Cinéma.
A l’occasion de la disparition du réalisateur Youssef
Chahine, trois de nos lecteurs rendent hommage au maître
égyptien du septième art.
Chahine est toujours là
L’Egypte a perdu une des personnalités les plus distinguées
et les plus célébrées dans le cinéma arabe : le grand
réalisateur, acteur et cinéaste Youssef Chahine, qui a
énormément influencé la vie artistique en Egypte. Certains
ont critiqué son travail, le jugeant incompréhensible. Mais
personne ne peut nier sa renommée à l’étranger, surtout en
France, où il a pu représenter l’Egypte dans la plupart des
festivals là-bas comme ailleurs. Pour les acteurs, c’était
un grand honneur de travailler avec lui, cela leur ouvrait
ensuite les portes du 7e art. Et vraiment Chahine a pu
découvrir beaucoup de talents qui sont devenus maintenant
des acteurs très célèbres comme Hani Salama, Khaled Al-Nabawi
et Hanan Turk. Avec habilité et amour, Chahine n’a pas cessé
de dénoncer tout au long de son œuvre la censure et
l’intégrisme, de Papa Amin au Chaos. En critique et respect
de son travail, personne ne peut non plus nier l’amour de
Chahine pour son pays et son seul amant : le cinéma.
Omar Hashem,
Le Caire.
Merci Jo
Fidèle lectrice de votre journal que j’apprécie, mais qui me
laisse parfois sur ma faim, je veux rendre hommage du fond
de ma banlieue parisienne à votre, non plutôt « notre »
immense réalisateur Youssef Chahine dont la disparition me
touche comme si j’avais perdu quelqu’un de ma famille.
J’apprécie ses films, en particulier Gare centrale, et les
films autobiographiques, mais j’aime surtout l’homme pour
son courage, son ouverture d’esprit, son humour, son amour
de la vie et sa haine de l’hypocrisie et du fanatisme. Merci
Jo, merci mille fois pour tout ce que tu as fait et pour
tout ce que tu étais. Tu resteras un phare pour beaucoup
d’entre nous, tu nous aides à ne pas désespérer de l’homme
dont tu fus un magnifique représentant. J’espère que tu es
bien là où tu es maintenant.
Suzanne Ducreux,
Paris.
Un musée pour Youssef Chahine
Qui oserait parler du cinéma qu’il soit arabe ou égyptien
sans citer le grand Youssef Chahine ?
Je pense que c’est tout simplement impossible. Comme
beaucoup d’admirateurs de Youssef Chahine, et je pense
qu’ils sont très nombreux, l’Egypte doit rendre un grand
hommage à cet homme exceptionnel et toujours en révolte.
La meilleure façon de rendre ce grand hommage est de
construire un musée portant le nom de Youssef Chahine.
Ce musée devra contenir tout ce qui concerne ce grand homme,
à savoir les caméras qu’il a utilisées dans ses films, les
scénarios qu’il a écrits, ses affaires personnelles, sa
bibliothèque, en un mot tout Youssef Chahine !
Nous devons conserver la mémoire du cinéma dans ce grand
musée, qui doit transmettre aux nouvelles générations la
culture cinématographique de Jo qui était énorme.
Souvenons-nous de Youssef Chahine, car nous n’aurons
certainement pas de sitôt un grand homme comme lui.
Nader Adel,
Le Caire.
La fierté de lire Al-Ahram Hebdo
Je suis un lecteur assidu d’Al-Ahram Hebdo. Je vis en Egypte
depuis plus de sept ans et depuis le même nombre d’années,
je me plonge dans la lecture de cet hebdomadaire qui ne
cesse de me séduire. En effet, j’avais pensé écrire à Al-Ahram
Hebdo, la première fois avec pour titre « Le fait d’être
étranger en Egypte », compte tenu du comportement que nous
subissons auprès des propriétaires d’appartements, qui ne
nous remettent jamais notre caution malgré parfois
l’intervention de la police. Je me suis résolu alors à
changer d’avis, surtout en lisant l’article de Monsieur
Morsi Attalla sur la réalité africaine, paru dans la page
Opinion du numéro 722. J’ai beaucoup aimé sa phrase d’entrée
en matière lorsqu’il écrit « Le continent noir duquel nous
faisons partie ». En effleurant du regard la page de la
droite, c’est encore un autre Grand qui me séduit, Salama
Ahmad Salama, sur son texte intitulé « La phobie de l’lran
». Alors, je n’ai pas pu me retenir d’écrire à mon tour pour
féliciter les journalistes de leur travail. Quant au géant
Mohamad Salmawy, je ne puis cacher, qu’après la disparition
de mon auteur préféré du XXIe siècle qui n’est autre que M.
