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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Egypte

Décès . Abdel-Halim Abou-Ghazala, ancien ministre de la Défense, est mort samedi dernier, laissant derrière lui une carrière riche et emportant avec lui beaucoup de secrets.

Un militaire hors norme

Abdel-Halim Abou-Ghazala, ancien ministre de la Défense, est décédé samedi dans un hôpital militaire du Caire, à l’âge de 78 ans, des suites d’un cancer. Le président Moubarak a participé aux funérailles militaires qui ont eu lieu dimanche.

Né en 1930 dans un village de Béheira, Abou-Ghazala a obtenu son diplôme du collège militaire en 1949. Il a poussé plus loin ses études et formations militaires pour obtenir le diplôme de l’Académie d’artillerie de l’ex-Union soviétique en 1961 et celui du War College en 1979 aux Etats-unis.

Il a participé aux guerres de 1948, de 1967 et de 1973 contre Israël, avant de servir comme attaché militaire à Washington à la fin des années 1970, ce qui lui a permis de tisser beaucoup de liens avec les officiels américains. A l’intérieur de l’Egypte, Abou-Ghazala, nommé ministre de la Défense en 1981, peu de temps avant l’assassinat du président Sadate, a su se rendre très populaire parmi les militaires. Il a entrepris une réforme de l’armée, développé l’industrie militaire et obtenu beaucoup de privilèges économiques pour les officiers. Son charisme au sein de l’armée s’explique par le fait qu’il s’était donné pour priorité l’amélioration des conditions de vie des officiers aux niveaux social et économique. Il s’est élargi dans la construction des clubs sportifs et sociaux réservés aux militaires, et des habitations à prix réduits pour les officiers et les sous-officiers. En 1982, il a été promu maréchal et vice-président du Conseil des ministres. Sept ans après, il a quitté la Défense pour devenir « l’assistant » du président Moubarak, un poste destiné à assurer un évincement en douceur de l’homme fort de l’armée. Graduellement, Abou-Ghazala disparut entièrement de la scène publique.

La relation entre Abou-Ghazala et le président Moubarak a toujours soulevé nombre d’interrogations. Bien qu’Abou-Ghazala ait pris soin de ne pas apparaître comme le rival du président Moubarak, il a été largement considéré comme son successeur potentiel, ce qui n’a pas manqué de peser sur la relation entre les deux hommes. En mars 1986, lorsque Moubarak a dû faire appel à l’armée pour réprimer un soulèvement de policiers, il est devenu clair pour tout le monde que l’institution militaire est le pilier sur lequel repose le régime. Abou-Ghazala a réussi à réprimer les manifestations et établir l’ordre, se positionnant ainsi comme l’homme fort du régime. « L’Egypte commençait à présenter les symptômes d’un système bicéphale, ce qui a anticipé l’éloignement du maréchal », note le journaliste et écrivain Salah Eissa.

Mais loin des rivalités politiques, Abou-Ghazala aurait également dévié des orientations et engagements du régime, notamment en ce qui concerne le développement d’armes non conventionnelles, et les transactions d’armement. A la fin de l’année 1987, des rapports ont commencé à faire surface dans la presse occidentale d’une collaboration entre l’Egypte, l’Argentine et l’Iraq sur le développement d’un missile à longue portée, Condor II — une collaboration qui aurait mécontenté certains alliés occidentaux, notamment les Etats-Unis. « Abou-Ghazala refusait de croire que la guerre de 1973 est la dernière entre l’Egypte et Israël. Il croyait que seul le développement d’armes de destruction massive peut garantir la sécurité du pays », estime Eissa.

Le nom d’Abou-Ghazala a resurgi une dernière fois dans les médias lorsque son nom fut cité dans une affaire de prostitution en 1993. La même année, il a démissionné de son poste honorifique comme adjoint du président et s’est retiré de la vie publique .

May Atta

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