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Jeux Olympiques.
Forte de ses 5 médailles olympiques obtenues à Athènes en
2004, l’Egypte participera du 8 au 24 août à l’édition 2008
de Pékin avec l’espoir de rééditer cet exploit. Une mission
semée d’embûches.
Horizon limité
100.
Tel est le nombre d’athlètes de la délégation égyptienne qui
prendra part aux Jeux Olympiques (JO) de Pékin qui auront
lieu du 8 au 24 août. Un nombre beaucoup plus élevé que
celui de l’édition précédente, où l’Egypte n’a été
représentée que par 94 athlètes. Mais la question qui
préoccupe actuellement les Egyptiens est de savoir si ces
100 Pharaons pourront faire revivre les exploits d’il y a 4
ans. En effet, le mois d’août 2004 a été un mois inoubliable
dans l’histoire du sport égyptien. La délégation nationale
est revenue des Jeux Olympiques (JO) d’Athènes avec 5
médailles (une d’or, une d’argent et 3 de bronze). Un
exploit qui n’a été réalisé que deux fois dans l’histoire
des JO. La première à Berlin en 1936, et la deuxième à
Londres en 1948. Les 5 lauréats égyptiens ont été donc
accueillis comme des héros de guerre et leurs noms ont été
gravés dans les mémoires égyptiennes, surtout le champion
olympique de la catégorie 96 kg en lutte gréco-romaine,
Karam Gaber.
Mais aujourd’hui les choses ont beaucoup changé et le
scepticisme plane en Egypte sur la possibilité de réaliser
un nouvel exploit. A quelques jours des Jeux, l’atmosphère
sportive en Egypte laisse en effet à désirer. Les titres de
la presse nationale ne parlent ni de la délégation
égyptienne ni des chances de ses athlètes, mais plutôt de la
nouvelle législation sportive, des élections au sein des
grands clubs et des transferts de footballeurs. Ainsi, les
athlètes égyptiens se préparent-ils pour les JO dans
l’ombre. Pourtant, une fois l’édition 2004 terminée, les
sportifs égyptiens s’attendaient à une amélioration concrète
de leur situation et à un intérêt particulier à leur égard
de la part des responsables des sports. Mais à leur grande
surprise, les problèmes n’ont fait que s’envenimer.
L’Egypte, qui a sa place parmi les grandes nations des JO,
ne s’est pas donné la peine de travailler comme ces
dernières qui préparent leurs athlètes pendant 4 ans avant
l’événement. Il faut dire que l’instabilité des responsables
des sports a affecté les athlètes. A commencer par le
ministère de la Jeunesse, chargé des sports. En raison du
changement de ministre opéré à deux reprises, il a été
difficile de s’occuper au vrai sens du terme des sports.
Ensuite, une décision importante a été prise : scinder le
ministère des Sports en Comité national de la jeunesse et
Comité national du sport, présidé par Hassan Saqr. Ces
changements ont sans doute affecté la préparation des
athlètes surtout après l’arrêt du projet « Champion
olympique », à l’origine de la bonne performance égyptienne
et des 5 médailles olympiques en 2004. « Les préparations
des athlètes pour Pékin 2008 n’ont rien à voir avec celles
d’Athènes 2004. Surtout que le projet Champion olympique,
qui avait un grand rôle dans la préparation des médaillés
olympiques, a été suspendu après Athènes 2004 et plus
précisément après le départ de l’ancien ministre Alieddine
Hilal. Cela a perturbé les préparations des athlètes
égyptiens, qui avaient le plus de chances de gagner des
médailles, surtout dans les sports individuels comme la
boxe, la lutte, l’athlétisme et le taekwondo », affirme
Hassan Saqr, président du Comité national du sport. Les
Fédérations nationales et par conséquent les athlètes ont
beaucoup regretté le retard des financements de la part du
Comité national du sport. Le travail assidu et la véritable
préparation des Egyptiens n’ont commencé que trop tard,
juste après la qualification olympique. « En 2004, notre
préparation était lancée 3 ans avant les Jeux, tandis que
pour les prochains Jeux de Pékin, elle n’a débuté qu’il y a
6 mois seulement, après notre qualification olympique »,
souligne le boxeur Mohamad Heikal (75 kg). La boxe, qui
avait réalisé un grand exploit pour l’Egypte en remportant 3
médailles olympiques à Athènes (une d’argent et 2 de
bronze), n’a pas même reçu l’intérêt nécessaire.
