens ?
Miguel Angel Moratinos :
L’Egypte, comme vous le savez, assume actuellement et
pendant deux ans la présidence (du côté arabe) du Processus
de Barcelone : Union Pour la Méditerranée (UPM). C’est dans
cet esprit que j’ai tenu à présenter au président Moubarak
et au ministre Aboul-Gheit la candidature espagnole pour que
Barcelone devienne le siège du secrétariat du Processus de
Barcelone : l’UPM. Je sais qu’il y a d’autres candidatures
présentées, mais j’ai voulu surtout rassurer nos amis
égyptiens en leur disant que l’Espagne veut atteindre un
consensus pour que la candidature de Barcelone ne soit pas
prise comme dirigée contre d’autres pays candidats. Notre
candidature a une légitimité politique, historique et
géographique et nous considérons que c’est la ville la mieux
placée pour accueillir, dans un esprit de partenariat entre
le Nord et le Sud, le siège de ce qui va être l’UPM. Et nous
travaillerons avec toutes les parties arabes pour parvenir à
un consensus sur cette question.
— Comment évaluez-vous l’état actuel des relations
égypto-espagnoles ?
— Nos relations bilatérales sont excellentes, notamment
depuis la dernière visite d’Etat, en Egypte de leurs
Majestés, le roi et la reine d’Espagne en février dernier.
Elle a été marquée par la signature d’un traité d’amitié et
de coopération entre les deux pays, ce qui doit porter leurs
relations à un niveau supplémentaire. La coopération
économique et financière est très bonne, les investissements
espagnols en Egypte ont augmenté, les échanges commerciaux
aussi et les contacts entre les différents ministères sont
de plus en plus importants.
— Le président Zapatero qui en est à la cinquième année à la
tête du gouvernement n’a pas encore visité l’Egypte
...
— Nous avons également discuté de cela, parce qu’en effet,
nous sommes en train de préparer cette visite et le voyage
que je fais en Egypte vise en partie à préparer cet
événement. Nous avons encore le temps ...
— Lors du sommet de juillet à Paris, il a été question d’une
coopération entre l’Egypte et l’Espagne dans le domaine de
l’alimentation. De quoi s’agit-il exactement ?
— Le président Zapatero a proposé, et nous avons discuté de
cela avec nos amis égyptiens, que dans le cadre du Processus
de Barcelone : l’UPM, l’Egypte et l’Espagne prennent des
initiatives visant à garantir ce qu’on appelle la « sécurité
alimentaire en Méditerranée ». Ce qui signifie concrètement
aider les pays qui ont une vocation, une expérience agricole
et des capacités importantes de production alimentaire à
établir un certain mécanisme pour contribuer à ladite
sécurité alimentaire dans les pays de la Méditerranée. Et
nous allons travailler au cours des prochains mois pour
mettre en application cette décision politique.
— Qu’en est-il de l’initiative de l’Alliance des
civilisations, lancée par l’Espagne et adoptée par les
Nations-Unies ?
— Nous aurons lors de l’Assemblée générale à New York
l’occasion de réunir à nouveau le groupe des amis de
l’Alliance des civilisations, formé par les 80 pays qui ont
adhéré à l’initiative. Aussi, lors de ma dernière rencontre,
il y a deux jours à Madrid, avec le Haut Représentant des
Nations-Unies pour l’Alliance des civilisations, le
président Sampaio, nous avons évoqué le suivi et
l’application de cette initiative. L’Espagne a adopté un
plan national de l’Alliance des civilisations et nous
aimerions que tous les pays puissent en faire de même. On
aimerait aussi inscrire l’Alliance des civilisations comme
étant l’un des piliers des Nations-Unies avec les droits de
l’homme et l’aide au développement. Parce qu’il nous manque
effectivement ce pilier sociopolitique pour les cultures et
les civilisations. Et c’est dans ce contexte que nous allons
travailler pour installer l’Alliance des civilisations au
sein des Nations-Unies.
Propos recueillis par
Randa
Achmawi