Mondialisation et mutations
Morsi Attalla
Des mutations énormes sont en train de se produire pour
mener le monde vers des horizons lointains dont la plupart
reste inconnus. Les seules mutations que l’homme peut
détecter concernent l’évolution scientifique et
technologique, et les nouvelles méthodes et théories dans le
domaine de la politique, de l’économie et de la pensée. Il
est certain que les mutations actuelles imposeront de
nouvelles bases et de nouveaux mécanismes permettant de
mieux les assimiler. Surtout que jamais l’humanité n’a connu
de mutations aussi amples et profondes.
Aujourd’hui, nous sommes face à une situation sans précédent
dans l’histoire de l’humanité. En effet, toutes les règles
et bases concernant la pensée politique et les systèmes
économiques perdent de leur importance et disparaissent
comme si elles n’avaient jamais existé.
Par exemple, le principe de la souveraineté et de
l’indépendance de l’Etat qui est resté ancré pendant des
siècles n’existe plus en réalité. Aujourd’hui, les
superpuissances se sont permises, sous le nom de la
mondialisation, d’intervenir dans les affaires intérieures
des autres Etats en se basant sur différents prétextes,
comme la lutte contre les armes de destruction massive, la
propagation de la démocratie, la protection des droits de
l’homme et des intérêts des minorités, la protection de
l’environnement, etc. D’autre part, de nombreux peuples ont
vécu des siècles entiers prisonniers de deux théories
économiques : le communisme désormais mort et le capitalisme
qui a dernièrement changé de forme.
Il semble en fait que la théorie capitaliste ne sera plus à
l’ordre du jour de l’économie de demain. On note que la
croissance, la stabilité financière, et la hausse réelle des
salaires, céderont la place à l’apparition de nouveaux
fondements comme l’évolution scientifique, la technologie,
et surtout la révolution des communications et des
transports.
La majorité des experts économiques mondiaux sont
quasi-unanimes sur le fait que le monde connaît depuis un
certain nombre d’années des mutations radicales et qui ne
sont pas toutes positives. Et ce, surtout après que les
événements du 11 septembre ont fait payer à l’économie
mondiale une lourde facture.
Il est vrai que la communauté internationale avait connu une
crise semblable au début du XXe siècle. Mais les
gouvernements étaient vite intervenus pour éviter
l’effondrement de l’économie mondiale. Des lois avaient
alors été promulguées pour fixer un minimum salarial, un
statut social a été élaboré pour limiter l’influence du
capital sur la vie sociale, et l’assurance sociale a été
garantie pour les chômeurs et les personnes dans
l’incapacité de travailler.
Or, à notre époque, la mondialisation économique nécessite
une large collaboration internationale. Effectivement, les
mesures entreprises par les gouvernements au début du XXe
siècle avaient été prises par chaque pays séparément. Mais
aujourd’hui, les économies du monde entier sont enchevêtrées
et dépassent les limites des Etats.
A mon avis, nous ne possédons pas en Egypte de séparation
entre pouvoir étatique et marché économique. Et cela pour de
nombreuses raisons sociales, politiques et sécuritaires.
Aborder cette question n’est pas seulement un droit, mais
une obligation et une responsabilité. L’objectif est de
protéger le capitalisme égyptien tout en sauvegardant la
structure égyptienne politique, économique, sociale et
sécuritaire.