Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Ahmad Y. Al-Qarei
Spécialiste des questions de Jérusalem
 


Edito

Contrepoids

Inquiètes de l’influence grandissante de l’Iran dans la région, les six monarchies arabes du Golfe se tournent vers d’autres puissances régionales pour faire contrepoids à Téhéran. C’est le sens de l’accord signé le 2 septembre entre le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et la Turquie pour renforcer leur coopération dans les domaines politique, militaire et économique.

La signature du mémorandum d’accord — qualifié de partenariat stratégique par cheikh Hamad Al Thani, chef de la diplomatie du Qatar, qui préside actuellement le CCG — a eu lieu en marge d’une réunion ordinaire des ministres des Affaires étrangères du CCG (Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Oman), à Djeddah, dans l’ouest du royaume saoudien, en présence du chef de la diplomatie turque Ali Babacan.

Une bonne partie de la rencontre a été consacrée à l’ouverture par l’Iran de deux bureaux administratifs sur l’île d’Abou-Moussa, dans le Golfe, considérée par les Emirats arabes unis comme une violation d’un accord sur une administration conjointe de ce territoire. La démarche iranienne alimente un différend vieux de plusieurs décennies. L’Iran a pris en 1971 le contrôle d’Abou-Moussa et des îlots de la grande et petite Tomb, près du détroit d’Ormuz, après le départ des forces britanniques du Golfe et a toujours rejeté les prétentions des Emirats sur ces territoires. Abou-Moussa est une île de 12 km2 à peu près à égale distance de l’Iran et des Emirats. Sa position stratégique et ses réserves supposées de pétrole en font un enjeu important. Abou-Dhabi reproche à Téhéran d’avoir remis en cause en 1992 le statu quo qui prévalait jusqu’alors, en renforçant sa présence militaire sur l’île.

Outre ce différend, les monarchies sunnites arabes du Golfe s’inquiètent, même si elles ne le disent pas publiquement, des ambitions de Téhéran d’exercer son hégémonie dans la région. Elles citent à cet égard l’influence croissante en Iraq et au Liban de l’Iran chiite, qui cherche à s’imposer comme une puissance régionale. Engagés dans un bras de fer avec l’Occident autour de son programme nucléaire controversé, les pays du CCG craignent également les ambitions nucléair

es de l’Iran, qui refuse de suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium. Ils demandent à Téhéran de donner des assurances sur le caractère pacifique de son programme nucléaire et redoutent d’être affectés ou entraînés dans une éventuelle confrontation militaire entre les Etats-Unis et l’Iran.

 




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