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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Mauritanie . Le gouvernement putschiste a annoncé la tenue, à la fin du mois, des « états généraux de la démocratie », des journées de concertation politique pour une sortie de crise. Une initiative d’ores et déjà rejetée par l’opposition.

Nouveau pouvoir en quête de légitimité

Un mois après le coup d’Etat militaire, la Mauritanie vit toujours dans l’instabilité et les divergences. Le premier ministre Moulaye Ould Mohamed Leghdhaf a annoncé son plan politique et social pour diriger le pays dans la période à venir. Mais ces plans ont été jugés inacceptables par l’opposition. Ce qui est à l’origine de davantage d’instabilité. D’abord, le premier ministre issu du putsch, Moulaye Leghdhaf, avait annoncé l’organisation à la fin de ce mois des « états généraux de la démocratie » c’est-à-dire des journées de concertation autour d’une plate-forme de sortie de crise. Selon le premier ministre, cette « plate-forme de sortie de crise » réunira toute la classe politique et la société civile. Mais pour l’opposition, l’unique objectif du pouvoir est de se donner un semblant de légitimité.

« Il n’y aura pas de tabou », a affirmé le premier ministre, ajoutant que les rôles des différentes institutions — présidentielle, parlementaire et militaire — seraient discutés. Ces plans portent aussi sur d’autres changements. Le « plan tiendra compte de l’ensemble des questions pendantes et notamment les conditions d’éligibilité, le calendrier électoral et éventuellement des amendements constitutionnels qui garantiraient mieux le respect réciproque entre les pouvoirs exécutif et législatif, respect dont l’absence fut à l’origine de la situation actuelle », a précisé dans un communiqué le premier ministre.

Une fois ce communiqué publié, l’opposition a annoncé son rejet. Le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD, coalition de cinq partis opposés au putsch) exige d’abord la libération du président renversé le 6 août. Selon un communiqué, le FNDD a déclaré qu’il « rejette de façon catégorique toute concertation organisée sous l’égide d’un pouvoir putschiste et illégitime et réaffirme sa condamnation totale de cette escalade qui vise à imposer le fait accompli ». En insistant que tout règlement de la crise actuelle passe nécessairement par la libération immédiate et le rétablissement dans la plénitude de leurs fonctions du président (renversé) Sidi Ould Cheikh Abdallahi et de son premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, maintenus en résidence surveillée.

Quant aux parlementaires, surtout qui sont favorables au coup d’Etat militaire, ils divergent sur les modalités de la transition. Ce désaccord porte notamment sur la possible non-éligibilité de militaires à un scrutin présidentiel. « Nous sommes en discussions continues avec nos partenaires indépendants (démissionnaires du parti au pouvoir) sur deux points essentiels que sont la non-éligibilité des militaires et le calendrier de la transition », a déclaré Hamidou Baba Kane, un des responsables du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), le deuxième plus important parti au Parlement et une des principales formations pro-putsch. « Pour que la prochaine (élection) présidentielle soit libre et transparente, il faut que les membres du Haut conseil militaire (junte) au pouvoir observent la neutralité totale et ne puissent donc se porter candidats » , a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le RFD souhaite un calendrier de transition qui « ne soit pas trop long », évoquant une période qui « ne dépasse pas 6 mois à un an au maximum ».

En effet, ces parlementaires veulent inclure dans la « feuille de route » de la « transition » un renforcement du rôle du Parlement face au président qui jouit de pouvoirs excessifs, avant tout futur scrutin présidentiel. Dans leur proposition d’agenda des amendements constitutionnels, ils exigent une formule qui permette à une assemblée constituée des deux chambres réunies de démettre le président de ses fonctions. « Nous avons besoin de cette force dissuasive, de ce contre-poids pour éviter tout dérapage des institutions, offrant au Parlement la possibilité de mettre fin aux pouvoirs de n’importe quel président qui dévierait de la voie normale sans avoir besoin d’une intervention de l’armée comme c’est le cas présentement ».

A cet égard, le FNDD a exhorté la communauté internationale à « plus de pressions » sur les militaires putschistes, en vue de restaurer la légalité constitutionnelle et de « prévenir toute récidive putschiste dans la sous-région et dans le monde ». En effet, il accuse les militaires de s’être appuyés, avant le coup d’Etat, « sur un groupe de députés qui leur sont affiliés » pour « monter de toutes pièces » des crises au Parlement l

Maha Salemgénéral David Petraeus, ont recommandé à M. Bush de ne plus retirer de soldats d’Iraq cette année et d’attendre le début de 2009 pour ne retirer qu’une brigade d’ici à février et de réduire les effectifs d’environ 8 000 hommes d’ici à mars. Il y a actuellement 15 brigades et environ 145 000 soldats américains en Iraq. Dans le Financial Times de jeudi, le général Petraeus a évoqué la possibilité que les troupes de combat américaines aient quitté Bagdad d’ici à l’été 2009.