Sid Ahmed, il occupe désormais cette place. Continuez,
continuez, continuez !
Boris Dimitry Okira,
Le Caire.
L’esprit créatif des élèves est tué
Je suis professeur de français dans le gouvernorat de
Damiette, et j’ai eu à revoir des copies corrigées du
dernier examen de français du baccalauréat. Et là, j’ai été
choqué. J’ai remarqué que les correcteurs ne laissent place
à aucune flexibilité et tuait l’esprit créatif des élèves.
Car tout simplement pour certaines questions où il fallait
donner des synonymes, j’ai remarqué que le correcteur
refusait tout synonyme qui ne soit pas indiqué dans les
réponses possibles, même si ceux donnés par les élèves
étaient exacts. Alors pourquoi tuer le talent et l’esprit
créatif des élèves qui doivent étudier sans réfléchir ?
Pourquoi faire perdre aux élèves 3 ou 4 points parce qu’ils
ont osé penser ? Les résultats de cette année en langue
française sont faibles pour cette raison, et j’aimerais que
quelqu’un m’entende et m’aide à révéler ce massacre pour
donner justice à ces pauvres élèves. En même temps, je
voudrais envoyer un message à ceux qui préparent les modèles
de réponse : Messieurs, soyez plus indulgents !
Mohamad Hassan Galal,
Damiette.
Vols à Alexandrie
Depuis quelque temps, le vol des sacs à main des femmes en
Alexandrie se répand de plus en plus dans les rues de la
ville. Cela m’a poussée à conseiller toutes les femmes de
faire attention. Moi personnellement, j’ai vu un vol qui a
eu lieu à Ibrahimiya sur la Corniche d’Alexandrie :
plusieurs femmes marchaient ensemble et brusquement une
voiture avec à l’intérieur trois jeunes hommes
s’arrête devant elles, ensuite un des trois hommes est
descendu et a volé deux sacs. Cela arrive aussi avec des
motos, alors ouvrez l’œil.
Asmaa Hassan,
Alexandrie.
Imagine-t-on une attaque US contre le Soudan ?
Va-t-il y avoir une attaque de la « coalition internationale
», à la manière de celle de l’Iraq, contre le Soudan ? C’est
possible, puisque George Bush, faute de pouvoir réaliser son
rêve contre l’Iran, par peur de subir une défaite
humiliante, aimerait bien substituer son humiliation en Iraq
par « une victoire » contre le Soudan aux yeux de son peuple
— ou du moins de ceux qui le soutiennent dans ses crimes en
son sein. Souvenons-nous, à chaque fois que l’Onu évacue son
personnel d’un pays en conflit avec les USA, l’attaque de
ces derniers vient juste après.
Et l’Onu a annoncé, ce lundi 14 juillet, l’évacuation de son
personnel « non essentiel » qui opère conjointement avec
l’Union africaine au Soudan. Doit-on considérer cette
évacuation comme un « flaire » de Ban Ki-Moon ou bien une
simple manœuvre de dissuasion ? L’avenir nous le dira, mais
quel que soit le résultat, l’Administration américaine ne
sera plus jamais vainqueur nulle part dans le tiers-monde,
car George Bush a réussi à lui attirer la haine des peuples
et de quelques-uns de leurs dirigeants.
Dans l’hypothèse d’une victoire sur Al-Béchir du Soudan,
viendra certainement le tour d’Hugo Chavez du Venezuela, d’Ahmadi
Najed d’Iran (l’ennemi numéro un des USA et d’Israël) en
passant par les Castro de Cuba et Evo Morales de Bolivie,
pour « pacifier » le tiers-monde. Et pourquoi pas, plus
tard, les Poutine de Russie qui s’opposent à l’installation
des missiles US à leurs frontières — là aussi, c’est un test
de haute importance pour l’impérialisme américain qui
prétend vouloir « protéger » ses amis européens du « géant »
iranien !
Jusqu’à quand les moutons resteront aussi naïfs et suivront
le « guide » qui les mène à l’abîme ?
Chérif Boudelal,
France.