Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, Les crimes des grands
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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Opinion

Les crimes des grands

Salama A. Salama

La nouvelle annonçant que l’homme d’affaires Hicham Taalat Moustapha a été déféré à la cour d’assise n’a pas surpris de nombreuses personnes. De plus, cette nouvelle n’a pas choqué l’opinion publique. Bien au contraire, puisque avant la promulgation de l’interdiction de publication, les journaux avaient déjà publié des informations sûres et de nombreux détails autour de cette affaire. Et, étant donné que l’interdiction de publication n’est pas appliquée aux journaux et aux médias étrangers, les détails de l’affaire se sont répandus partout.

Il n’est pas question d’aborder ici l’affaire même, les personnes qui y sont impliquées selon les investigations. Effectivement, cette responsabilité est du ressort des autorités judiciaires et je pense que l’intervention des médias ne fera que rendre l’affaire encore plus confuse.

Nombreux sont ceux qui craignaient des tentatives de cacher la vérité dans le but de sauver l’homme d’affaires, afin de sauvegarder un intérêt économique et financier déterminé. Or, ceci n’a pas eu lieu, peut-être parce que le crime a été commis dans un autre pays. Alors, il a été difficile pour les autorités en Egypte de cacher les preuves du crime découvertes par les autorités de Doubaï.

Ce qui nous intéresse, c’est de noter certaines remarques qui méritent une profonde contemplation, et qui imposent aux responsables dans la vie politique, économique et médiatique ou de tenter de faire face aux répercussions de tels phénomènes, ou de renoncer à leurs postes !

Premièrement : Il est devenu courant de voir des hommes d’affaires importants, qui jouissent d’une immunité politique et parlementaire, ou qui occupent des postes de direction au parti au pouvoir, impliqués dans des crimes ou des infractions graves.

Personne n’a encore oublié l’affaire du naufrage du ferry Al-Salam dans laquelle a été accusé un autre député au Conseil consultatif qui a pu fuir le pays.

Et voilà qu’aujourd’hui, le secrétaire de la Commission économique au Conseil consultatif est impliqué dans l’assassinat d’une chanteuse libanaise. Là, tout le monde, et surtout les directions au pouvoir, doivent s’interroger autour de la signification d’un événement pareil.

Deuxièmement : Il n’est plus seulement question du danger que constitue le mariage du pouvoir et de l’argent. Mais le phénomène le plus inquiétant au niveau économique et social, c’est la multiplication incroyable des richesses de certains hommes d’affaires en un temps record. Ce qui engendre des comportements caractérisés par la négligence et l’intérêt accordé aux plaisirs charnels. Et chez les Egyptiens riches, le plus beau de ces plaisirs est d’épouser des chanteuses et des actrices. Par conséquent, de nombreux Egyptiens ont oublié l’importance des dimensions sociales pour ne s’intéresser qu’à l’argent, au pouvoir et aux relations féminines.

Troisièmement : L’histoire est encore à son début et il semble que de nombreux secrets n’ont pas encore été dévoilés. Est-ce une histoire d’amour et de vengeance ou bien l’histoire d’une fille aventureuse qui a perdu sa vie en jouant avec les grands ?

Tout ceci alimente l’imagination d’une société où les crimes commencent à ressembler à ceux de la mafia .

 

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