Al-Ahram Hebdo, Opinion | L’unique plaisir
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 Semaine du 27 août au 2 septembre 2008, numéro 729

 

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Opinion

L’unique plaisir

Salama A. Salama 

De temps en temps, l’Egypte sort de sa léthargie pour appeler à la limitation des naissances. Mais appeler la population à juguler la natalité dans les temps actuels ne peut être efficace en raison d’une crise économique asphyxiante, les tensions sociales et le pessimisme ambiant.

Alors, la stratégie récemment lancée par l’Etat, qui se base uniquement sur la sensibilisation médiatique pour lutter contre l’explosion démographique, n’aboutira qu’à des résultats limités. Surtout dans les larges couches de la société qui souffrent de pauvreté et de manque d’éducation. C’est-à-dire les couches sociales vivant dans des quartiers pauvres et des bidonvilles. La majorité de ces habitants sont illettrés et les slogans concernant les répercussions néfastes de la surnatalité sur le développement n’attirent pas leur attention.

Cela signifie que la campagne de sensibilisation lancée par l’Etat pour persuader les familles à se limiter à deux enfants ne pourra convaincre un simple concierge, un paysan ou une femme habitant dans les fin fonds de la Haute-Egypte d’avoir recours aux moyens de contraception après avoir eu deux enfants.

C’est ainsi que se sont répandues dans les rues et sur les écrans télévisés des slogans du type « Waqfa masriya » (moins de naissance pour l’Egypte). Ceux-ci ne peuvent en aucun cas atteindre les couches de la société dans lesquelles enfanter est un phénomène naturel et instinctif que Dieu a permis.

Je pense que la lutte contre la croissance démographique a relativement réussi quand l’Etat avait obtenu des aides financières étrangères dans cet objectif. Des volontaires de la société civile s’étaient alors rendus dans les villages, les hameaux et les zones sauvages, et des centres avaient été installés pour sensibiliser les habitants de ces régions quant à l’importance de limiter les naissances et d’employer les moyens de contraception, alors distribués gratuitement. Mais ensuite, les activités de ces centres ont diminué après l’interruption des aides étrangères.

Si l’Etat veut recourir à d’autres moyens pour que la population adopte le principe de la petite famille, il faut penser aux stimulants financiers. Comme, par exemple, exempter les familles à revenus limités de certains impôts, leur offrir une assurance médicale complète ou une subvention alimentaire. Il est également possible de récompenser la mère de deux enfants qui atteint ses 50 ans. Ces avantages seraient retirés des familles qui ne tiennent pas leur engagement.

Il existe également d’autres moyens comme permettre l’avortement sous surveillance médicale, les examens médicaux avant le mariage, l’enseignement des relations conjugales aux jeunes sur le point de se marier.

Se contenter de parler des taux de croissance économique avalés par la hausse démographique, ou de notre responsabilité envers les générations à venir ne peut en aucun cas influencer les larges couches de la société. Pour ces gens, donner naissance est l’unique plaisir d’une vie pleine de malheurs, de pauvreté et de sous-développement. 

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