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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Arts

Spectacle . La troupe des derviches tourneurs de Amer Al-Touni s’inspire de la tradition soufie turque. Elle présente sa propre version de chant et de danse religieux.

Les Mawlawiyas à l’égyptienne

Sur les sites Internet, entre bloggueurs, dans les médias, sur les programmes des centres culturels, on annonce qu’on a rendez-vous, tout le mois de Ramadan avec la troupe de Mawlawiya de Amer Al-Touni.

Au micro, et vêtu de sa djellaba blanche, Amer Al-Touni récite : « Imam des prophètes mon supporter » ou « Oh Dieu, que faire d’un amour dont je suis chargé ? Mon amour pour mon seigneur m’a rendu malade ». Accompagné des airs du nay (flûte orientale) et de la rababa (rebec, instrument populaire à corde), il loue le prophète et chante pour l’amour de Dieu.

Un derviche tourneur apparaît sur scène. Avec un long tarbouche sur la tête, une veste et une jupe conique blanche, il commence à tourner en étendant les bras en l’air. Ses pas et ses mouvements suivent bien les rythmes du chant soufi et la direction de l’aiguille de la montre. D’autres derviches tourneurs se joignent à lui. Le rythme est accéléré et la troupe transcende la salle. Un état d’ensorcellement règne, l’audience est captivée. Qu’ils se produisent dans une salle close ou en plein air, dans une tente ramadanesque, ou dans une maison du Vieux-Caire, Al-Touni et ses derviches s’emparent de la scène et attirent de plus en plus un large public. Il ne s’agit pas d’une troupe de Tannoura (danse des derviches tourneurs) ni d’un chœur de chant religieux. Al-Touni, puise dans le patrimoine soufi des Mawlawiyas (ordre soufi des Mevelevis fondé en Turquie par le poète Jalaleddine Al-Roumi) et choisit de présenter sa propre version de la danse rituelle.

Al-Mawlawiya d’Al-Touni ou comme il l’intitule Al-Mawlawiya à l’égyptienne est belle et bien différente. « A l’Origine, Al-Mawlawiya est un ordre soufi fondé à Konya en Turquie au XIIIe siècle par Jalaleddine Al-Roumi. Les danseurs commencent par tourner lentement puis rapidement jusqu’à arriver à un état de transe. Un rite sacré dans lequel les derviches tachent de s’unir à Dieu suivant les significations et les vers de leur maître Jalal Al-Roumi », explique le chanteur Amer Al-Touni. Ajoutant : « Aujourd’hui, cette danse est devenue presque un show artistique loin de toute influence religieuse. Il est temps de signaler que toute religion rejette ce qui est rituel. Il est plutôt question d’un culte et d’une pratique. De même, le concept de s’unifier à Dieu contredit la croyance musulmane. Alors dans notre troupe, on essaye de restituer un exercice à mi-chemin entre le physique et le spirituel, entre l’art et le rite ».

Afin de se distinguer des Mawlawiyas turcs, qui sont les plus connus, Al-Touni choisit de garder uniquement la couleur blanche pour les habits des danseurs. Il rejette alors la tunique et la ceinture noires que les derviches turcs portent symbolisant l’impact du monde matériel et faisant allusion à certains concepts chiites. Les danseurs d’Al-Touni se concentrent plutôt sur leur mouvement qui s’accélère de plus en plus. « Le chant et la danse dans lesquels les louanges pour le créateur et le prophète se répètent sont une manière de rendre hommage à Dieu. Ce qui touche bien le public et le transporte dans un voyage spirituel. C’est notre objectif », souligne Al-Touni qui a fondé sa troupe en 1994 en Grèce où il étudiait la musique. Avec des Egyptiens et des Libanais, il a réussi à créer sa troupe, connaissant un grand succès auprès du public étranger.

De retour au Caire, des jeunes filles ont voulu se joindre à Al-Mawlawiya Al-Masriya. « En tant qu’être humain, quelle différence existe-t-il entre un homme et une femme ? Qu’est-ce qui empêche cette dernière de se lancer dans cette activité pieuse ? », s’interroge Al-Touni. Au niveau de la préparation et de l’entraînement, tous les membres de la troupe, hommes ou femmes, musiciens ou chanteurs doivent passer par une séance de méditation avant de se lancer dans la répétition ou de monter sur scène.

Au programme, un extrait des poèmes des grands maîtres soufis : Jalaleddine Al-Roumi, Ibn Al-Farid, Al-Hallaj et autres. Al-Touni chante aussi le mawal, les invocations et les chansons religieuses les plus populaires. Au niveau de la musique, les instruments traditionnels de la musique soufie se mêlent à d’autres instruments occidentaux. Ainsi, le nay, la rababa et les tambours de basques se mêlent au violon et à la guitare … La troupe gagne alors un air contemporain.

La forme traditionnelle de la danse soufie égyptienne à savoir Al-Tannoura, n’est jamais oubliée. A la fin, un danseur de Tannoura avec ses couleurs vivantes vient s’associer aux Mawlawiyas dans une scène où le rythme s’accroît et le chant s’enflamme .

May Sélim

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Al-Mawlawiya Al-Masriya. Au Caire : le 10 septembre, à 21h, au théâtre en plein air de l’Opéra. Le 16 septembre, à 21h, à l’Institut Cervantes. Le 14 septembre, à 10h30, à Saqiet Al-Sawi. Le 24 septembre, à 21h, à Qobbet Al-Ghouri. Et le 17 septembre, à 21h, au Centre de créativité artistique d’Alexandrie.

 




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