Le respect de l’ordre public
Morsi Attalla
Pour
entrer en concurrence sur les marchés mondiaux, il s’avère
indispensable de mettre au jour les graves défauts qui
sévissent dans l’administration étatique et de leur trouver
des solutions radicales.
L’une des plus importantes raisons de la déficience de notre
administration est la mauvaise répartition des ressources.
C’est ainsi que l’on trouve dans certains appareils un
énorme surplus de ressources humaines. Par contre, on trouve
un manque évident d’employés dans d’autres appareils, qui
auraient besoin du double de personnel pour servir le
public.
Cette réalité accablante est la conséquence naturelle des
accumulations de dizaines d’années au cours desquelles la
routine et la bureaucratie se sont répandues dans tout le
corps administratif de l’Etat. De nombreux facteurs ont
contribué à cette expansion, dont la faiblesse des
rémunérations par rapport au secteur privé. Mais ce n’est
pas là toute la vérité.
Nous devons reconnaître que les systèmes et les statuts en
vigueur dans les appareils de l’Etat sont désuets et ne
prennent pas en considération les droits du public et son
bien-être. De plus, ces systèmes et statuts désuets sont
appliqués par des personnes qui n’ont acquis aucune
formation de relation avec le public. Aucune d’elles n’a
cherché à occuper leur poste par conviction, ni n’a acquis
de l’expérience. Le plus important pour elles est de
conserver les documents et de recueillir les signatures qui
les acquittent de toute responsabilité.
Ceci signifie qu’il nous faut une action réelle et
courageuse qui restitue à l’appareil d’Etat son prestige et
qui respecte et préserve la dignité du public. Cela implique
la révision et la simplification de tous les systèmes et
statuts sans pour autant porter atteinte au bon déroulement
des procédures et sans créer un vide. Cela en adoptant des
procédés scientifiques modernes dans la préservation des
documents et l’émission des permis et autres autorisations.
Pour cela, il est indispensable d’introduire les nouvelles
technologies informatiques.
Les défis de notre ère nous obligent à nous empresser de
moderniser l’administration, surtout que nous avons parcouru
un long chemin sur la voie de la construction des
infrastructures et du renouvellement des institutions et des
unités de production.
Le rêve du développement productif global ne peut se
réaliser en l’absence d’un développement administratif
moderne.
De nombreux pays ont réalisé un certain développement sur
cette voie, en conséquence du respect de l’ordre général.
Dans ce contexte, nous devons comprendre que respecter
l’ordre général et convaincre les gens à le respecter avant
de les obliger à l’appliquer est une question
d’administration. L’administration ne signifie pas seulement
la récompense et la sanction. C’est une science, un art et
un talent surtout lorsque ces pratiques administratives sont
liées aux comportements du public et à ses intérêts directs.
Dans la rue égyptienne, il s’avère clairement que l’absence
d’ordre général est derrière toutes les négligences, les
déficiences et les indifférences. De plus, on ne peut croire
que le chaos qui sévit dans la rue égyptienne est uniquement
la conséquence de la croissance démographique. La principale
raison de ce chaos est le non-respect de l’ordre général, du
code de la route ...
Ceci signifie que le nouveau code de la route, quelle que
soit sa sévérité, restera lettre morte si son mode
d’exécution n’est pas clair et si les personnes qui en sont
chargées ne montrent pas l’exemple de son respect.
Nous devons réaliser que la clé de notre ère est la bonne
gestion. Dans l’ère de développement technologique que nous
vivons, il ne peut y avoir de compétitivité qu’à travers une
bonne gestion. Quand le niveau de l’organisation
administrative s’améliore dans une société, cela se reflète
sur l’ensemble des activités publiques. Les fondements de la
gestion est l’ordre, car l’ordre signifie que chaque
personne respecte dans ses comportements et ses devoirs des
règles claires et des principes évidents, où il n’y a pas de
place pour les exceptions, le chaos et l’indifférence.