Les crimes des grands
Salama
A. Salama
La
nouvelle annonçant que l’homme d’affaires Hicham
Taalat Moustapha a été déféré à
la cour d’assise n’a pas surpris de nombreuses personnes. De
plus, cette nouvelle n’a pas choqué l’opinion publique. Bien
au contraire, puisque avant la promulgation de
l’interdiction de publication, les journaux avaient déjà
publié des informations sûres et de nombreux détails autour
de cette affaire. Et, étant donné que l’interdiction de
publication n’est pas appliquée aux journaux et aux médias
étrangers, les détails de l’affaire se sont répandus
partout.
Il n’est pas question d’aborder ici l’affaire même, les
personnes qui y sont impliquées selon les investigations.
Effectivement, cette responsabilité est du ressort des
autorités judiciaires et je pense que l’intervention des
médias ne fera que rendre l’affaire encore plus confuse.
Nombreux sont ceux qui craignaient des tentatives de cacher
la vérité dans le but de sauver l’homme d’affaires, afin de
sauvegarder un intérêt économique et financier déterminé.
Or, ceci n’a pas eu lieu, peut-être parce que le crime a été
commis dans un autre pays. Alors, il a été difficile pour
les autorités en Egypte de cacher les preuves du crime
découvertes par les autorités de Doubaï.
Ce qui nous intéresse, c’est de noter certaines remarques
qui méritent une profonde contemplation, et qui imposent aux
responsables dans la vie politique, économique et médiatique
ou de tenter de faire face aux répercussions de tels
phénomènes, ou de renoncer à leurs postes !
Premièrement : Il est devenu courant de voir des hommes
d’affaires importants, qui jouissent d’une immunité
politique et parlementaire, ou qui occupent des postes de
direction au parti au pouvoir, impliqués dans des crimes ou
des infractions graves.
Personne n’a encore oublié l’affaire du naufrage du ferry
Al-Salam dans laquelle a été accusé un autre député au
Conseil consultatif qui a pu fuir le pays.
Et voilà qu’aujourd’hui, le secrétaire de la Commission
économique au Conseil consultatif est impliqué dans
l’assassinat d’une chanteuse libanaise. Là, tout le monde,
et surtout les directions au pouvoir, doivent s’interroger
autour de la signification d’un événement pareil.
Deuxièmement : Il n’est plus seulement question du danger
que constitue le mariage du pouvoir et de l’argent. Mais le
phénomène le plus inquiétant au niveau économique et social,
c’est la multiplication incroyable des richesses de certains
hommes d’affaires en un temps record. Ce qui engendre des
comportements caractérisés par la négligence et l’intérêt
accordé aux plaisirs charnels. Et chez les Egyptiens riches,
le plus beau de ces plaisirs est d’épouser des chanteuses et
des actrices. Par conséquent, de nombreux Egyptiens ont
oublié l’importance des dimensions sociales pour ne
s’intéresser qu’à l’argent, au pouvoir et aux relations
féminines.
Troisièmement : L’histoire est encore à son début et il
semble que de nombreux secrets n’ont pas encore été
dévoilés. Est-ce une histoire d’amour et de vengeance ou
bien l’histoire d’une fille aventureuse qui a perdu sa vie
en jouant avec les grands ?
Tout ceci alimente l’imagination d’une société où les crimes
commencent à ressembler à ceux de la mafia .