La Cour pénale internationale et la justice sélective

Mohamed Salmawy

 

 

 

Un CD bien servi

Salama A. Salama

 

 

La discipline et le chaos

Morsi Attalla

 

Comment sortir de la crise libanaise ?

Hassan Abou-Taleb

Politologue

 

Edito

Mauvais augure

L’annonce de la démission du premier ministre israélien Ehud Olmert s’avère un coup dur porté à l’Autorité palestinienne qui, juste avant de perdre ce partenaire, estimait qu’il a été « sérieux et impliqué personnellement » dans les négociations de paix, bien qu’aucune percée n’ait été réalisée jusqu’ici.

Officiellement, l’Autorité palestinienne affirme que les déboires judiciaires de M. Olmert et son annonce de ne pas briguer la direction du parti Kadima en septembre sont une « affaire interne » à Israël. Mais plusieurs responsables impliqués dans les négociations ont estimé que l’Autorité palestinienne allait perdre un premier ministre personnellement très impliqué dans les négociations et prêt à discuter des dossiers les plus sensibles, comme Jérusalem ou les frontières.

Après des années d’impasse, les négociations de paix israélo-palestiniennes ont été relancées en novembre dernier à Annapolis, près de Washington, quand Israël et les Palestiniens se sont engagés à rechercher un accord, qui mènerait à terme à la création d’un Etat palestinien, d’ici à fin 2008, sous les auspices du président George W. Bush. Les négociations achoppent notamment sur la question de Jérusalem, mais aussi sur la fixation de frontières définitives, les colonies israéliennes ou encore la question des prisonniers palestiniens.

Déjà difficiles, les négociations risquent d’être compromises par un successeur à Olmert moins enclin à s’investir. La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui mène les actuelles négociations de paix et considérée par les Palestiniens comme relativement pragmatique, est donnée favorite pour les élections primaires du Kadima, talonnée de près par le ministre des Transports, Shaul Mofaz. Ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major, celui-ci possède au contraire l’image d’un faucon et s’est avéré un partisan de la manière forte dans les territoires palestiniens. En cas d’élections anticipées, c’est le faucon Benyamin Netanyahu, le chef du Likoud (droite), qui est le favori des sondages. Avec lui, les chances de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens sont presque nulles, d’autant plus que son gouvernement devrait s’appuyer sur la droite extrémiste, les colons et les religieux.

Dans tous les cas, avec l’approche des primaires du Kadima et d’éventuelles élections anticipées, il sera presque impossible de parvenir à un accord avant fin 2008, que ce soit avec les Palestiniens ou avec les Syriens, avec lesquels Israël négocie de façon indirecte depuis plusieurs mois .