Ces retraits coïncideraient avec le déploiement début 2009 d’une brigade de l’armée de terre et d’un bataillon de Marine, soit environ 4 500 soldats américains supplémentaires, en Afghanistan. Ce redéploiement apporterait une réponse à tous ceux qui réclament un renforcement du contingent américain et international confronté en Afghanistan à une insurrection revigorée.

C’est le secrétaire à la Défense, Robert Gates, et le chef d’état-major interarmées, l’amiral Michael Mullen, qui ont exposé les recommandations à M. Bush le 3 août au cours d’une vidéoconférence. Elles sont largement le fait du général Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Iraq. La porte-parole de M. Bush n’a pas dit s’il comptait suivre ou non ces conseils. Mais elle a rappelé qu’il écoutait les commandants sur le terrain et ses conseillers militaires. Et le général Petraeus passe pour jouir d’un fort crédit auprès de M. Bush. La baisse spectaculaire des violences, qui sont au plus bas depuis quatre ans, est portée au crédit de Petraeus et de son ancien adjoint, le général Raymond Odierno, qui ont lancé la stratégie de renforcement des troupes en réponse à la guerre civile interconfessionnelle qui s’était déclenchée en 2006. Le général Odierno devrait succéder à Petraeus en 2009 lorsque celui-ci prendra la tête du Commandement central américain, qui supervise toutes les opérations militaires au Moyen-Orient.

En acquiesçant aux recommandations du général Petraeus, M. Bush choisirait en pleine campagne présidentielle, dont l’Iraq est l’un des grands enjeux, de léguer à celui qui lui succèdera en janvier 2009 une présence militaire plus forte qu’elle ne l’était deux ans plus tôt, bien que l’opinion, majoritairement opposée à la guerre, attende un désengagement. Au moment où les Etats-Unis négocient avec l’Iraq un accord régissant la présence américaine à long terme, il braverait les pressions iraqiennes pour un départ américain, dans un climat de tensions exacerbées par des informations selon lesquelles le premier ministre Nouri Al-Maliki et ses collaborateurs avaient fait l’objet d’un espionnage intensif de la part de l’Administration Bush.

Cette prudence serait inspirée par la fragilité de l’amélioration constatée en Iraq et par les incertitudes quant à la tenue d’élections provinciales ou au comportement des anciens insurgés ralliés au combat contre Al-Qaëda. En revanche, des redéploiements permettraient à M. Bush d’apporter un début de réponse à tous ceux qui réclament des renforts face à la détérioration sur le front afghan. Le chef d’état-major interarmées, mais aussi les deux candidats à la présidentielle, sont de ceux-là. Un haut commandant américain en Afghanistan, le général Jeffrey Schloesser, a réclamé vendredi dernier davantage de soldats pour faire face à ce qu’il prévoit comme un surcroît d’activités hivernales inédit depuis 2002 de la part des insurgés. Il a chiffré vaguement les besoins en hommes, un « multiple de mille », mais « pour préserver la dynamique et mener cette campagne hivernale, il nous les faudra, disons, au cours de l’hiver ». Face à l’intensification des combats en Afghanistan depuis deux ans, les commandants américains réclament jusqu’à trois brigades supplémentaires. Il y a environ 35 000 soldats américains en Afghanistan.

 

Jeux électoraux

Avant l’élection qui lui désignera un successeur le 4 novembre, la décision de Bush risque de braquer à nouveau les projecteurs de la campagne sur l’une des questions qui divisent le plus profondément le Républicain John McCain et le Démocrate Barack Obama. M. McCain a farouchement défendu la guerre à laquelle M. Obama se vante d’avoir été l’un des rares à s’opposer dès le début. Deux Américains sur trois sont aujourd’hui défavorables à la guerre, selon les sondages. A peu près autant sont favorables à un calendrier de retrait, contre lequel MM. Bush et McCain se sont longtemps élevés.

    La question est de savoir dans quelle mesure la décision que prendra M. Bush servira ou desservira M. McCain, que les Démocrates cherchent à peindre en imitateur des politiques impopulaires du président sortant. M. Bush a assuré à plusieurs reprises qu’il prendrait ses décisions pour l’Iraq sans se soucier de calculs électoraux.

Il est confronté aux revendications de souveraineté des dirigeants iraqiens et aux appels à libérer des soldats pour le front afghan. Récemment, il a signifié assez clairement que la diminution de la violence en Iraq pourrait lui permettre de faire rentrer davantage de soldats.

Mais on ignore comment sa décision s’inscrira dans un accord que les gouvernements américain et iraqien négocient pour réglementer la présence américaine à partir de janvier 2009. Même si la Maison Blanche a assuré que les tractations n’étaient pas achevées, le premier ministre iraqien a affirmé qu’un accord avait été conclu selon lequel il n’y aurait plus aucun soldat étranger en Iraq après 2011. Les Démocrates auraient beau jeu de retourner contre M. McCain l’acceptation par M. Bush d’une échéance à laquelle les deux hommes résistaient .

Hicham Mourad

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