Al-Ahram Hebdo, Evénement |  Des catastrophes ignorées
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Moqattam. Les spécialistes accusent les responsables de négliger les expériences passées et l’avis des scientifiques en ce qui concerne Moqattam.

Des catastrophes ignorées

Les sirènes des ambulances mêlées à celles des autopompes et de la police remplissent les environs du quartier de Moqattam. Une scène d’effondrement qui n’est malheureusement pas nouvelle pour les habitants de ce quartier. Ce n’est pas la première fois que les pierres de cette colline enterrent sous leurs énormes blocs des centaines d’habitants des quartiers déshérités. Les accidents sont considérables, mais apparemment rapidement oubliés. Les plaintes et les avertissements étaient bien nombreux, mais cela n’a pas empêché que des catastrophes se produisent à répétition. Il y a près de 15 ans, en décembre 1993, un éboulement semblable s’était produit. C’était vers l’aube, quand un pan de la colline s’est effondré : 5 000 tonnes de rochers se sont détachés d’une hauteur de 26 mètres, détruisant des dizaines d’habitations du quartier des chiffonniers, autres laissés-pour-compte, causant la mort d’une cinquantaine de personnes.

La plupart des spécialistes de ce domaine avaient prévenu maintes fois que pareilles catastrophes allaient se produire. Effectivement, expliquent-ils, la chose est simple. Ces effondrements ne se répètent que parce que les responsables ne pensent jamais à faire appel aux spécialistes, alors qu’il est très facile de s’apercevoir des petits effondrements qui se déroulent chaque jour sur cette colline.

De plus, les habitations même construites de manière légale et après autorisation sont faites de manière arbitraire et leurs constructeurs ne prennent pas en compte la nature du terrain. Certaines villas dans les parties résidentielles sont équipées de piscines et de jardins, ce qui provoque des fuites d’eau. Résultat : ce sont les habitants démunis au pied de la colline qui en paient le prix. Le gouvernement ne semble pas vouloir prendre en exemples les expériences qui ont précédé. La preuve, un deuxième accident s’est produit en janvier 1994. C’est-à-dire un mois après le premier : un effondrement de rochers du rebord de la corniche du Moqattam situé au plateau supérieur de la colline. Cet éboulement était dû, comme l’ont expliqué les spécialistes, à un détachement de grandes parties des rochers de la corniche suite à une absorption d’une énorme quantité d’eau. Cette zone couvrant une surface d’environ 36 000 m2 est considérée parmi les régions les plus dangereuses de la colline.

Plusieurs facteurs se sont regroupés pour mener à ces catastrophes. La première et la plus importante est celle causée par l’action humaine. Avis sur lequel se sont accordés tous les spécialistes : les eaux usées ainsi que celles qui coulent des piscines construites sur la colline et enfin les eaux d’arrosage des jardins. Toutes ces eaux sont incompatibles avec la nature du sol du plateau et causent peu à peu sa destruction. Ajoutons à cela qu’aucune norme de construction n’a jamais été respectée. En effet, les gens ne se conforment pas aux conditions de construction sur une telle colline. Alors que la règle est claire et nette : il faut absolument que les logements soient éloignés d’au moins 100 m du rebord de la colline. Plus on est loin, plus on a le loisir de faire ces accommodations de luxe, des piscines et des jardins mais au moins à 300 mètres de la bordure. La nature calcaire de cette colline qui absorbe facilement l’eau facilite l’effondrement. En effet, plusieurs détachements ont été enregistrés depuis les deux énormes écroulements. Par exemple, des cassures en avril 2006 près de la zone où s’est produit le second effondrement. Des détachements de pans de 100 m de longueurs et qui ont causé une baisse du niveau du sol de 28 à 60 cm. Durant deux mois, d’autres détachements du même genre se sont produits successivement. Des baisses et des cassures dans les rochers qui, avec le temps, affaiblissent la base de la colline. Ces grands rochers de centaines de tonnes sont le plus souvent portés par d’autres qui sont plus petites, ce qui cause des troubles dans la maintenance de la colline. Ces anciens détachements ne peuvent que laisser prévoir que dans la période à venir les écroulements vont continuer à se succéder. Les effondrements se ressemblent et les causes sont toujours les mêmes. Les responsables négligent des études faites dans ce domaine et qui peut-être auraient pu empêcher quelques-unes de ces catastrophes. Les solutions sont présentes, mais elles attendent toujours d’être écoutées .

Chaïmaa Abdel-Hamid

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