Iran.
L’expiration samedi de l’ultimatum fixé par la communauté
internationale à Téhéran coïncide avec la visite du
président syrien, Bachar Al-Assad,
et démontre la volonté de ce pays de ne pas se soumettre aux
pressions occidentales.
Téhéran toujours sur ses positions
Le président iranien, Mahmoud
Ahmadinejad, a opposé cette semaine une fin de
non-recevoir à l’offre des grandes puissances sur le
nucléaire iranien. Envenimant de plus en plus ses relations
avec la communauté internationale, Téhéran n’a pas répondu,
samedi, à l’offre des grandes puissances, laissant expirer
l’échéance du délai de quinze jours fixé par les cinq
membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne.
Les Six avaient déjà donné le 19 juillet à l’Iran un délai
de deux semaines pour répondre à leur offre, qui prévoit un
gel des sanctions à l’Onu en échange de l’arrêt du
développement du programme nucléaire de Téhéran. Selon les
experts, cette absence de réponse pourrait bien compliquer
la crise nucléaire iranienne ou entraîner un nouveau train
de sanctions onusiennes contre Téhéran.
Déjà, à la veille de l’expiration du délai, l’attitude
iranienne restait ferme. Le guide suprême iranien,
l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que son pays ne
reculerait pas devant les grandes puissances qui lui
réclament de suspendre ses activités nucléaires sensibles.
Parallèlement, le président iranien, Mahmoud
Ahmadinejad, a déclaré le même
jour que « l’Iran résistera avec force face aux ennemis »
pour défendre ses droits en matière nucléaire. « La nation
iranienne ne cédera pas un pouce sur ses droits au
nucléaire. Pour eux, des sujets comme le nucléaire sont des
prétextes, la raison principale de l’hostilité des ennemis
au cours des 30 dernières années à l’égard de l’Iran est
qu’ils veulent nous faire reculer pour dire ensuite que nous
avons cédé », a déclaré M. Ahmadinejad.
Pure coïncidence ou stratagème établi d’avance pour donner
le change à la communauté internationale ? L’absence de
réponse iranienne tombe juste avec la visite du président
syrien, Bachar Al-Assad,
samedi en Iran, pour des entretiens avec son homologue
Mahmoud Ahmadinejad consacrés
entre autres à la crise nucléaire iranienne et au
renforcement des relations bilatérales. Dimanche, les deux
présidents se sont dit prêts à renforcer leur coopération
bilatérale dans les domaines de la politique, de l’économie,
de la science et de la culture. Lors de ces entretiens,
Ahmadinejad a affirmé à son homologue qu’il ne cédera pas
d’un pouce sur ses droits nucléaires. Soutenant son
homologue, le président syrien a défendu Téhéran, affirmant
qu’il n’avait aucune intention de posséder l’arme nucléaire,
alors que les puissances occidentales pensent le contraire :
« Nous avons dit aux Européens que la Syrie croit que chaque
pays, y compris l’Iran, a le droit d’enrichir de l’uranium
et d’avoir un programme nucléaire en respect des traités
internationaux », a déclaré M. Assad.
Face à cette réticence iranienne, les Etats-Unis ont soufflé
le chaud et le froid cette semaine pour entrouvrir la porte
à Téhéran et lui donner l’occasion de rebrousser chemin.
Pour la première fois, Washington et ses partenaires
européens se sont montrés moins insistants sur la date
butoir stricte de samedi. « Je n’ai pas compté les jours, la
réponse va arriver bientôt », a déclaré le porte-parole du
département d’Etat américain, Sean McCormack.
Washington a en effet rompu avec la politique du passé en
envoyant pour la première fois le numéro 3 du département
d’Etat, William Burns, aux discussions de Genève. Côté
européen, on souligne qu’il est « clair que la réponse
iranienne doit se faire dans les prochains jours », mais que
l’échéance donnée à Téhéran n’était pas au jour près, selon
une source diplomatique à Bruxelles.
Tenant pourtant à garder le bâton à la main, la secrétaire
d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait toutefois prévenu
que de nouvelles sanctions seraient décidées si le
gouvernement iranien ne donnait pas de réponse claire dans
les temps.
Selon les experts politiques, aucune des deux parties ne
veut montrer qu’elle a perdu le jeu, ou qu’elle a cédé
devant l’autre. Actuellement, les deux tentent de trouver un
moyen de sortir de cette impasse qui pourrait transformer la
région en une boule de feu.
Maha
Al-Cherbini