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 Semaine du 10 au 16 Septembre 2008, numéro 731

 

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Arts

Biennale Internationale d’Architecture de Venise . Le commissaire du Pavillon égyptien, l’architecte Tareq Wali, s’exprime sur le thème de cette onzième édition et la participation égyptienne.

« Notre projet est basé sur l’idée de la
décomposition et du renouvellement »

Al-Ahram Hebdo : Vous avez préféré choisir un groupe de jeunes architectes égyptiens pour participer à la Biennale. Pourquoi ?

Tareq Wali : L’Egypte garde toujours un pavillon permanent à la Biennale de l’architecture de Venise. Le ministre de la Culture, Farouk Hosni, m’a nommé comme commissaire général du Pavillon égyptien lors de cette 11e édition. Dès que j’ai découvert le thème de cette édition : L’architecture au-delà du bâtiment, j’ai pensé à travailler avec des architectes et des jeunes ayant une vision pour l’avenir.

J’ai d’abord choisi quatre participants essentiels : Yéhia Chawqat, Yéhia Al-Hossafy, Lara Iskandar et Amany Kamel. Ces derniers sont vraiment talentueux et ont un esprit créatif. Ils représentent bien l’esprit des jeunes architectes égyptiens.

— Comment avez-vous abordé le thème de cette onzième édition : L’architecture au-delà du bâtiment ?

— Le thème nous fait revenir à l’origine de l’architecture. Il nous a poussés à penser directement à la géométrie comme base essentielle et indispensable à tout design architectural. Un bâtiment peut disparaître, s’effondrer, puis être ensuite reconstruit sur la base de sa géométrie essentielle. La nouvelle reconstruction peut proposer une nouvelle vision.

Par exemple, les maisons et les édifices nubiens ont été noyés dans l’eau du Nil à cause de la construction du Haut-Barrage. Pourtant, les traces de l’architecture n’ont pas été oubliées. Elles existent dans la mémoire des Nubiens comme une référence à leur culture. Pour cela, la Nubie a été reconstruite en suivant ces traces. Cela veut dire qu’en ayant recours à la géométrie de base, l’on a pu reconstruire la Nubie. C’est le principe que nous suivons dans notre travail.

Le directeur de la Biennale évoque dans son allocution l’architecture comme une pensée et une culture. Construire des milliers d’édifices sans avoir un concept ou une vision n’a aucune valeur.

— En quoi consiste votre projet architectural présenté à la biennale : « L’ombre de la géométrie » ?

— Le projet que nous présentons dans le pavillon égyptien est divisé en trois : le passé, le présent et l’avenir.

Le passé est symbolisé par une ancienne maison qui s’effondre, le présent à travers la géométrie que les architectes étudient et l’avenir par les nouvelles constructions modernes. Notre projet est basé sur l’idée de la décomposition et du renouvellement.

Les quatre architectes principaux présentent l’idée de base et les deux premières étapes du projet, à savoir le passé et le présent. Un film de sept minutes résume ces étapes.

En abordant la troisième phase du projet, l’avenir, nous avons eu recours à des architectes encore plus jeunes dont l’expérience n’est pas si grande. Certains ont une expérience de sept ans de travail, d’autres sont encore des débutants. De plus, quelques-uns sont encore étudiants.

Pour mettre en œuvre ce projet, on a loué une terre vierge au Fayoum sur laquelle on a dessiné les schémas géométriques nécessaires. Puis, on a construit une ancienne maison à l’aide de matériaux naturels. La maison s’effondrait, mais suivant les traces de la géométrie, les jeunes architectes ont proposé différents plans pour sa reconstruction. Chacun d’entre eux a étudié alors la terre, la géométrie et a proposé sa propre vision pour l’avenir. Ainsi, de temps en temps, un bâtiment peut se développer autrement.

Nous avons choisi comme titre du projet L’ombre de la géométrie parce qu’il illustre bien notre idée. L’ombre résulte de la lumière. Sa forme varie selon l’angle de réflexion. Dans l’architecture, la géométrie existe comme un élément de base. Tout ce qui est construit ensuite n’est qu’une ombre de cette géométrie.

Propos recueillis par May Sélim

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