Jeux Olympiques.
L’Afrique est certaine de remporter des médailles en
athlétisme et en natation. Mais ses ambitions vont au-delà,
et à chaque édition, le continent et ses athlètes
conquièrent de nouveaux espaces.
En quête de nouvelles suprématies
Comme
elle le fait déjà depuis des décennies aux Jeux Olympiques
(JO), l’Afrique exhibera sa force sur les pistes
d’athlétisme à Pékin. Mais depuis quelque temps, le
continent progresse aussi dans d’autres disciplines
notamment en natation. Les boxeurs, judokas, footballeurs,
handballeurs, nageurs auront aussi leur mot à dire.
L’athlétisme est en fait une spécialité africaine depuis le
début des Jeux olympiques, lorsque le Sud-Africain Reginald
Walker a remporté la médaille d’or du 100 m des JO de
Londres en 1908. Mais les livres de records attribuent
effectivement la première médaille d’or d’athlétisme pour
l’Afrique à l’Ethiopien Adebe Bikila, vainqueur du marathon
de Rome 1960. Et depuis, les épreuves à longues distances
sont devenues un monopole africain notamment pour les
Ethiopiens et les Kényans. Depuis les années 1990, quelques
exceptions ont pu faire leur percée sur les terres
interdites telles que le Namibien Frank Fredericks, médaillé
d’argent du 100 m et 200 m à Barcelone 1992 et Atlanta 1996,
et les équipes de relais 4x100 et 4x400 nigérianes qui se
sont réservé des places permanentes sur le podium depuis
1996. A Pékin, l’Afrique conservera ses habitudes et ses
gladiateurs sont en forme plus que jamais. Les Championnats
du monde d’athlétisme 2007, qui se sont déroulés à Osaka
(Japon), ont témoigné d’une grande montée en puissance du
continent notamment du Kenya qui a terminé à la deuxième
place du classement, pour la première fois de l’histoire,
derrière les Etats-Unis, éternel leader. Janeth Jepkosgei,
800 m (dames), Alfred Yego, 800 m (hommes), et Luke Kibet,
au marathon (hommes) ne viseront pas moins que l’or.
L’Ethiopien Kenenisa Bekele, roi du 10 000 m, triple
champion du monde et champion olympique 2004, semble avoir
la médaille d’or déjà dans sa poche. Les Kényans et
Ethiopiens ne laisseront pas d’espaces sur le podium à
d’autres nations. Sur les courtes distances, l’équipe
nigériane de relais est toujours favorite pour les 4x100 et
4x400 de même que la Marocaine Hasna Benhassi, médaillée
d’argent des Mondiaux 2007, est toujours favorite pour
l’épreuve du 800 m. Le Sud-Africain Okkert Brits, au saut à
la perche, sa compatriote Hestrie-Cloete Storbeck, au saut
en hauteur, et Kruger au lancer du marteau affichent des
prestations impressionnantes depuis la dernière édition des
JO.
La natation est l’autre point visible du savoir-faire
africain. A tout seigneur, tout honneur, l’Afrique du Sud
possède un record majestueux dans la discipline avec 8
médailles (7 de bronze et une d’argent) sur un total de 10
pour le continent dans son histoire olympique. Après leur
retour sur la scène olympique dans les années 1990, les
Sud-Africains se sont imposés dans cette discipline
longtemps restée hors de portée africaine. Roland Schoeman
est le fer de lance de cette équipe. Médaillé d’argent du
100 m nage libre et de bronze du 50 m nage lors des JO
d’Athènes, Schoeman ne cesse de progresser. Double champion
du monde du 50 m papillon et nage libre, Schoeman est le
seul homme de la planète à être descendu sous la barre des
23 secondes (22’96s en 2005). Ce sera l’homme à battre dans
ce bassin, qui est tout son monde. La Zimbabwéenne Kirsty
Coventry est la seule qui a pu briser la domination
sud-africaine avec ses médailles d’argent du 100 m et 200 m
dos, et est quasiment sûre de pouvoir faire jouer l’hymne de
son pays à Pékin.
Performance croissante
L’Afrique n’a jamais cessé de grignoter du terrain et de
montrer qu’elle était capable de briller dans bien de sports
autres que l’athlétisme et la natation. Depuis déjà plus de
deux décennies, les athlètes africains ont pu conquérir de
nouvelles terres notamment le football avec deux médailles
d’or consécutives pour le Nigeria 1996 et le Cameroun 2000.
Cette année, les Eléphants ivoiriens ont une grande chance
de prendre le relais avec une excellente génération menée
par un talentueux Salomon Kalou (Chelsea, Ang). En lutte
gréco-romaine, l’Egyptien Karam Gaber a ébloui les
observateurs à Athènes en écrasant la concurrence et cette
année, il est le grand favori du titre. De même pour la boxe
et le taekwondo, où les Egyptiens ont réalisé aussi des
exploits à Athènes. Mais en l’absence du héros égyptien
Tamer Salah, médaillé de bronze des JO d’Athènes, le Malien
Modibo Keita (84 kg) possède toutes les qualités nécessaires
pour s’imposer. Keita, 27 ans, est une nouvelle figure
africaine aux JO mais il est l’une de ses valeurs sûres. Sa
carrière a été lancée en 2005 lorsqu’il a remporté le
Championnat d’Afrique et a terminé en tant que finaliste du
Championnat du monde. Deux ans plus tard, il ne rata pas son
coup et fut sacré champion du monde 2007 et comme par un
coup du destin c’était à Pékin. D’autres sports témoignent
aussi de beaucoup de progrès tels que le judo, le karaté, le
handball avec des nations comme l’Egypte, la Tunisie et
l’Angola qui présentent aussi une performance croissante,
pourtant, cela ne suffira pas à monter sur le podium. Mais
qui sait, l’Afrique pourra nous surprendre à Pékin et
conquérir un nouveau territoire comme ce fut le cas à
chacune des dernières éditions.
Karim
Farouk