Programme perturbé
Mais le retard pris par le Comité national du sport
n’explique pas à lui seul le mauvais état du sport égyptien
car chaque fédération a ses propres problèmes. La Fédération
de lutte, qui possède le champion olympique Karam Gaber et
le champion du monde 2006, Mohamad Abdel-Fattah (85 kg), a
connu une grande instabilité ces dernières années. Le
président de la fédération a été changé à 2 reprises et par
conséquent le programme de préparation a été perturbé et les
athlètes n’ont pas vraiment enregistré de progrès. « Notre
fédération n’est pas bien organisée, elle ne réalise pas
notre programme », a confié le champion olympique. Le
taekwondo a aussi été affecté et cela malgré la médaille de
bronze obtenue aux JO 2004 par Tamer Salah. Cette fédération
a payé le prix d’avoir un seul athlète compétitif. Après
l’échec de Salah à se qualifier pour les JO, le taekwondo
n’avait trouvé d’autre athlète de bon niveau que la seule
fille qui s’est qualifiée, Noha Safouat (67 kg).
L’haltérophilie, une des disciplines phare de l’Egypte qui
avait deux athlètes chez les dames, Nahla Ramadan (75 kg) et
Esmat Mansour (69 kg), a subi la rebelle de ses vedettes et
a été obligée de les suspendre. Donc la discipline disputera
ces Jeux avec des nouvelles figures qui ont besoin de temps.
La seule discipline à jouir de stabilité est celle du
pentathlon moderne. Grâce à son président, Ahmad Nasser, les
athlètes ont bien préparé l’événement avec plusieurs stages
et un bon nombre de compétitions internationales. Durant les
dernières années, les pentathloniens ont prouvé leur bon
niveau en remportant plusieurs médailles, surtout Aya Médani
qui vient de décrocher la médaille d’argent aux derniers
Mondiaux. L’Egypte, qui a dans ses rangs un champion
olympique, risque de ne pas rééditer l’exploit de 2004. Les
optimistes tablent d’ailleurs à peine sur une ou deux
médailles ... .
Doaa
Badr
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3 questions à
Mounir Sabet,
président du Comité olympique égyptien.
«
Si nous décrochons une seule médaille, ça sera satisfaisant
»
Al-Ahram Hebdo : Est-ce que
l’Egypte pourra rééditer l’exploit des Jeux olympiques 2004
lorsqu’elle avait remporté 5 médailles dont une d’or ?
Mounir Sabet :
Non, c’est presque impossible de réaliser une telle
performance. Durant les 4 dernières années, le Comité
Egyptien Olympique (CEO) n’avait pas d’autorité sur les
Fédérations nationales. A chaque fois que nous avons essayé
d’évaluer les différentes fédérations, ces dernières ont
refusé car elles ne prennent pas leur budget à travers le
CEO mais plutôt via le Comité national du sport. Ce qui veut
dire que nous avons perdu toute autorité sur les
fédérations. Contrairement à ce qui s’est passé avant les
Jeux olympiques d’Athènes 2004 . A l’époque, le CEO
demandait des comptes aux fédérations, ce qui a beaucoup
contribué au progrès du sport et a permis de remporter des
médailles olympiques. Cette fois, si nous décrochons une
seule médaille, ça sera satisfaisant.
— Selon vous, qui sont les athlètes capables de remporter
une médaille ?
— Karam Gaber est le premier candidat. J’espère qu’il sera à
sa meilleure forme le jour de la compétition. Bien qu’il ait
perdu beaucoup de temps loin de l’entraînement et qu’il ne
soit pas bien préparé pour les Jeux, il reste le champion
olympique de la catégorie 96 kg en lutte gréco-romaine.
C’est un lutteur talentueux, qui jouit d’une force
extraordinaire et il pourra remporter une médaille
olympique. Les boxeurs Mohamad Heikal
(75 kg) et Ramadan Abdel-Ghaffar
(81 kg) ont, eux aussi, une bonne chance en cas d’un bon
tirage au sort. La pentathlonienne Aya
Médani est encore jeune, elle a besoin de plus
d’expérience. Le handball est le seul sport collectif qui
pourrait réaliser un bon résultat. L’équipe peut se classer
parmi les top 6.
— La nouvelle loi sur les sports affectera-t-elle la
performance égyptienne à Pékin ?
— Bien sûr, aujourd’hui tout le monde parle de cette loi, et
personne ne s’intéresse à la participation égyptienne aux
JO. Les responsables de chaque fédération n’avaient pas le
temps de bien préparer leurs athlètes. Le nouveau règlement
du Conseil national du sport engendrera une ingérence
gouvernementale dans les affaires du sport. J’ai informé le
Comité International Olympique (CIO), car c’est mon rôle et
mon devoir de le faire. Je suis aussi un membre du CIO et je
dois présenter des rapports sur toute entrave à notre
activité. En effet, la charte olympique interdit toute
intervention des organisations gouvernementales dans
l’activité olympique. L’article 28 intitulé « Mission et
rôle des Comités Nationaux Olympiques (CNO) », alinéa 6,
affirme que « les CNO doivent préserver leur autonomie et
résister à toutes les pressions, y compris, entre autres les
pressions politiques, juridiques, religieuses ou économiques
qui pourraient les empêcher de se conformer à la charte
olympique ». Donc nous devrons tous obéir au CIO.
Propos recueillis par Doaa Badr
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