Inquiétudes
L’Algérie est à nouveau secouée par une vague de
violence. Les groupes armés islamistes ont multiplié
depuis début août leurs attaques contre les forces de
l’ordre à l’approche du mois sacré du jeûne de Ramadan,
faisant plusieurs dizaines de morts dans des attentats
suicide et des embuscades spectaculaires.
Le Ramadan, qui commence début septembre, est considéré
comme une période propice au « Djihad » (la guerre
sainte) par les « émirs » (chefs islamistes), qui
promettent le paradis à leurs adeptes tombés en «
martyrs » pendant ce mois sacré du jeûne chez les
musulmans.
C’est l’Est algérien qui est le théâtre des principaux
attentats, dont celui commis la semaine dernière en
Kabylie, faisant 43 morts et 38 blessés. Principal
accusé : Al-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), la
branche nord-africaine du réseau islamiste qui a
revendiqué les récents attentats. Ancien Groupe
Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), AQMI
est considéré comme le groupe rebelle le plus actif au
Maghreb et s’est attribué une série d’attaques
sanglantes en Algérie. Mais selon les experts de
l’antiterrorisme, les « émirs » chercheraient à élargir
leur zone d’activité hors du « quadrilatère de la mort »
(Alger, Tizi Ouzou, Boumerdes, Bouira), une région
adossée aux montagnes de Kabylie, leur principal repaire
depuis plusieurs années.
Dans cette région, ils sont soumis depuis plusieurs mois
à une vive pression de l’armée, qui en a tué ou capturé
un grand nombre. La dernière opération en date a permis
à l’armée de tuer le 8 août 12 islamistes, en
représailles à une attaque kamikaze contre le
commissariat des renseignements généraux de Tizi Ouzou,
en Kabylie. Cette dernière abrite plusieurs « émirs »
d’AQMI, dirigés par Abdelmalek Droukdel, alias
Abou-Mossaab Abdelouadoud, qui a revendiqué les
attentats suicide commis depuis 2007 en Algérie. La
capitale algérienne, placée sous la surveillance
permanente de patrouilles de police et de gendarmerie
postées aux entrées de la ville et sur ses principales
artères, reste cependant la cible principale des groupes
armés. Plusieurs attentats y ont été avortés ces
derniers mois.
Des sources non officielles estiment de 300 à 400 le
nombre d’activistes islamistes armés, encore disséminés
à travers le territoire algérien. Ils rejettent toujours
la Charte sur la réconciliation nationale, promulguée en
vue de mettre fin aux violences. Celle-ci a cependant
permis depuis février 2006 la libération de 2 200
islamistes condamnés pour terrorisme et la grâce de 300
éléments armés qui ont accepté de rendre leurs armes.