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 Semaine du 6 au 12 août 2008, numéro 726

 

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Jeux Olympiques. L’Afrique est certaine de remporter des médailles en athlétisme et en natation. Mais ses ambitions vont au-delà, et à chaque édition, le continent et ses athlètes conquièrent de nouveaux espaces.

En quête de nouvelles suprématies

Comme elle le fait déjà depuis des décennies aux Jeux Olympiques (JO), l’Afrique exhibera sa force sur les pistes d’athlétisme à Pékin. Mais depuis quelque temps, le continent progresse aussi dans d’autres disciplines notamment en natation. Les boxeurs, judokas, footballeurs, handballeurs, nageurs auront aussi leur mot à dire. L’athlétisme est en fait une spécialité africaine depuis le début des Jeux olympiques, lorsque le Sud-Africain Reginald Walker a remporté la médaille d’or du 100 m des JO de Londres en 1908. Mais les livres de records attribuent effectivement la première médaille d’or d’athlétisme pour l’Afrique à l’Ethiopien Adebe Bikila, vainqueur du marathon de Rome 1960. Et depuis, les épreuves à longues distances sont devenues un monopole africain notamment pour les Ethiopiens et les Kényans. Depuis les années 1990, quelques exceptions ont pu faire leur percée sur les terres interdites telles que le Namibien Frank Fredericks, médaillé d’argent du 100 m et 200 m à Barcelone 1992 et Atlanta 1996, et les équipes de relais 4x100 et 4x400 nigérianes qui se sont réservé des places permanentes sur le podium depuis 1996. A Pékin, l’Afrique conservera ses habitudes et ses gladiateurs sont en forme plus que jamais. Les Championnats du monde d’athlétisme 2007, qui se sont déroulés à Osaka (Japon), ont témoigné d’une grande montée en puissance du continent notamment du Kenya qui a terminé à la deuxième place du classement, pour la première fois de l’histoire, derrière les Etats-Unis, éternel leader. Janeth Jepkosgei, 800 m (dames), Alfred Yego, 800 m (hommes), et Luke Kibet, au marathon (hommes) ne viseront pas moins que l’or. L’Ethiopien Kenenisa Bekele, roi du 10 000 m, triple champion du monde et champion olympique 2004, semble avoir la médaille d’or déjà dans sa poche. Les Kényans et Ethiopiens ne laisseront pas d’espaces sur le podium à d’autres nations. Sur les courtes distances, l’équipe nigériane de relais est toujours favorite pour les 4x100 et 4x400 de même que la Marocaine Hasna Benhassi, médaillée d’argent des Mondiaux 2007, est toujours favorite pour l’épreuve du 800 m. Le Sud-Africain Okkert Brits, au saut à la perche, sa compatriote Hestrie-Cloete Storbeck, au saut en hauteur, et Kruger au lancer du marteau affichent des prestations impressionnantes depuis la dernière édition des JO.

La natation est l’autre point visible du savoir-faire africain. A tout seigneur, tout honneur, l’Afrique du Sud possède un record majestueux dans la discipline avec 8 médailles (7 de bronze et une d’argent) sur un total de 10 pour le continent dans son histoire olympique. Après leur retour sur la scène olympique dans les années 1990, les Sud-Africains se sont imposés dans cette discipline longtemps restée hors de portée africaine. Roland Schoeman est le fer de lance de cette équipe. Médaillé d’argent du 100 m nage libre et de bronze du 50 m nage lors des JO d’Athènes, Schoeman ne cesse de progresser. Double champion du monde du 50 m papillon et nage libre, Schoeman est le seul homme de la planète à être descendu sous la barre des 23 secondes (22’96s en 2005). Ce sera l’homme à battre dans ce bassin, qui est tout son monde. La Zimbabwéenne Kirsty Coventry est la seule qui a pu briser la domination sud-africaine avec ses médailles d’argent du 100 m et 200 m dos, et est quasiment sûre de pouvoir faire jouer l’hymne de son pays à Pékin.

