Circulation.
Une association pour la sécurité routière tente de
sensibiliser automobilistes et piétons et de sécuriser rues
et autoroutes. Présentation.
Une question d’éthique
Il
ne faut pas s’étonner si un jour en passant dans une des
rues de la banlieue résidentielle de Maadi, l’on voit
quelques enfants entre 6 et 15 ans, portant des gilets
jaunes et accompagnés d’un agent de la circulation, arrêter
votre véhicule et vous tendre un petit document marqué d’un
signe routier. Ce sont des volontaires de l’Association
égyptienne pour la sécurité routière. Il s’agit uniquement
de l’une des activités lancées par ce groupe, fondé en 2004
suite à un colloque organisé par Mme Suzanne Moubarak sur
les accidents de la route et durant lequel elle a proposé de
créer une telle association qui aurait pour but de
sensibiliser les citoyens aux règles et à l’éthique de la
circulation. C’est alors qu’un groupe d’intellectuels et
d’hommes d’affaires égyptiens ont décidé de se joindre à cet
effort et de créer cette association à travers la quelle ils
tentent de trouver des solutions pour réduire le nombre
d’accidents. Comme l’explique Abdel-Aziz Al-Eguizi, membre
du conseil d’administration de l’association, c’est un
accident précisément qui a été l’élément qui a déclenché
cette volonté impérative de créer ce groupe. Lorsque, il y a
quatre ans, une voiture qui roulait à tombeau ouvert, c’est
le cas de le dire, a fauché des élèves qui sortaient d’une
école de Maadi provoquant la mort d’une jeune fille de 16
ans.
Furieux, un groupe de personnes a donc décidé de faire face
à ces catastrophes et de tenter de réduire le nombre
d’accidents. Chose dite, chose faite. Tout de suite après,
le projet de l’association a été mis sur pied.
Les membres sont tous des habitants de Maadi, des
intellectuels et des hommes d’affaires à l’exemple de
l’ingénieur Marwane Hammad, qui préside l’association,
Hussein Al-Charqawi, Hicham Mekkawi, Leïla Badawi, Farida
Abdel-Wakil, ainsi que d’autres personnalités. « Un homme
d’affaires ne gagne absolument rien de sa participation à
cette association. Nous croyons en notre mission et nous
voulons réaliser quelque chose de positif », affirme Al-Eguizi.
Pour lui, la circulation consiste dans le fond sur la
présence de trois facteurs fondamentaux, à savoir la
planification, qui doit être faite selon les critères
mondiaux qu’il s’agisse de l’état des routes ou de
l’asphalte ou des signaux routiers. Le deuxième facteur est
l’éducation et l’entraînement. Il faut que tout conducteur
et même tout piéton sache très bien comment respecter le
code de la route dans un esprit de courtoisie. Et enfin le
dernier facteur est celui de l’application. Il faut inciter
les gens à une application correcte des règles et cela en
imposant des sanctions en cas de non-respect.
En effet, comme le précisent les membres de l’association,
leur but principal est de protéger le citoyen égyptien des
dangers et des accidents de la route. Et cela en
sensibilisant les conducteurs ainsi que les piétons et en
les guidant à la bonne manière et à la bonne conduite dans
la rue. L’association s’intéresse aussi à entraîner les
citoyens aux moyens de réagir en cas d’accident et aux
moyens de présenter les premiers secours, de transporter les
blessés et de communiquer pour alerter les services
compétents. Pour Al-Eguizi, on n’avait pas besoin d’une
nouvelle loi sur la circulation car l’ancienne n’était pas
appliquée. Il fallait donc plutôt faire pression pour une
application effective de la loi, ainsi que pour une révision
de l’état des routes, des signaux routiers et des passages
pour piétons. Il faut aussi revoir les permis de conduire de
temps à autre et faire des campagnes publicitaires de prise
de conscience.
Une association active
Les activités de l’association sont donc nombreuses et
comptent principalement sur les donations qui peuvent
atteindre les 100 et 150 mille L.E. par an. Ces sommes sont
surtout utilisées pour créer de petits projets.
Effectivement, l’association a voulu créer un tunnel pour
piétons sous la corniche de Maadi. Cet endroit souffre d’un
manque de passages pour piétons alors qu’il est très
fréquenté à cause de la présence d’une embarcation, qui fait
la navette entre les deux rives du Nil. Mais un obstacle
technique est venu interrompre le projet à cause de la
présence d’un grand nombre d’immeubles sur le côté est de la
corniche.
L’idée a tout de suite été remplacée par une autre. Au lieu
de creuser un tunnel, l’association a décidé de construire
un pont au même endroit et qui sera muni d’un ascenseur de
chaque côté. « Nous avons un projet précis pour le pont et
tous les plans sont terminés. Nous avons même veillé à ce
qu’il ait une belle structure, car cela sera un ajout à
l’architecture de Maadi », lance Al-Eguizi.
De plus, les élèves jouent aussi un rôle fondamental dans la
diffusion du message. Depuis six mois, l’association a
commencé à mener des campagnes pour les signaux routiers en
coopération avec le ministère de l’Intérieur. Commençant
avec le signal Stop, l’association a accroché à peu près 120
de ceux-ci dans la plupart des quartiers de Maadi. Ensuite,
des jeunes accompagnés d’un agent de circulation s’occupent
à distribuer aux conducteurs un petit document comportant
des informations sur l’association et sur l’importance du
respect du signal d’arrêt obligatoire. C’est une manière de
pousser les conducteurs à l’application réelle du code de la
route. Les projets de l’association ne se limitent pas à
Maadi. Mais bien plus loin. Suite à l’appel d’une
association d’étudiants de l’AUC, elle a décidé aussi de
commencer à travailler en coopération afin d’essayer de
sécuriser la route périphérique en y installant des passages
pour piétons à spécification internationale.
Il s’agit d’une première phase des projets de cette
association, mais ce qui est sûr c’est qu’elle essaye d’être
efficace dans son domaine. Cela prendra peut-être du temps
mais ce qui est sûr c’est que les résultats positifs ne
tarderont pas à se manifester.
Chaïmaa Abdel-Hamid