Al-Ahram Hebdo, Economie | La Libye se tourne vers l’Egypte
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 6 au 12 août 2008, numéro 726

 

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Economie

Investissements. La Libye va investir 10 milliards de dollars en Egypte d’ici 2010 selon un accord signé entre les deux pays. Une coopération bienvenue mais tardive entre ces deux pays voisins.

La Libye se tourne vers l’Egypte

L’initiative que beaucoup ont accueillie avec enthousiasme va accroître considérablement les investissements étrangers directs en Egypte : de 2 milliards de dollars actuellement, les investissements libyens en Egypte devraient en effet passer à 10 milliards de dollars dans deux ans. « Et ce n’est rien, ce chiffre peut tripler ou même quadrupler », estime Nasser Beyan, président de l’Association égypto-libyenne des hommes d’affaires. Ce chiffre de 10 milliards a été annoncé par les présidents des deux pays lors du sommet égypto-libyen, qui a eu lieu au Caire au début du mois de juillet. Puis la semaine dernière, le ministre égyptien de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine, s’est rendu en Libye pour discuter avec les responsables et les investisseurs des projets proposés, pour que les chiffres annoncés se traduisent réellement sur le terrain.

Le projet le plus important que les deux pays ont annoncé est la construction d’une raffinerie de pétrole en Alexandrie, d’une capacité de production de 250 000 barils/jour, qui sera consacrée au raffinage du pétrole libyen. Les deux parties se sont aussi mises d’accord sur la construction d’une zone franche entre les deux pays. Elle commencera de Marsa Matrouh, en Egypte, et s’étendra jusqu’à Tobrouk en Libye. Une liaison entre des réseaux pétrolier, gazier et électrique entre les deux pays est également prévue. Le premier ministre libyen, Al-Baghdadi Ali Al-Hamoudi a en outre évoqué plusieurs projets d’infrastructures liant les deux pays afin de faciliter le flux de personnes et du commerce.

Par ailleurs, un accord de coopération entre la Bourse du Caire et la toute jeune Bourse libyenne a été signé. Des écrans montrant les échanges qui ont lieu dans les deux pays seront installés dans les deux Bourses. Les deux côtés étudient de plus la possibilité d’enregistrement commun d’actions dans les deux Bourses. Parmi les autres projets prévus, se trouve la création de la première banque égypto-libyenne et d’une société d’assurance commune. Sur le plan agricole, des projets communs au Soudan sont en discussion et un accord pour le recrutement de la main-d’œuvre égyptienne en Libye sera signé. Le côté libyen s’est même dit intéressé par le domaine du tourisme.

Preuve de sérieux

Autant d’accords qui laissent penser à une sorte de complémentarité économique entre les deux pays. « Ce sont des pas qu’il fallait prendre il y a longtemps, surtout que la Libye a déjà investi énormément dans d’autres pays arabes et africains », estime Nasser Beyan. En effet, l’Egypte et la Libye avaient signé en 1990 un accord de complémentarité économique qui n’a jamais été complètement activé. Mais désormais, différents observateurs sont optimistes et s’attendent à voir un vrai changement dans les relations économiques entre les deux voisines.

Gamal Bayoumi, président de l’Union des investisseurs arabes, estime que le rapprochement économique est le fruit d’un rapprochement entre les présidents des deux pays au cours des dernières années. « Le boom pétrolier a donné le coup de pouce. Le surplus de revenus pétroliers a été énorme, les pays pétroliers ne peuvent pas investir toutes ces sommes chez eux. Il fallait chercher ailleurs et comme les pays occidentaux ont relativement fermé la porte aux investissements arabes après les attentats du 11 septembre 2001, les pays arabes ont été une solution », relate-t-il. En général, le flux d’Investissements Etrangers Directs (IED) sur les pays arabes a fait un bond considérable en 2006 en passant à 37 milliards de dollars contre seulement 6 milliards en 2005. Pour Nasser Beyan, la nouvelle loi sur l’investissement, promulguée en Libye il y a deux ans, est un facteur qui aidera mais aussi une preuve de sérieux de la Libye à s’ouvrir. « L’environnement est devenu propice en Libye. Ils ont autorisé plus d’investissements étrangers chez eux. Les investissements libyens à l’étranger ont aussi augmenté. Les IED libyens en Tunisie sont quatre fois plus importants qu’en Egypte. L’Egypte doit profiter de sa position géographique avec la Libye et de leurs bonnes relations pour accueillir encore plus d’investissements », estime Beyan.

En effet, les relations entre les deux pays n’ont pas été toujours si bonnes. Le président libyen Moammar Kadhafi a expulsé à plusieurs reprises des employés égyptiens de Libye pour des raisons souvent  politiques. Connu pour son tempérament particulier, le président libyen a souvent mêlé affaires économiques, politiques et personnelles. La semaine dernière, il a suspendu les exportations de pétrole vers la Suisse, supprimé des liaisons aériennes avec le même pays, menacé de boycotter des banques, ou encore arrêté des citoyens suisses en Libye en riposte à l’arrestation pour violence et la libération sous caution le 17 juillet de son fils Hannibal Kadhafi.

Beyan, pour sa part, assure que l’Egypte a pris ses dispositions pour ne pas être exposée à de tels problèmes. « Au niveau des hommes d’affaires, l’Association égypto-libyenne a signé des accords avec l’Union des chambres de commerce et d’industrie en Libye pour résoudre les problèmes que peuvent affronter les hommes d’affaires des deux pays. Des accords similaires seront signés entre les deux gouvernements pour résoudre les problèmes des Egyptiens en Libye », explique-t-il. Pour Gamal Bayoumi, ces soucis ne sont pas un défaut propre à la Libye et s’observent dans la majorité des pays de la région.

Marwa Hussein

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De bonnes perspectives

Le récent accord signé par les présidents libyen et égyptien mènera les investissements libyens en Egypte à 10 milliards de dollars d’ici 2010. Les investissements libyens en Egypte ont déjà enregistré une hausse considérable en 2007, avec 2,9 milliards de L.E. Actuellement, la Libye est le 10e investisseur en Egypte et le 4e investisseur arabe après l’Arabie saoudite, les Emirats et le Koweït.

 




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