Un procès-verbalsauvé de
l’incendie
Mohamed Salmawy
Les crimes des grands
Salama A. Salama
Le respect de l’ordre public
Morsi Attalla
Jérusalem, et le jour J
d’Israël !
Ahmad Y. Al-Qarei
Spécialiste des questions de
Jérusalem
Edito
Edito
Contrepoids
Inquiètes de l’influence grandissante de l’Iran dans la région, les six
monarchies arabes du Golfe se tournent vers d’autres puissances régionales pour
faire contrepoids à Téhéran. C’est le sens de l’accord signé le 2 septembre
entre le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et la Turquie pour renforcer
leur coopération dans les domaines politique, militaire et économique.
La signature du mémorandum d’accord — qualifié de partenariat stratégique
par cheikh Hamad Al Thani, chef de la diplomatie du
Qatar, qui préside actuellement le CCG — a eu lieu en marge d’une réunion
ordinaire des ministres des Affaires étrangères du CCG (Arabie saoudite,
Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Oman), à Djeddah, dans l’ouest du
royaume saoudien, en présence du chef de la diplomatie turque Ali Babacan.
Une bonne partie de la rencontre a été consacrée à l’ouverture par l’Iran
de deux bureaux administratifs sur l’île d’Abou-Moussa, dans le Golfe,
considérée par les Emirats arabes unis comme une violation d’un accord sur une
administration conjointe de ce territoire. La démarche iranienne alimente un
différend vieux de plusieurs décennies. L’Iran a pris en 1971 le contrôle
d’Abou-Moussa et des îlots de la grande et petite Tomb,
près du détroit d’Ormuz, après le départ des forces britanniques du Golfe et a
toujours rejeté les prétentions des Emirats sur ces territoires. Abou-Moussa
est une île de 12 km2 à peu près à égale distance de l’Iran et des Emirats. Sa
position stratégique et ses réserves supposées de pétrole en font un enjeu
important. Abou-Dhabi reproche à Téhéran d’avoir
remis en cause en 1992 le statu quo qui prévalait jusqu’alors, en renforçant sa
présence militaire sur l’île.
Outre ce différend, les monarchies sunnites arabes du Golfe s’inquiètent,
même si elles ne le disent pas publiquement, des ambitions de Téhéran d’exercer
son hégémonie dans la région. Elles citent à cet égard l’influence croissante
en Iraq et au Liban de l’Iran chiite, qui cherche à s’imposer comme une
puissance régionale. Engagés dans un bras de fer avec l’Occident autour de son
programme nucléaire controversé, les pays du CCG craignent également les
ambitions nucléair
es de l’Iran, qui refuse de suspendre son programme d’enrichissement de
l’uranium. Ils demandent à Téhéran de donner des assurances sur le caractère
pacifique de son programme nucléaire et redoutent d’être affectés ou entraînés
dans une éventuelle confrontation militaire entre les Etats-Unis et l’Iran.