Athlétisme . Le Kenya ne
cesse d’offrir de nouvelles figures qui entrent dans l’athlétisme en force. Ce
pays s’affiche désormais comme la nouvelle force de l’athlétisme.
La percée kényane
Achaque
compétition, le Kenya, ce pays du continent africain, paraît comme une des plus
grandes forces de la discipline non seulement lors de la Golden League mais
surtout lors des plus grandes compétitions. Aux derniers Jeux olympiques de
Pékin, le Kenya a joué un grand rôle dans la bonne performance africaine. Le
continent noir, qui a obtenu 40 médailles, a fait mieux que les deux
précédentes éditions des Jeux d’été, puisque son bilan final à Sydney (2000) et
à Athènes (2004) s’élevait à 35 médailles. Cette année, 12 récompenses sont en
or, 14 en argent et 14 en bronze. Un succès dû en grande partie aux
performances des sportifs en athlétisme, la discipline de prédilection des
athlètes africains, qui leur permet de remporter 28 médailles, dont 10 en or. Les
athlètes kényans ont largement contribué au succès africain, en se classant à
la 15e place du classement, toutes nations confondues. Une remontée fulgurante
pour ce pays qui n’était qu’en 41e position en 2004. Il totalise 14
récompenses, dont 5 en or, 5 en argent et 4 en bronze, ce qui constitue le
meilleur total de son histoire olympique.
En
effet, aux JO, les Kényans ont confirmé leur suprématie réalisée aux derniers
Mondiaux. En 2007, pour la première fois dans l’histoire des Championnats du
monde, un pays africain se trouve à la 2e place au tableau final des médailles
d’une édition des Mondiaux, qui se sont déroulés du 25 août au 2 septembre à
Osaka. Derrière les Etats-Unis, qui occupent comme toujours la première place
avec 26 médailles dont 14 d’or, vient donc le Kenya avec 13 médailles (5 d’or,
3 d’argent et 5 de bronze). En terminant à la 2e place, les Kényans ont réalisé
un exploit non seulement pour leur pays, mais aussi pour tout le continent
africain.
Ainsi,
le Kenya a-t-il réalisé ces excellents résultats sur la scène internationale
grâce à un mélange d’athlètes expérimentés et jeunes. Des expérimentés tels
Catherine Ndereba, 35 ans, championne du monde en marathon, Janeth Jepkosgei,
championne du monde du 800 m et Brimin Kipruto, champion olympique du 3 000 m
steeple. Auprès d’eux, il existe une nouvelle génération très douée comme la
championne olympique du 800 m Pamela Jelimo, le champion du monde du 800 m
Alfred Yego, 20 ans, et le champion du monde du marathon, Luke Kibet.
Presque
tous ces athlètes kényans vivent au hameau kényan d’Iten, lieu de pèlerinage
pour les athlètes en quête de résultats dans la vallée du Rift. Ce site, à un
jour et demi de route de la capitale Nairobi, doit son attrait au succès
grandissant des coureurs kényans. Ils comptent parmi les meilleurs en
athlétisme sur piste, ils excellent en course sur route et ils dominent à
l’échelle mondiale dans les marathons. L’explication de ce miracle kényan
réside toujours dans un seul et même facteur : l’avantage génétique dont
bénéficieraient ces coureurs qui ont une morphologie légère et un corps sec. A
Iten, l’altitude étant idéale à 2 300 m, il ne fait donc pas trop chaud pour
s’entraîner, mais aussi pas froid comme un peu plus haut. La rareté de l’air à
2 300 mètres a en outre l’avantage que le corps fabrique plus de globules
rouges, ce qui permet aux athlètes qui descendent ensuite au niveau de la mer
d’absorber plus d’oxygène et de courir plus vite. Bref, le niveau des Kényans
ne cesse d’évoluer, offrant aux jeunes de toutes nouvelles possibilités
d’améliorer leur sort .
Doaa Badr
La récidive de Jelimo
La Kényane Pamela Jelimo a décroché le jackpot d’un million de dollars de la Golden League après son succès dans le 800 mètres, au Mémorial Van Damme, à Bruxelles.
