Al-Ahram Hebdo,Monde | Un juste milieu pour éviter le pire
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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Russie . Européens et Russes ont convenu lundi d’un retrait, d’ici à un mois, des forces russes de Géorgie. Un accord qui exclut cependant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, qui restent dans le giron de Moscou. 

Un juste milieu pour éviter le pire

Le président français, Nicolas Sarkozy a gagné son pari : obtenir de la Russie qu’elle s’engage clairement à retirer ses troupes de Géorgie. Après une visite éclair lundi à Moscou, le président français et président en exercice de l’Union, qui avait à ses côtés le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, et le diplomate en chef de l’Union Européenne (UE) Javier Solana, a annoncé que d’ici un mois, les soldats russes auront quitté la Géorgie. Concernant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, les Russes restent intransigeants : le chef de la diplomatie  Sergueï Lavrov a affirmé mardi que les forces russes resteront « longtemps » dans les deux républiques séparatistes afin d’empêcher toute nouvelle violence.

Les responsables européens ont aussi négocié le déploiement d’au moins 200 observateurs de l’UE en Géorgie, d’ici au 1er octobre, une concession de Moscou. « Ce que nous avons décidé avec le président Medvedev signifie concrètement : dans une semaine maximum, la levée des checkpoints (russes) entre Poti (port stratégique géorgien, ndlr) et Sinaki », a déclaré M. Sarkozy à l’issue de 4 heures d’entretien avec M. Medvedev à Barvikha, près de Moscou.

« Dans un mois, le retrait complet des forces militaires russes du territoire géorgien, hors Ossétie (du Sud) et Abkhazie », a poursuivi M. Sarkozy lors d’une conférence de presse commune. M. Medvedev a souligné que ce retrait serait soumis à la signature par la Géorgie de « documents juridiquement contraignants, garantissant le non-usage de la force contre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ».

Il a assuré toutefois avoir reçu une « garantie de l’Union européenne et de la France » en la matière, M. Sarkozy ajoutant lui avoir remis une lettre en ce sens du président géorgien, Mikheïl Saakachvili.

La délégation européenne, emmenée par le président français, s’est ensuite envolée pour Tbilissi pour réaffirmer le soutien de l’UE à M. Saakachvili et tenter de consolider les avancées obtenues à Moscou.

La Géorgie, que Moscou accuse régulièrement de restaurer son « potentiel militaire » sous couvert d’aide humanitaire américaine, a aussitôt salué le calendrier de retrait russe de son territoire. « C’est un résultat très important du président Sarkozy qui vise à l’application complète du plan en six points » de paix négocié en août, a affirmé à l’AFP Alexandre Lomaïa, secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien.

En liaison avec le retrait russe, « pas moins de 200 observateurs de l’UE » seront déployés en Géorgie, hors Ossétie et Abkhazie, « pas plus tard que le 1er octobre 2008 », a ajouté M. Medvedev.

La Russie, qui privilégie l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), dont elle est membre, avait jugé juste auparavant que des observateurs de l’UE « conduiraient à une fragmentation superflue » de la mission sur place de cette organisation.

 

Prochaines discussions à Genève

D’autre part, « les discussions internationales (sur l’Ossétie et l’Abkhazie), prévues par le plan en six points Medvedev-Sarkozy du 12 août, commenceront le 15 octobre 2008 à Genève », a poursuivi M. Medvedev. Selon le président français, elles porteront sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud, telles que mentionnées au point 6, a précisé Nicolas Sarkozy.

De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré mardi que les deux républiques séparatistes géorgiennes  doivent être « pleinement » associées à ces pourparlers.

Mais, si le président français a réussi à obtenir un accord pour un retrait, sa victoire est incomplète : les Russes sont restés intransigeants sur un point important, pas question de revenir sur la reconnaissance de l’indépendance des deux territoires. « Nous avons fait ce choix, et je l’ai dit ouvertement et plusieurs fois lors de nos conversations téléphoniques avec nos collègues européens : il est définitif et sans appel. C’est irrévocable », a martelé Dmitri Medvedev. Réponse de Nicolas Sarkozy : « L’Union européenne condamne cette décision unilatérale » qui fait fi de l’intégrité territoriale de la Géorgie.

Après l’accord survenu lundi, l’UE pourrait toutefois reprendre « dès octobre » les négociations sur un nouveau partenariat stratégique avec la Russie, notamment dans l’énergie, gelées le 1er septembre en raison du maintien de forces russes en profondeur sur le territoire géorgien, a-t-il poursuivi.

« Les choses sont parfaitement claires, nous voulons un partenariat et nous voulons la paix », a ajouté M. Sarkozy en se félicitant également de « l’émergence d’un acteur de poids, l’UE, dans cette crise ».

Faute d’accord, l’UE avait menacé de durcir le ton à l’égard de Moscou. L’annulation du sommet UE-Russie du 14 novembre figure parmi les sanctions possibles .

Abir Taleb

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