Exposition.
Via des « Visions contemporaines », des artistes de
générations différentes engagent à la galerie Al-Massar un
dialogue autour du rapport homme-femme et de la vie au
quotidien.
L’ampleur de l’humain
Dès
l’entrée à la première salle de la galerie Al-Massar, on est
attiré par un grand tableau signé Mohamad Abla, une petite
sculpture en bronze de Essam Darwich et une statue d’Adam
Henein. La disposition de leurs œuvres dans cette salle
n’est pas fortuite. Elle traduit un dialogue, une entente et
une harmonie.
En fait, la galerie Al-Massar nous propose un voyage
panoramique dans l’univers de l’art contemporain à travers
sa deuxième exposition « Visions contemporaines », dédiée
aux artistes de la troisième génération. Ceux des années
soixante comme Adam Henein et Mounir Canaan.
Ainsi, les œuvres de pionniers dialoguent-elles avec leurs
successeurs, leurs disciples et les nouveaux talents.
Les détails de la vie quotidienne s’avèrent le thème
principal de la plupart des œuvres exposées.
L’artiste Mohamad Abla peint un jeune à vélo, un piéton, un
enfant en train de jouer, des femmes qui parlent ... Les
détails qu’il dessine emplissent la toile en couleurs. Une
autre peinture traduit sous la forme de cadres
rectangulaires les actes et les émotions de l’être humain :
un portrait souriant, un corps ayant la tête d’un animal,
etc.
Soucieux aussi par les détails de la vie quotidienne, Khaled
Hafez, dans une tendance abstraite, mêle l’Egyptien
contemporain au pharaonique, le rural au moderne. Il
esquisse une vache et des bustes pharaoniques associés aux
corps d’un homme et d’une femme. Il reprend le symbole de
Batman, et celui de la femme séduisante dans Bats and Cats.
La vie de l’être humain au passé est donc associée à celle
du présent. Pour ce faire, Hafez jongle avec les différents
styles. Il associe alors la peinture au collage et à la
photographie, créant un tableau d’art conceptuel.
D’autres œuvres focalisent plutôt sur l’aspect physique et
émotionnel de l’homme. L’art du portrait chez Adel Al-Siwi
en témoigne. A travers ses différentes peintures, le visage
paraît tantôt souriant, tantôt triste et parfois, il se
contente d’une silhouette sombre. Les collages de Mounir
Canaan se joignent à ces portraits. Canaan s’intéresse au
côté physique. A travers ses cartons, colorés et collés les
uns sur les autres, on retrouve le portrait d’une femme en
noir et blanc. Sur un autre tableau, les morceaux de cartons
encadrent des seins féminins. La sensualité est à son
paroxysme. En fait, la sculpture de Essam Darwich reprend
aussi cet aspect sensuel et physique de la femme. Il s’agit
de trois pièces placées l’une derrière l’autre, avec des
rondeurs et des courbes moulées dans du bronze.
Le rapport entre homme et femme est privilégié par d’aucuns.
Contradiction et complémentarité sont de mise. La sculpture
du jeune Hani Fayçal le révèle à merveille. Deux pièces
cylindriques posées verticalement sont en contraste. L’une
en marbre noir, l’autre en marbre blanc. Les rondeurs
sculptées font allusion au corps humain. C’est l’homme et la
femme, Adam et Eve, le Yin et le Yang.
Une toile signée Gihane Solimane dialogue avec cette
dernière sculpture. Elle traduit aussi un rapport
contradictoire entre deux corps. Une femme est entièrement
couverte par tunique et voile. Elle porte une jarre sur la
tête. Le corps de l’homme est aussi couvert entièrement par
une tunique. Il est plutôt enchaîné. Solimane évoque une
scène de la vie actuelle où les femmes assument leurs
responsabilités, en l’absence des hommes.
Le
dialogue continue ainsi.
May
Sélim