Au fil des pages
Mona Abaza, Le Changement de la culture des consommateurs en
Egypte moderne (The Changing
Consumer Cultures of Modern Egypt),
AUC Press, Le Caire, 2008.
Le livre est un collage d’images, qui dans leur totalité,
forment une vision complète de la transformation de la
culture des consommateurs égyptiens due au remodelage de
l’espace urbain pour mieux correspondre aux demandes de la
mondialisation. Professeur de sociologie à l’Université
américaine du Caire, Mona Abaza analyse le passage d’une
économie socialiste à une économie libérale : en quoi cela a
affecté les habitudes de consommation des classes moyennes.
Elle mène sa démonstration à travers l’analyse de différents
phénomènes, tels le changement des styles de vie, la vaste
utilisation des téléphones portables, l’ouverture de
nouveaux cafés et la construction de riches banlieues
fermées et des stations balnéaires. Face à un tourisme
florissant, la culture est donc devenue folklore appuyé par
les créations artisanales.
Un tout mis sous la loupe à travers une vision critique de
la société face à l’extension d’une nouvelle classe sociale.
Abdel-Rahmane Abou-Ouf, sous la
direction de, Al-Riwaya,
qadaya wa
afaq (le roman : questions et
horizons), GEBO, 2008.
Cet ouvrage encyclopédique est consacré au phénomène
romanesque au sens large du terme. Il n’est en effet pas lié
à des considérants de langue, toute la première partie étant
consacrée à l’œuvre du romancier turc
Orhan Pamuk, avec deux
articles de Abdel- Rahmane
Abou-Ouf et une contribution d’Al-Safsafi
Al-Qoutouri, ni à des
considérants générationnels, la dernière partie proposant
des « témoignages » d’écrivains de tous les âges, dont Ahmad
Abou-Khounaygar, lauréat du prix
Sawirès jeunes pour le roman
2008.
Le deuxième axe est consacré à l’écriture de Gamal Al-Ghitani,
avec des contributions des critiques égyptiens Hussein
Hammouda,
Khaïri Douma et Abdel-Rahmane
Abou-Ouf. Le troisième axe rassemble des articles divers,
avec entres autres un article sur « Expérimentation et
patrimoine » (Edouard Al-Kharrat), ainsi qu’une « Lecture
dans les miroirs de Naguib Mahfouz » (Al-Sayed
Fadl). Le roman numérique occupe
le quatrième axe alors que le cinquième est à nouveau «
fourre-tout », avec des contributions sur la littérature
d’avant-garde argentine, « l’évolution de l’art romanesque
contemporain dans la littérature chinoise », en passant par
« le renouveau du roman allemand contemporain ». Un
entretien avec le réalisateur égyptien Daoud Abdel-Sayed, «
Comment faire un film à partir d’un bon roman », en sixième
axe, fait la transition avec les témoignages de la septième
partie avant de passer aux « racines » du dernier axe, avec
entre autres une « lecture de la formation de la conscience
critique sur le roman arabe ». Un ouvrage à garder dans sa
bibliothèque, pour y revenir de temps à autre.