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 Semaine du 6 au 12 août 2008, numéro 726

 

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Palestine. Des affrontements entre le Fatah et le Hamas ont ravivé la tension dans les territoires occupés, minimisant davantage les chances d’une réconciliation.

A couteaux tirés

Nouvelle complication. Ce n’est certes pas la première fois que les deux principales factions, le Fatah et le Hamas, se livrent à des combats armés, mais il faut avouer que leur animosité a atteint cette fois son faîte. Des arrestations, des attaques et des échanges d’accusations, et c’est le peuple qui en paye le prix. Mais le pire dans ce scénario est que plusieurs membres du Fatah ont cherché refuge en Israël. Selon la radio militaire israélienne, l’ouverture exceptionnelle du point de passage de Nahal Oz aux membres du Fatah a été décidée samedi par le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, à la demande du président palestinien Mahmoud Abbass et de responsables égyptiens. Ce n’est que dimanche que plusieurs dizaines de Palestiniens qui avaient cherché refuge en Israël après avoir été attaqués par des forces du Hamas ont regagné la bande de Gaza à la demande du président Abbass.    

Un premier contingent de 32 membres du Fatah, sur les plus de 180 qui avaient fui samedi en Israël, est rentré tandis que d’autres ont suivi dans la journée. Un porte-parole du Hamas, Sami Abou-Zouhri, a déclaré que les forces de sécurité du mouvement islamiste avaient interpellé pour les interroger des « dizaines » de membres du Fatah à leur retour. « Ceux qui ont enfreint la loi feront l’objet d’une enquête de police et s’ils sont coupables, ils seront jugés. Ceux qui s’avéreront innocents seront relâchés », a précisé le porte-parole. Il a toutefois estimé que leur fuite était « la preuve qu’ils ont enfreint la loi, car ils préfèrent se soumettre à l’occupation (israélienne) plutôt que de rester chez eux ».

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur du Hamas, Saïd Siyam, a déclaré : « Nous pouvons confirmer que le Fatah est impliqué dans ces attentats », a-t-il déclaré, accusant des cellules proches du Fatah d’inciter à la violence contre le gouvernement du Hamas. Le parti de Mahmoud Abbass a rejeté ces deux accusations.

Accusations et contre-accusations

Les violences interpalestiniennes de samedi qui avaient fait neuf morts et quelque 90 blessés sont les plus meurtrières depuis la prise du pouvoir du mouvement islamiste dans le territoire en juin 2007. Elles ont éclaté lorsque des policiers du Hamas ont voulu arrêter dans la ville de Gaza des membres du clan familial Helis (pro-Fatah), accusés par les islamistes d’être responsables d’un attentat à la bombe le 25 juillet. Cet attentat avait coûté la vie à Gaza à cinq membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas, et à une fillette de cinq ans. Le Fatah a démenti toute implication.

Depuis l’attentat du 25 juillet, le Hamas a arrêté plus de 300 personnes, pour la plupart membres du Fatah, dans la bande de Gaza. Le Fatah n’est pas resté les bras croisés et a également lancé une vague d’arrestations de membres du mouvement islamiste en Cisjordanie. A Naplouse, en Cisjordanie, des militants du Fatah ont enlevé un responsable du Hamas, Mohammed Ghazal, et l’ont relâché quelques heures plus tard.

Les versions des deux mouvements ne cessent de diverger. Le Hamas a accusé le clan Helis de tirer des obus de mortier contre sa police. Ehab Al Ghasain, porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas à Gaza, a affirmé que le clan Helis cachait des gens impliqués dans ces attentats.

« La famille Helis est devenue une force militaire (...) et ses membres ont attaqué, enlevé et même tué des gens. Il faut mettre un terme à ces attaques contre des citoyens innocents ».

Et la famille Helis a démenti en reprochant à son tour au mouvement islamiste de commettre des crimes. Le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbass se défend également de toute implication et assure que le clan Helis n’est pour rien dans ces explosions. Le président palestinien a jugé inacceptable l’opération du Hamas, qui va selon lui à l’encontre de son appel à un dialogue national.

Sans nul doute, ces nouvelles violences vont compliquer les efforts déployés par l’Egypte pour réconcilier le Fatah et le Hamas qui a pris l’an dernier le contrôle de la bande de Gaza après en avoir chassé les forces du Fatah. Mais le plus important encore, c’est que les incidents de cette semaine ont poussé les Palestiniens eux-mêmes à voir dans la fuite des membres du Fatah vers Israël une complicité entre les deux. Que ce soit le Hamas, dont l’accession au pouvoir n’a eu que des répercussions néfastes sur la vie du peuple, ou le Fatah qui multiplie plus les contacts avec l’occupation qu’avec le mouvement islamiste, les deux mouvements se discréditent aux yeux du peuple de plus en plus. Aucun d’eux n’est capable d’adopter une action courageuse, de prendre l’initiative d’entamer des véritables pourparlers avec l’autre pour briser l’iceberg et résoudre la crise qui a consacré l’inter-division.

Rania Adel

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