A 18 ans, la jeune Kényane Pamela Jelimo, championne olympique à Pékin, s’est vue octroyer la somme d’un million de dollars promise au vainqueur de la Golden League après sa victoire dans le 800 m de la 32e édition du Mémorial Van Damme, 6e et dernière étape de la Golden League, vendredi au stade du roi Baudouin, à Bruxelles. Lors de ce dernier des six meetings de la Golden League, la Croate Blanka Vlasic a en revanche manqué l’occasion de partager le magot avec Jelimo, en terminant à la deuxième place du concours du saut en hauteur remporté par l’Allemande Ariane Friedrich. Vlasic a tout de même terminé devant la championne olympique Tia Hellebaut, qui évoluait devant son public, mais son échec a permis à Jelimo d’être la seule athlète, hommes et femmes confondus, à s’imposer dans les six meetings, condition nécessaire à l’octroi du million de dollars.
Jelimo s’était imposée dans le 800 m en 1:55.16, à moins de deux secondes de l’inaccessible record du monde de la Tchèque Jarmila Kratochvilova (1:53.28), qui tient depuis 1983. Jelimo s’est approprié le record du Mémorial, et a devancé sa compatriote Janeth Jepkosgei (1:58.85) et la Jamaïcaine Kenia Sinclar (1:59.11). « Je suis très heureuse, j’ai réalisé mon rêve. Aujourd’hui, j’ai les mêmes sentiments de joie que j’ai eus lors de ma victoire aux Jeux olympiques de Pékin », a déclaré la jeune Kényane.
Un autre exploit que Jelimo ajoute à son titre olympique obtenu le mois dernier lors des Jeux olympiques de Pékin où elle a été une des révélations. A Pékin, elle a filé seule vers l’or et vers un nouveau chrono ahurissant (1’54’’87, nouveau record du monde juniors). Un record qui lui a permis d’être la sixième femme la plus rapide de l’histoire du 800 m. « Quand je regarde le chrono, 1’54’’, c’est vraiment rapide, surtout pour quelqu’un de 18 ans. Je suis sûre qu’elle battra le record du monde », a déclaré la Mozambicaine Maria Mutola, ex-reine de la distance et cinquième à Pékin, à 35 ans.
Il y a quatre mois, Pamela Jelimo n’avait encore jamais couru le 800 m. Jusqu’à récemment, elle était spécialiste du 400 m (championne d’Afrique juniors en 2007) et se piquait, parfois, de courir le 200 m (record national juniors du 200 m en 24’’68). Cet hiver, elle s’est essayée au 800. « Mon entraîneur a décidé de me faire passer au 800 m pour que j’exploite au mieux mon potentiel », déclarait-elle début juin. Pour une de ses premières sorties sur sa nouvelle distance, aux Championnats d’Afrique le 4 mai à Addis-Abeba, Jelimo a gagné, devançant Maria Mutola, triple championne du monde du 800 mètres. Lors de sa première sortie en Europe, à Hengelo, aux Pays-Bas, la jeune fille a explosé de plus d’une seconde le record du monde juniors (1’55’’76). Une marque qu’elle améliore encore une semaine plus tard à Berlin (1’54’’99), où elle n’a été engagée que le matin de la course. Jelimo a couru depuis le début de l’année six 800 m en moins de 1’56. Jamais aucune athlète n’a réalisé cela. Jelimo a affirmé qu’elle avait pour objectif de battre l’increvable (1983) record du monde de la Tchèque Jarmila Kratochvilova.
Cette Kényane de 18 ans, au corps longiligne et sans rondeurs, est la révélation de la saison. Selon son agent, le Belge Marc Corstjens, elle a été élevée par sa mère, avec ses quatre sœurs et ses deux frères, dans des conditions précaires. « La première fois que Pamela a gagné de l’argent, sa réaction a été de demander qu’on l’envoie à sa mère pour payer les frais de scolarité de ses frères et sœurs », assure Corstjens. La coureuse a grandi à Kapsabet, dans la vallée du Rift, et s’est mise à l’athlétisme à l’âge de 13 ans. « Quand j’étais au collège, les professeurs ont trouvé que j’avais des qualités, a-t-elle déclaré. C’est comme cela que j’ai commencé à faire de la compétition ».
A 18 ans, la Kényane ne connaît pas la fatigue .
D. B.