Performance croissante

L’Afrique n’a jamais cessé de grignoter du terrain et de montrer qu’elle était capable de briller dans bien de sports autres que l’athlétisme et la natation. Depuis déjà plus de deux décennies, les athlètes africains ont pu conquérir de nouvelles terres notamment le football avec deux médailles d’or consécutives pour le Nigeria 1996 et le Cameroun 2000. Cette année, les Eléphants ivoiriens ont une grande chance de prendre le relais avec une excellente génération menée par un talentueux Salomon Kalou (Chelsea, Ang). En lutte gréco-romaine, l’Egyptien Karam Gaber a ébloui les observateurs à Athènes en écrasant la concurrence et cette année, il est le grand favori du titre. De même pour la boxe et le taekwondo, où les Egyptiens ont réalisé aussi des exploits à Athènes. Mais en l’absence du héros égyptien Tamer Salah, médaillé de bronze des JO d’Athènes, le Malien Modibo Keita (84 kg) possède toutes les qualités nécessaires pour s’imposer. Keita, 27 ans, est une nouvelle figure africaine aux JO mais il est l’une de ses valeurs sûres. Sa carrière a été lancée en 2005 lorsqu’il a remporté le Championnat d’Afrique et a terminé en tant que finaliste du Championnat du monde. Deux ans plus tard, il ne rata pas son coup et fut sacré champion du monde 2007 et comme par un coup du destin c’était à Pékin. D’autres sports témoignent aussi de beaucoup de progrès tels que le judo, le karaté, le handball avec des nations comme l’Egypte, la Tunisie et l’Angola qui présentent aussi une performance croissante, pourtant, cela ne suffira pas à monter sur le podium. Mais qui sait, l’Afrique pourra nous surprendre à Pékin et conquérir un nouveau territoire comme ce fut le cas à chacune des dernières éditions.

Karim Farouk

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Le palmarès de l’Egypte

 

Athlètes

médailles

1912 : Stockholm

1

0

1920 : Anvers

20

0

1924 : Paris

43

0

1928 : Amsterdam

32

4

1932 : Los Angeles

0

0*

1936 : Berlin

37

5

1948 : Londres

104

5

1952 : Helsinki

108

1

1956 : Melbourne

0

0**

1960 : Rome

82

2

1964 : Tokyo

79

0

1968 : Mexico

32

0

1972 : Munich

28

0

1976 : Montréal

0

0***

1980 : Moscou

0

0****

1984 : Los Angeles

114

1

1988 : Séoul

65

0

1992 : Barcelone

100

0

1996 : Atlanta

29

0

2000 : Sydney

95

0

2004 : Athènes

95

5

2008 : Pékin

00

?

 

*Absence de l’Egypte en signe de protestation contre la nomination, imposée par le Comité Olympique International (COI), du Grec Anglo Polanski à la présidence du Comité olympique égyptien.

 

**L’agression tripartite (France, Grande-Bretagne et Israël) en réaction à la nationalisation du Canal de Suez empêche l’Egypte de se rendre aux JO.

 

***L’Egypte, comme tous les pays d’Afrique, se retire du défilé des délégations. Elle désapprouve ainsi la présence de la Nouvelle-Zélande, dont l’équipe de rugby a disputé quelques jours avant les JO un match contre son homologue d’Afrique du Sud, alors boycottée par le Comité olympique international en raison de sa politique d’apartheid.

 

****L’Egypte décide de boycotter les Jeux de Moscou après l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques. Les médaillés égyptiens aux JO 2004

Or : Karam Gaber (96 kg en lutte gréco-romaine)

Argent : Mohamad Ali (+91 kg en boxe)

Bronze : Ahmad Ismaïl (81 kg en boxe), Mohamad Al-Baz (91 kg en boxe) et Tamer Salah (-58 kg en taekwondo)

 

La délégation égyptienne
à Pékin 2008

Sports

   hommes

dames

Athlétisme

4

0

Aviron

5

1

Boxe

3

0

Equitation

1

0

Escrime

5

4

 

 

 

 




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